Format :
- Tragedia per musica en trois actes (pasticcio).
- Musique : Antonio Vivaldi et autres compositeurs (RV 703, partition autographe intitulée Il Bajazet).
- Livret : Agostino Piovene.
- Langue : italien.
Création :
Carnaval 1735 (probablement en janvier), Teatro Filarmonico, Vérone, pour l’Accademia Filarmonica.
Vivaldi, nommé impresario pour cette saison, y présente deux nouveautés, Il Tamerlano et Adelaide, et signe lui-même les dédicaces des deux livrets ; celle du Tamerlano s’adresse à Isabella Correr Pisani, parente du doge de Venise. La partition autographe, conservée à Turin, porte la mention « Musica di Autori diversi » et le titre Il Bajazet, changé en Il Tamerlano dans le livret imprimé. Anna Girò chantait Asteria, le ténor Marc’Antonio Mareschi Bajazet, Maria Maddalena Pieri le rôle-titre, Margherita Giacomazzi Irene, Pietro Morigi Andronico et le futur Giovanni Manzoli Idaspe.
Livret :
Le livret d’Agostino Piovene, d’abord mis en musique par Francesco Gasparini à Venise en 1711, était célèbre dans toute l’Italie et à l’étranger (Haendel l’utilisa pour son Tamerlano de 1724) ; Vivaldi le qualifie de « lodatissimo ». Les textes des récitatifs et de plusieurs airs proviennent d’un Tamerlano de Giovanni Antonio Giay, donné à Milan en 1727.
Intrigue :
- Acte I : Au palais de Bursa, en Bithynie, Tamerlano a vaincu les Turcs. Le sultan Bajazet, libéré par le prince grec Andronico, préfère mourir plutôt que de rester au pouvoir de son ennemi et lui recommande sa fille Asteria. Tamerlano promet de rendre son trône à Andronico si Bajazet consent à son mariage avec Asteria ; Andronico pourrait alors épouser la fiancée de Tamerlano, la princesse Irene. Bajazet refuse malgré la menace de mort, Asteria soupçonne Andronico de l’avoir trahie, et Irene, arrivée à la cour, apprend que Tamerlano lui préfère Asteria ; elle reste en se faisant passer pour l’envoyée d’Irene.
- Acte II : Asteria a accepté la main de Tamerlano, au désespoir d’Andronico, que son confident Idaspe exhorte à la prudence. Tamerlano renvoie Irene dans son royaume, tandis que Bajazet passe sa colère sur Andronico. Sur un champ de bataille, devant toute l’armée, Tamerlano raille Bajazet ; menacé de se tuer, celui-ci voit Asteria avouer qu’elle n’a accepté de l’épouser que pour l’assassiner, poignard à l’appui. Tamerlano furieux les condamne tous deux ; Irene, Bajazet et Asteria le traitent de monstre cruel dans un quatuor (« Sì, crudel »).
- Acte III : Sur les bords de l’Euphrate, Bajazet et Asteria partagent du poison dans un pacte de suicide. Andronico déclare à Tamerlano son amour pour Asteria ; Tamerlano menace de les tuer tous et contraint Asteria à le servir à table sous les yeux de son père et d’Andronico. Au banquet, Irene, qui a vu Asteria empoisonner la coupe, l’arrête et révèle son identité ; Andronico fait tomber la coupe. Tamerlano accepte d’épouser Irene, qui lui a sauvé la vie. Idaspe annonce que Bajazet a bu le poison ; Asteria, désespérée, maudit Tamerlano, mais Irene et Andronico obtiennent son pardon, apaisé par la mort de Bajazet.
Enregistrement(s) :

Dantone — 2020
Format : 3 CD (Édition Vivaldi, Opere teatrali vol. 65).
Label : Naïve (℗ 2019, © 2020).
Référence : OP 7080
Année d’enregistrement : 2020 (7-16 février 2020, Sala Oriani, Antico Convento San Francesco, Bagnacavallo, Ravenne).
Distribution :
- Bajazet : Bruno Taddia, baryton
- Tamerlano : Filippo Mineccia, contre-ténor
- Asteria : Delphine Galou, contralto
- Irene : Sophie Rennert, mezzo-soprano
- Andronico : Marina De Liso, soprano
- Idaspe : Arianna Vendittelli, soprano
Direction : Ottavio Dantone
Orchestre : Accademia Bizantina
Langue : italien
Particularité :
Édition critique de Bernardo Ticci (2019), avec des variations de da capo de Dantone. Sur les airs d’autres compositeurs insérés par Vivaldi (Hasse, Giacomelli, Riccardo Broschi, Porpora, ainsi que des pages de Vivaldi lui-même), l’enregistrement « reconstruit » cinq airs chantés en 1735 mais absents de la partition, en leur adaptant hypothétiquement une musique du répertoire contemporain. Bajazet est ici confié à un baryton, alors qu’il fut créé par un ténor.
Postérité :
Selon Reinhard Strohm, l’ouvrage fonctionne comme un opéra avec une « Tesi » (Pieri) et deux « Farinelli » (Morigi et Giacomazzi), procédé extrême du compositeur-impresario pour mettre en valeur ses virtuoses tout en servant un drame très admiré. Les rôles d’Asteria et de Bajazet, ainsi qu’Idaspe, ne reçoivent que de la musique de Vivaldi, dont l’air de tempête « Anche il mar » et l’air d’Asteria « La cervetta timidetta ». Ce pasticcio est aussi connu sous le titre Bajazet, qui est celui de son enregistrement par Fabio Biondi.
Sources :
Livret de l’enregistrement Dantone (Naïve, textes de Reinhard Strohm et synopsis) ; pochette du disque.






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