Format :
- Légende lyrique (« Legende ») en 3 actes.
- Musique : Ermanno Wolf-Ferrari.
- Livret : Ermanno Wolf-Ferrari lui-même, d’après le conte Peau d’âne de Charles Perrault.
- Langue : Allemand.
Création :
21 avril 1927, au Nationaltheater de Munich, sous la direction de Hans Knappertsbusch, avec Fritz Krauss et Luise Willer dans les rôles principaux.
Wolf-Ferrari, né à Venise en 1876 d’un père peintre allemand et d’une mère italienne, vit alors à Munich depuis de longues années, entre ses deux cultures. Célèbre depuis Le donne curiose et I quatro rusteghi, auteur de la cantate La vita nuova, il aborde avec cette « légende » un registre plus grave et symbolique, qu’il considérait lui-même comme un ouvrage à l’âme tragique sous des dehors de conte. Il disait y avoir voulu faire « de la musique », sans souci de l’effet dramatique.
Livret :
Le compositeur tire lui-même son texte de Peau d’âne de Perrault, qu’il transforme en parabole sur le développement de l’âme humaine : une princesse née avec le « vêtement du ciel » le perd au fil de sa vie par abus de la richesse, de l’avidité et de l’amour du pouvoir, avant de le retrouver par l’humilité et l’amour. Un « mendiant saint » fait la liaison entre les mondes terrestre et surnaturel.
Intrigue :
- Acte I : Un mendiant avait offert à un roi bon et juste un âne d’or, gage de prospérité pour le royaume. À la mort du roi, sa fille, devenue reine, ne connaît que la richesse ; le mendiant avait posé une condition : le bonheur véritable ne viendra que si elle possède le vêtement du vent, de la lune et du soleil. Elle déclare qu’elle n’épousera qu’un prince qui lui offrira ces vêtements ; les prétendants affluent et sont rejetés. Un nouveau prince se présente : lui et la princesse s’aiment aussitôt, mais il n’a que des fleurs et elle l’envoie chercher les vêtements. Restée seule, la princesse maudit sa richesse et l’âne d’or, qu’elle fait détruire : le royaume s’effondre et elle est chassée par son peuple, vêtue de la seule peau d’âne.
- Acte II : Le prince se rend dans le monde des airs et n’y trouve que les moqueries des esprits ; au royaume de la lune, la fée de la lune veut le garder pour elle et le chasse avec mépris quand il demande le vêtement ; chez les enfants du soleil, on lui apprend qu’aucun mortel ne peut porter le vêtement du soleil. Il apprend aussi que la princesse a été chassée de son royaume et s’en retourne en hâte sur terre.
- Acte III : La princesse erre dans une forêt, vêtue de la peau d’âne, prête à mourir. Elle y retrouve le prince, qui est là devant elle sans les vêtements désirés. Elle comprend alors qu’elle possède déjà les vêtements du vent, de la lune et du soleil dans son amour : la magie du mendiant se renouvelle et le royaume retrouve sa splendeur.
Enregistrement(s)

Gerhard Markson — 1996
Format : CD (3 disques)
Label : Marco Polo (Opera Classics)
Référence : 8.223261-63
Année d’enregistrement : 1996 (d’après la reprise de la production du Théâtre de Hagen de 1995)
Distribution :
- La Princesse : Angelina Ruzzafante, soprano
- Le Prince : Sibrand Basa, ténor
- Le Chancelier : Reinhard Leisenheimer, ténor
- Prince Korbinian : Stefan Adam, baryton
- Prince Gudolin : Sergio Gómez, basse
- Prince Fridolin : Peer-Martin Sturm, ténor
- Prince Pippin : Michael Kurz, ténor
- La Fée de la lune : Anna-Maria Dur, mezzo-soprano
- Le Mendiant : Sergio Gómez, basse
- Trois pages-filles, esprits de l’air, filles de la lune, enfants du soleil : Anneli Pfeffer, Christiane Rost, Ina Stachelhaus, Marlene Mild, Marilyn Bennett, Vera Fischer, Gisela Ribbert, Niwako Shimbo
Direction : Gerhard Markson
Orchestre : Hagen Philharmonic Orchestra (Philharmonisches Orchester Hagen) & Opernchor et Extrachor du Theater Hagen (préparation : Granville Walker)
Langue : Allemand
Particularité :
Premier enregistrement de l’œuvre, tiré de la production du Theater Hagen reprise le 6 mai 1995 (mise en scène d’Anette Leistenschneider, décors de Gerd Friedrich), dans le cadre de la politique de redécouvertes de Gerhard Markson, directeur musical de Hagen depuis 1991. La distribution est composée de la troupe du théâtre. L’accueil du public et de la presse à Hagen fut très positif.
Postérité :
Accueillie avec réserve à Munich en 1927, l’œuvre, jugée trop philosophique et trop chargée de symboles, ne conquit pas le public attendu ; Wolf-Ferrari, qui y tenait beaucoup, en conçut une vive déception et écrivit : « L’hostilité, on peut la supporter, pas l’indifférence. » Elle est depuis restée rare sur les scènes. La reprise de Hagen en 1995 et l’enregistrement Marco Polo qui en est issu l’ont fait connaître d’un public plus large. Parmi ses treize opéras, c’est celle que le compositeur préférait.






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