Format :
- Opéra-comique (Épisode de la vie d’un artiste) en 1 acte.
- Musique : Adolphe Adam.
- Livret : Adolphe d’Ennery et Eugène Grangé.
- Langue : Français.
Création :
24 décembre 1852, au Théâtre-Lyrique, à Paris.
À 49 ans, Adolphe Adam est un compositeur adulé en France et en Europe, maître incontesté de la musique de ballet (Giselle) et de l’opéra-comique (Le Postillon de Lonjumeau). Fort de son incroyable fertilité mélodique, il traverse alors une période effrénée pour éponger ses dettes (liées à la faillite de l’Opéra-National quelques années plus tôt), ce qui rend le sujet de cette petite pièce ironiquement autobiographique.
Livret :
Rédigé par le prolifique Adolphe d’Ennery et Eugène Grangé, le livret fait référence à la prison de Clichy, célèbre établissement d’incarcération pour dettes à Paris. Sous couvert de vaudeville, l’argument dresse le portrait amusé de la bohème artistique parisienne, thème qui trouvera son apothéose tragique un demi-siècle plus tard sous la plume de Puccini.
Intrigue :
- Acte unique : Un jeune artiste peintre ou musicien, perpétuellement fauché, se retrouve menacé d’être enfermé à la prison de Clichy pour n’avoir pas réglé ses créanciers. Loin d’être terrorisé, il utilise cette incarcération imminente (ou déjà effective) comme un stratagème pour fuir un mariage arrangé, échapper à un tuteur insupportable, ou attirer l’attention de la femme qu’il aime véritablement. À l’intérieur des murs (ou aux portes de l’institution), la vie carcérale se révèle une farce joyeuse où se côtoient bourgeois ruinés et créanciers dupés. Grâce à une série de quiproquos, l’apparition d’un mécène inattendu ou l’intervention de son amante, ses dettes sont effacées, l’artiste est libre et l’amour triomphe.
Postérité :
Créée en pleine période des fêtes, À Clichy fut saluée pour la légèreté étincelante de sa partition et l’esprit tout parisien de son livret. Bien qu’éclipsée par les œuvres majeures d’Adam, cette comédie en un acte illustre la quintessence de la musique récréative du Second Empire naissant. Son charme réside dans la clarté de son écriture vocale et sa capacité à traiter la dure réalité sociale (l’emprisonnement pour dettes) avec une élégance et une fantaisie inaltérables.

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