Format :
- Dramma per musica en trois actes, dont seule une partie de la musique (RV 706-A) nous est parvenue.
- Musique : Antonio Vivaldi.
- Livret : Antonio Marchi.
- Langue : italien.
Création :
Janvier 1716 (le 18 janvier selon Wikipedia ; « probablement dans les derniers jours de janvier » selon Federico Maria Sardelli), Teatro San Moisè, Venise.
Présenté comme la « dernière œuvre » du carnaval 1715-1716, l’ouvrage naît à une période de grande densité créatrice pour Vivaldi, qui vient de donner Nerone fatto Cesare, assure l’intérim de maître de chœur à l’Ospedale della Pietà et compose Juditha triumphans. Créé avec Rosa Mignati (Farnace), Carlo Antonio Mazza (Olderico), Rosa d’Ambreville (Getilde), Chiara Stella Cenacchi (Eumena), Francesca Miniati (Doriclea), Filippo Piccoli (Tigrane) et Antonio Denzio (Artabano), il remporte un succès total, suivi de reprises jusque dans les années 1730 : Munich (1718), Venise (1718, sous le titre Artabano, re dei Parti, RV 706-B), Vicence (1719), Hambourg (1719, pasticcio allemand), Mantoue (1725, L’Artabano) et Prague (1732, La Doriclea).
Livret :
Le livret d’Antonio Marchi, poète attitré de nombreux théâtres vénitiens depuis 1692, est le plus célèbre et le plus remanié de son auteur ; sa renommée est étroitement liée à la musique de Vivaldi.
Intrigue :
- Remarque : aucun résumé de l’action n’est donné par les documents consultés, et le livret complet de 1716 n’a pas été relevé ; les personnages sont Doriclea, Eumena, Getilde, Farnace, Tigrane, Artabano et Olderico.
- Acte I : airs conservés de Doriclea (« Hai sete di sangue »), d’Eumena (« Qual dispersa tortorella », « Ti sento, sì, ti sento »), d’Artabano (« In trono assiso »), d’Olderico (« Non sempre folgora ») et un duo de Farnace et Getilde.
- Acte II : airs d’Eumena (« La timida cervetta », « Parto con questa speme »), de Tigrane (« Per scorgere quel cor »), de Farnace (« Donna crudel spietata ») et de Doriclea (« Sento il cor brillarmi in petto »).
- Acte III : airs de Tigrane (« Un’aura lusinghiera »), d’Eumena (« Lascia almen che ti consegni ») et de Doriclea (« Un bacio, un vezzo, un riso », « Amoroso caro sposo », « Se vince il caro sposo »).
Enregistrement(s) :

Fasolis — 2011
Format : 1 CD (fragments de l’opéra, 21 plages).
Label : Da Vinci Classics, collection Élus Antiqua (℗ 2011 RSI, © 2026).
Référence : CE1178
Année d’enregistrement : 2011 (octobre et novembre 2011, Auditorio Stelio Molo, RSI, Lugano) ; édition discographique en 2026.
Distribution :
- Eumena, Farnace, Tigrane : Romina Basso, mezzo-soprano
- Doriclea, Getilde : Ann Hallenberg, mezzo-soprano
- Hautbois : Pier Luigi Fabretti
Direction : Diego Fasolis (Coro della Radiotelevisione svizzera)
Orchestre : I Barocchisti
Langue : italien
Particularité :
Anthologie conçue par Frédéric Delaméa (concept du programme et conseil musicologique) : elle réunit les numéros conservés, mais aussi des reconstructions, des airs d’attribution incertaine (RV 749) et un chœur emprunté à Arsilda, regina di Ponto, et fait intervenir un hautbois solo dans « Sì tu vuoi ch’io m’innamori ». Les sinfonie sont tirées de la Sinfonia RV 135. Enregistrement réalisé en 2011 par la RSI (producteur Claude Hauri, ingénieur du son Ulrich Ruscher) et resté inédit jusqu’en 2026.

Sardelli — 2025
Format : 1 CD (58’21 ; 18 numéros conservés, sur 35 à l’origine).
Label : Passacaille (℗ © 2026 Musurgia BV).
Référence : PAS 1175
Année d’enregistrement : 2025 (9-11 juillet 2025, Oratorio di San Francesco, Florence) ; paru en 2026.
Distribution :
- Doriclea, Getilde : Valeria La Grotta, soprano
- Farnace, Tigrane, Eumena : Cecilia Molinari, mezzo-soprano
- Olderico : Valentino Buzza, ténor
- Artabano : Biagio Pizzuti, basse-baryton
Direction : Federico Maria Sardelli (clavecin : Dimitri Betti)
Orchestre : Modo Antiquo
Langue : italien
Particularité :
Reconstitution de la version de 1716 (RV 706-A) par Sardelli, qui s’oppose à la création de nouveaux pasticcios et présente les fragments tels qu’ils nous sont parvenus, avec cordes et basse continue uniquement, sans ajouts ; la seule liberté est l’ouverture sur la Sinfonia RV 112. Le disque propose 18 des 35 numéros de l’opéra, environ la moitié, qui parcourent tous les rôles. Il inclut deux airs d’attribution probable, « È ver la navicella » et « Lucioletta vezzosetta », issus d’un manuscrit de Berlin.
Postérité :
Aucun manuscrit autographe de Vivaldi n’est conservé pour cette œuvre pourtant très célèbre en son temps. Sa redécouverte commence en 2001, quand Faun Tanenbaum Tiedge et Michael Talbot découvrent sept airs et un fragment de duo dans un recueil conservé à Berkeley Castle ; d’autres airs circulaient dans des sources périphériques (Ercole su ‘l Termodonte, Teuzzone, pasticcios allemands). Le chœur final « Viva Amor, viva la Pace » est perdu. Les deux disques ci-dessus, parus la même année 2026, illustrent deux approches différentes : anthologie avec reconstructions et restitution sans ajouts.
Sources :
Livrets des deux enregistrements (Da Vinci Classics et Passacaille, texte de Federico Maria Sardelli) ; pochettes ; Wikipedia — La costanza trionfante ; Presto Music (Sardelli) ; Stretto ; Presto Music (Fasolis).






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