Note personnelle : ,

Adalid y Gurréa, Marcial del — Inese e Bianca (1870)

Format :

  • Dramma lirico en 4 actes.
  • Musique : Marcial del Adalid y Gurréa.
  • Livret : Traduction/adaptation italienne d’après un drame romantique (potentiellement lié au mythe d’Inês de Castro).
  • Langue : Italien.

Création :

Composé vers 1870 (souvent joué en cercles privés à Madrid ou La Corogne, création scénique incertaine ou très restreinte).
Le compositeur galicien Marcial del Adalid, alors dans la force de l’âge (44 ans), a étudié à Londres et à Paris (où il fut conseillé par Chopin). Musicien de tempérament mélancolique et raffiné, il tente avec Inese e Bianca de synthétiser le lyrisme bellinien, le souffle du grand opéra meyerbeerien, et ses propres réminiscences harmoniques profondément influencées par le romantisme européen.

Livret :

Écrit dans la langue canonique de l’opéra seria (l’italien), le livret met en scène un drame de jalousie et de rivalité féminine. Le face-à-face entre Inese et Bianca renvoie aux grands duels de sopranos/mezzo-sopranos de la littérature lyrique (comme Norma et Adalgisa, ou Elisabetta et Maria Stuarda). Il aborde les thèmes de l’honneur, du devoir d’État et de la passion destructrice.

Intrigue :

  • Acte I : Le décor est planté dans une cour royale ou un palais noble. Bianca, femme de pouvoir ou princesse légitime, aime secrètement le ténor (un général ou un prince). Mais ce dernier est éperdument amoureux d’Inese, une noble d’un rang inférieur ou une suivante.
  • Acte II : La jalousie de Bianca éclate au grand jour lorsqu’elle découvre la liaison secrète. Elle utilise son pouvoir politique pour menacer la vie du héros ou bannir sa rivale, menant à un grand affrontement vocal où les deux femmes s’opposent.
  • Acte III : Inese est emprisonnée ou contrainte à l’exil. Le héros tente désespérément de la sauver en organisant une évasion ou un soulèvement armé. L’acte culmine dans un grand concertato où les destins semblent scellés par la fatalité.
  • Acte IV : La tragédie se dénoue dans les larmes. Pour sauver l’homme qu’elles aiment, l’une des deux femmes (souvent Inese) boit un poison ou s’offre à la dague des assassins. Le héros, détruit par le chagrin, la rejoint dans la mort, laissant Bianca seule face à sa culpabilité et au pouvoir dont elle ne veut plus.

Postérité :

L’œuvre d’Adalid, figure patricienne et un peu marginalisée par le circuit commercial des théâtres de son époque, est restée largement méconnue. Inese e Bianca est une œuvre de cabinet ou de salon élargi, représentant la noblesse des ambitions d’un compositeur galicien cherchant l’universalité à travers les codes italiens. Son éventuelle restitution révélerait un jalon essentiel du romantisme hispanique « savant » du XIXe siècle, très éloigné du folklore de la zarzuela.

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