Format :
- Dramma lirico en quatre parties.
- Musique : Giuseppe Verdi.
- Livret : Temistocle Solera, d’après le drame Nabuchodonosor d’Auguste Anicet-Bourgeois et Francis Cornu et le ballet Nabucodonosor d’Antonio Cortesi.
- Langue : italien.
Création :
9 mars 1842, Teatro alla Scala, Milan (sous le titre Nabucodonosor, sous la direction d’Eugenio Cavallini).
Troisième opéra de Verdi, après le demi-succès d’Oberto et l’échec d’Un giorno di regno, survenu peu après la mort de sa femme et de ses deux enfants. Découragé, le compositeur songeait à renoncer à la scène lorsque l’impresario Bartolomeo Merelli lui remit le livret de Solera, d’abord destiné à Otto Nicolai ; Verdi, saisi par le chœur « Va, pensiero », se remit au travail. Les répétitions furent brèves, une douzaine de jours seulement. La distribution réunissait Giorgio Ronconi (Nabucco), Giuseppina Strepponi (Abigaille, future seconde épouse du compositeur), Prosper Dérivis (Zaccaria), Corrado Miraglia (Ismaele) et Giovannina Bellinzaghi (Fenena). Le succès fut immédiat : une soixantaine de représentations supplémentaires suivirent avant la fin de 1842, et Verdi a toujours considéré Nabucco comme le véritable début de sa carrière.
Livret :
Solera puise dans l’histoire biblique de la captivité de Babylone (Deuxième Livre des Rois, Jérémie, Lamentations, Daniel), mais surtout dans la pièce française de 1836 et dans sa transposition en ballet par Cortesi, dont il retient l’intrigue familiale : le roi qui perd la raison, la fille légitime Fenena, la fausse aînée Abigaille, en réalité fille d’esclaves. Il ajoute le grand-prêtre Zaccaria et le couple Ismaele-Fenena, et fait du peuple hébreu un véritable protagoniste choral. Il s’éloigne volontairement de l’histoire : la folie de Nabuchodonosor ne dure que quelques scènes et sa conversion est une invention dramatique.
Intrigue :
- Première partie « Jérusalem » : Dans le temple de Salomon, les Hébreux, menacés par l’armée babylonienne, se lamentent ; le grand-prêtre Zaccaria les exhorte à la confiance et confie Fenena, fille de Nabucco et otage, à la garde d’Ismaele, neveu du roi de Jérusalem. Ismaele et Fenena s’aiment ; Abigaille, qui aime aussi Ismaele, surgit à la tête de soldats et lui propose de sauver son peuple s’il renonce à Fenena. Nabucco entre dans le temple ; Zaccaria menace de tuer Fenena, mais Ismaele la sauve et Nabucco ordonne de détruire le sanctuaire.
- Deuxième partie « L’impie » : À Babylone, Abigaille découvre qu’elle est en réalité la fille d’esclaves et décide de s’emparer du trône ; le grand-prêtre de Baal lui annonce que Fenena, régente, a libéré les Hébreux, et lui propose de la renverser en répandant la nouvelle de la mort de Nabucco. Zaccaria, qui a converti Fenena, est menacé ; Nabucco revient, se proclame dieu et est frappé par la foudre, qui lui ôte la raison. Abigaille ramasse la couronne.
- Troisième partie « La prophétie » : Devenue reine, Abigaille obtient de Nabucco égaré la signature de la condamnation à mort des Hébreux, dont Fenena ; il la supplie en vain d’épargner sa fille, et elle déchire le document prouvant sa naissance servile. Au bord de l’Euphrate, les Hébreux exilés chantent leur nostalgie de la patrie (« Va, pensiero ») ; Zaccaria annonce la chute de Babylone.
- Quatrième partie « L’idole brisée » : Nabucco, recouvrant la raison, voit Fenena conduite au supplice ; il prie le Dieu des Hébreux, promet de reconstruire le temple et de se convertir, libère Fenena et fait briser l’idole de Baal, qui s’effondre d’elle-même. Abigaille, qui s’est empoisonnée, implore le pardon de Fenena et de Dieu, puis meurt. Zaccaria proclame Nabucco serviteur du Très-Haut.
Enregistrement(s) :

Gui — 1949
Format : 2 CD (live, mono)
Label : Warner Classics (collection « Callas Live Remastered »)
Référence : Warner Classics 0190295844462 (remasterisation de 2017)
Année d’enregistrement : 20 décembre 1949, Teatro San Carlo, Naples (live)
Distribution :
- Nabucco : Gino Bechi, baryton
- Abigaille : Maria Callas, soprano
- Zaccaria : Luciano Neroni, basse
- Ismaele : Gino Sinimberghi, ténor
- Fenena : Amalia Pini, mezzo-soprano
Direction : Vittorio Gui
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro di San Carlo di Napoli
Langue : italien
Particularité :
Document historique capté en direct à Naples : Maria Callas y chante Abigaille, rôle qu’elle n’abordera que dans ces quelques représentations. Gui s’appuie sur un plateau dominé par la violence vocale de la soprano ; le son monophonique reste limité (l’éditeur signale lui-même des imperfections techniques de la bande d’origine).

Gardelli — 1965
Format : 2 CD (studio, stéréo)
Label : Decca (collection « The Originals »)
Référence : Decca 417 407-2 (première édition CD de 1987)
Année d’enregistrement : 1965, Vienne (studio)
Distribution :
- Nabucco : Tito Gobbi, baryton
- Abigaille : Elena Souliotis, soprano
- Zaccaria : Carlo Cava, basse
- Ismaele : Bruno Prevedi, ténor
- Fenena : Dora Carral, mezzo-soprano
Direction : Lamberto Gardelli
Orchestre : Orchester et Chœur de l’Opéra d’État de Vienne
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement stéréo intégral de l’œuvre. Lamberto Gardelli, grand spécialiste du jeune Verdi, dirige de façon vive et sans fioritures. Tito Gobbi, vers la fin de sa carrière, apporte au roi son pathétique, tandis que la très jeune Elena Souliotis, alors âgée de vingt-deux ans, se lance dans Abigaille avec une énergie qui a divisé la critique, certains lui reprochant une certaine rudesse.

Muti — 1978
Format : 2 CD (studio, stéréo)
Label : Warner Classics (collection « The Home of Opera », ancien catalogue EMI)
Référence : Warner Classics 0825646483174 (édition d’origine : EMI CDS 7 47488-8)
Année d’enregistrement : juillet 1977 et février 1978, Philharmonia Orchestra (studio)
Distribution :
- Nabucco : Matteo Manuguerra, baryton
- Abigaille : Renata Scotto, soprano
- Zaccaria : Nicolai Ghiaurov, basse
- Ismaele : Veriano Luchetti, ténor
- Fenena : Elena Obraztsova, mezzo-soprano
- Grand-prêtre de Baal : Robert Lloyd, basse
- Abdallo : Kenneth Edwards, ténor
- Anna : Anne Collins, contralto
Direction : Riccardo Muti
Orchestre : Philharmonia Orchestra ; Ambrosian Opera Chorus
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement réalisé dans la foulée des représentations florentines de Muti au Maggio Musicale (mai 1977, dans la mise en scène controversée de Luca Ronconi). La direction nerveuse du jeune chef, le trio Scotto-Ghiaurov-Obraztsova et un chœur très investi en font une référence. Le livret du coffret est de Harold Rosenthal.

Sinopoli — 1982
Format : 2 CD (studio, stéréo)
Label : Deutsche Grammophon
Référence : Deutsche Grammophon 410 512-2 (réédition : 486 004-1)
Année d’enregistrement : 1982, Berlin
Distribution :
- Nabucco : Piero Cappuccilli, baryton
- Abigaille : Ghena Dimitrova, soprano
- Zaccaria : Evgeny Nesterenko, basse
- Ismaele : Plácido Domingo, ténor
- Fenena : Lucia Valentini Terrani, mezzo-soprano
- Anna : Lucia Popp, soprano
Direction : Giuseppe Sinopoli
Orchestre : Orchester et Chœur du Deutsche Oper Berlin
Langue : italien
Particularité :
Lecture très personnelle de Sinopoli, attentive au détail instrumental et à l’expressivité, parfois jugée capricieuse ; la prise de son favorise l’orchestre et les chœurs au détriment des solistes. Plateau d’exception : Cappuccilli au legato souverain, Dimitrova à la voix sombre et puissante, Domingo luxueux en Ismaele.

Muti — 1986
Format : DVD (NTSC)
Label : NVC Arts (Warner Music Vision)
Référence : 5050467-0944-2-0
Année d’enregistrement : décembre 1986, Teatro alla Scala, Milan (live)
Distribution :
- Nabucco : Renato Bruson, baryton
- Abigaille : Ghena Dimitrova, soprano
- Zaccaria : Paata Burchuladze, basse
- Ismaele : Bruno Beccaria, ténor
- Fenena : Raquel Pierotti, mezzo-soprano
Direction : Riccardo Muti
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro alla Scala
Langue : italien
Particularité :
Captation de la production milanaise de Roberto De Simone, avec Muti dans la fosse. Bruson campe un roi noble et Dimitrova une Abigaille souveraine. L’image reste d’une facture télévisuelle ancienne.

Oren — 1998
Format : 2 CD (live)
Label : Naïve
Référence : Naïve V 5158
Année d’enregistrement : avril 1998, Suntory Hall, Tokyo (live)
Distribution :
- Nabucco : Renato Bruson, baryton
- Abigaille : Maria Guleghina, soprano
- Zaccaria : Ferruccio Furlanetto, basse
- Ismaele : Fabio Armiliato, ténor
- Fenena : Elena Zaremba, mezzo-soprano
- Grand-prêtre de Baal : Carlo Striuli, basse
- Anna : Taemi Kohama, soprano
Direction : Daniel Oren
Orchestre : Tokyo Symphony Orchestra ; Tokyo Opera Singers
Langue : italien
Particularité :
Version de concert enregistrée au Japon, avec un orchestre et un chœur locaux ; elle réunit le Nabucco légendaire de Bruson, la fougueuse Abigaille de Guleghina et le Zaccaria de Furlanetto, sous la direction énergique d’Oren.

Luisi — 2001
Format : DVD (NTSC)
Label : TDK
Référence : DVWW-OPNAB
Année d’enregistrement : 9 juin 2001, Wiener Staatsoper, Vienne (live)
Distribution :
- Nabucco : Leo Nucci, baryton
- Abigaille : Maria Guleghina, soprano
- Zaccaria : Giacomo Prestia, basse
- Ismaele : Miroslav Dvorský, ténor
- Fenena : Marina Domashenko, mezzo-soprano
- Grand-prêtre de Baal : Goran Simić, basse
- Abdallo : Walter Pauritsch, ténor
- Anna : Renate Pitscheider, soprano
Direction : Fabio Luisi
Orchestre : Orchester et Chœur de la Wiener Staatsoper
Langue : italien
Particularité :
Mise en scène de Günter Krämer, transposée au milieu du XXe siècle, dont la cohérence a été discutée par la critique. La musique y gagne : Luisi dirige avec brio, Nucci est un roi à la puissance dramatique simple et Guleghina une Abigaille électrisante ; Prestia est jugé en retrait en Zaccaria.

Levine — 2002
Format : DVD
Label : Deutsche Grammophon
Référence : Deutsche Grammophon 00440 073 0779 (sortie en 2005)
Année d’enregistrement : 15 juin 2002, Metropolitan Opera, New York (live)
Distribution :
- Nabucco : Juan Pons, baryton
- Abigaille : Maria Guleghina, soprano
- Zaccaria : Samuel Ramey, basse
- Ismaele : Gwyn Hughes Jones, ténor
- Fenena : Wendy White, mezzo-soprano
Direction : James Levine
Orchestre : Metropolitan Opera Orchestra and Chorus
Langue : italien
Particularité :
Production du Met de John Napier, filmée par Brian Large. Levine dirige avec ampleur, Guleghina est de nouveau Abigaille et Samuel Ramey offre un Zaccaria de grande autorité ; Pons campe un Nabucco sûr, à défaut d’être exceptionnel.

Frizza — 2004
Format : DVD
Label : Dynamic
Référence : Dynamic 33465
Année d’enregistrement : 2004, Teatro Carlo Felice, Gênes (live)
Distribution :
- Nabucco : Alberto Gazale, baryton
- Abigaille : Susan Neves, soprano
- Zaccaria : Orlin Anastassov, basse
- Ismaele : Yasuharu Nakajima, ténor
- Fenena : Annamaria Popescu, mezzo-soprano
- Grand-prêtre de Baal : Alberto Rota, basse
- Anna : Sabrina Modena, soprano
- Abdallo : Alessandro Cosentino, ténor
Direction : Riccardo Frizza
Orchestre : Orchestre et Chœur du Teatro Carlo Felice de Gênes
Langue : italien
Particularité :
Mise en scène de Jonathan Miller (production de l’Opernhaus de Zurich), sur l’édition critique de Roger Parker. Distribution jeune et internationale dominée par la solide Abigaille de Susan Neves ; la scène est étroite pour le chœur et la captation reste inégale.

Mariotti — 2009
Format : DVD
Label : C Major (Unitel)
Référence : C Major 720408 (édition de 2012)
Année d’enregistrement : 12–14 octobre 2009, Teatro Regio, Parme (live, Festival Verdi)
Distribution :
- Nabucco : Leo Nucci, baryton
- Abigaille : Dimitra Theodossiou, soprano
- Zaccaria : Riccardo Zanellato, basse
- Ismaele : Bruno Ribeiro, ténor
- Fenena : Annamaria Chiuri, mezzo-soprano
- Grand-prêtre de Baal : Alessandro Spina, basse
Direction : Michele Mariotti
Orchestre : Orchestre et Chœur du Teatro Regio di Parma
Langue : italien
Particularité :
Mise en scène de Daniele Abbado (reprise par Caroline Lang), décors et costumes de Luigi Perego, réalisation vidéo de Tiziano Mancini. Leo Nucci reprend ici le rôle-titre qu’il porte depuis des décennies, aux côtés de Dimitra Theodossiou et du tout jeune Michele Mariotti.
Postérité :
Nabucco a placé Verdi parmi les compositeurs d’opéra italiens de premier plan. L’œuvre arrive à Londres dès 1846 sous le titre Nino, en raison de la censure des sujets bibliques, et à New York en 1848 ; elle disparaît ensuite longtemps de l’affiche de Covent Garden avant d’y revenir en 1972. Le chœur « Va, pensiero » est devenu un chant emblématique du Risorgimento puis un hymne officieux de l’Italie. L’opéra connaît une renaissance dans la seconde moitié du XXe siècle (Maggio Musicale de 1977 avec Muti) et reste aujourd’hui l’un des titres les plus joués du répertoire italien.
Sources :
Wikipedia — Nabucco ; Operadis — Nabucco ; MusicWeb International — Oren ; MusicWeb International — Sinopoli ; Gramophone — Gardelli ; Opera Today — Frizza ; Opera Today — Luisi ; livrets des enregistrements Muti (1978, Harold Rosenthal) et Mariotti (2009).






Laisser un commentaire