Format :
- Melodramma en trois actes.
- Musique : Giuseppe Verdi (1813-1901).
- Livret : Francesco Maria Piave, d’après la pièce Le roi s’amuse de Victor Hugo.
- Langue : italien.
Création :
11 mars 1851, Teatro La Fenice, Venise.
Commande de La Fenice (1850), l’ouvrage, d’abord intitulé La maledizione, se heurte à la censure autrichienne, qui juge la pièce de Hugo, avec son roi libertin, d’une « immoralité » intolérable. Après des négociations menées directement par Verdi, l’action est transposée dans un duché de Mantoue fictif sous les Gonzague, le bouffon devient Rigoletto et la scène de la chambre à coucher est supprimée. La partition est achevée le 5 février 1851 et tenue secrète jusqu’au dernier moment, le ténor n’apprenant « La donna è mobile » que quelques heures avant la première. La distribution comprend Felice Varesi (Rigoletto), Teresa Brambilla (Gilda) et Raffaele Mirate (le Duc), sous la direction de Gaetano Mares. Le triomphe est immédiat : c’est le premier grand succès italien de Verdi depuis Macbeth (1847), et l’on chante « La donna è mobile » dans les rues de Venise dès le lendemain.
Livret :
Francesco Maria Piave, déjà librettiste d’Ernani, des Due Foscari, de Macbeth, du Corsaro et de Stiffelio, adapte Le roi s’amuse (1832) de Victor Hugo, pièce interdite en France après sa première représentation. Il doit, sous la pression de la censure, remplacer François Ier par un duc de Mantoue et atténuer certaines situations, tout en conservant l’essentiel du drame : la malédiction du comte de Monterone, le bouffon bossu, l’enlèvement de sa fille et la vengeance qui se retourne contre lui.
Intrigue :
- Acte I : Lors d’une fête au palais ducal de Mantoue, le Duc courtise toutes les femmes, notamment la comtesse de Ceprano. Son bouffon bossu Rigoletto raille les courtisans, qui jurent de se venger. Le comte de Monterone, dont la fille a été déshonorée par le Duc, vient demander justice ; Rigoletto se moque de lui et le vieillard les maudit tous deux. Rigoletto, hanté par cette malédiction, rentre chez lui où il cache sa fille Gilda. Le Duc, déguisé en étudiant pauvre, s’introduit auprès d’elle et lui déclare son amour ; resté seule, Gilda chante « Caro nome ». Les courtisans, croyant enlever la maîtresse de Rigoletto, enlèvent Gilda, et le bouffon, les yeux bandés, tient lui-même l’échelle.
- Acte II : Au palais, le Duc apprend l’enlèvement et se réjouit de retrouver Gilda. Rigoletto, feignant l’indifférence, finit par exploser contre les courtisans (« Cortigiani, vil razza dannata »). Gilda sort de la chambre du Duc et avoue sa honte à son père, qui jure de se venger malgré ses supplications en faveur de l’homme qu’elle aime.
- Acte III : Dans une auberge délabrée au bord du Mincio, Rigoletto charge le tueur Sparafucile d’assassiner le Duc, qui courtise Maddalena, sœur du spadassin (« La donna è mobile », puis le quatuor « Bella figlia dell’amore »). Gilda, qui a tout vu et tout entendu, se déguise en homme et se sacrifie à la place du Duc. Rigoletto, venu récupérer le sac contenant le cadavre, entend au loin la voix du Duc et découvre sa fille mourante : la malédiction s’est accomplie.
Enregistrement(s) :

Lorenzo Molajoli — 1930
Format : CD (mono ; transfert historique remastérisé avec le système CEDAR)
Label : Grammofono 2000 (d’après l’enregistrement Columbia/HMV de La Scala ; édition Pristine Audio PACO169 également consultée)
Référence : Non lisible sur la pochette
Année d’enregistrement : 1930, Milan (selon Pristine, sessions en août 1927 et mai 1930)
Distribution :
- Duca di Mantova : Dino Borgioli, ténor
- Rigoletto : Riccardo Stracciari, baryton
- Gilda : Mercedes Capsir, soprano
- Sparafucile : Ernesto Dominici, basse
- Maddalena : Anna Masetti Bassi, mezzo-soprano
- Monterone : Duilio Baronti, basse
Direction : Lorenzo Molajoli
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro alla Scala, Milan
Langue : italien
Particularité :
Plus ancienne version complète de l’opéra présentée ici, enregistrée pour Columbia par la phalange scaligère. Riccardo Stracciari, grand Rigoletto de l’entre-deux-guerres, y est entendu à la fin de sa carrière, la voix assombrie et l’intonation parfois basse selon la critique, qui lui préfère les caractérisations de De Luca ou de Warren. Mercedes Capsir mêle légèreté et poids avec une technique inégale, Dino Borgioli est irrégulier. Les tempos de Molajoli et la précision de l’orchestre sont loués, même si le chœur traîne parfois. Réputation légendaire jugée un peu surfaite, mais version au son le plus plein des transferts disponibles.

Umberto Mugnai — 1952
Format : CD (mono, live)
Label : Warner Classics (collection Callas Live Remastered, remastérisation numérique 2017)
Référence : 0190295844622
Année d’enregistrement : 17 juin 1952, Palacio de Bellas Artes, Mexico (live)
Distribution :
- Duca di Mantova : Giuseppe Di Stefano, ténor
- Rigoletto : Piero Campolonghi, baryton
- Gilda : Maria Callas, soprano
- Sparafucile : Ignacio Ruffino, basse
- Maddalena : María Teresa García, mezzo-soprano (selon MusicWeb ; non mentionnée sur la pochette)
Direction : Umberto Mugnai
Orchestre : Orquesta y Coro del Palacio de Bellas Artes, Mexico
Langue : italien
Particularité :
Captation de la première des deux représentations mexicaines de 1952, les seules où Maria Callas ait chanté Gilda sur scène. Elle y est décrite comme délicate, vulnérable et infiniment touchante, face à un Di Stefano flamboyant (dont certains aigus sont toutefois un peu bas) et à des partenaires plus inégaux : vibrato marqué chez Campolonghi, intonation souvent haute chez Ruffino. Le son, d’origine primitive, souffre de déséquilibres (Callas très éloignée du micro dans le quatuor), de souffleur très présent et d’applaudissements en cours d’action ; Di Stefano bisse le second couplet de « La donna è mobile ». Document essentiel pour les callasiens plutôt que version de référence.

Tullio Serafin — 1955
Format : CD (studio, mono ; édition remastérisée 24 bit/96 kHz)
Label : Warner Classics (collection Maria Callas Remastered, d’après l’enregistrement EMI)
Référence : Non indiquée
Année d’enregistrement : 3-16 septembre 1955, Teatro alla Scala, Milan (studio)
Distribution :
- Duca di Mantova : Giuseppe Di Stefano, ténor
- Rigoletto : Tito Gobbi, baryton
- Gilda : Maria Callas, soprano
- Sparafucile : Nicola Zaccaria, basse
- Maddalena : Adriana Lazzarini, mezzo-soprano
- Giovanna : Giuse Gerbino, mezzo-soprano
- Monterone : Plinio Clabassi, basse
- Marullo : William Dickie, baryton
- Borsa : Renato Ercolani, ténor
- Conte di Ceprano : Carlo Forti, basse
- Contessa di Ceprano : Elvira Galassi, mezzo-soprano
- Un usciere : Vittorio Tatozzi, basse
- Un paggio : Luisa Mandelli, soprano
Direction : Tullio Serafin
Orchestre : Coro e Orchestra del Teatro alla Scala, Milan
Langue : italien
Particularité :
Version de studio d’EMI avec Callas, Gobbi et Di Stefano, souvent considérée comme la plus complète artistiquement. La critique salue la caractérisation inégalée de Gobbi, à la voix peut-être un peu mince pour un baryton verdien mais d’une palette expressive exceptionnelle, et une Callas qui, sans être naturellement une Gilda, convainc en vraie comédienne-chanteuse (portamenti descendants d’une beauté rare). Di Stefano est énergique et séduisant, parfois un peu rude dans les aigus. Serafin ne cherche aucun effet et laisse les chanteurs s’exprimer. Le livret de cette réédition (traductions française de B. Vierne et anglaise de Dale McAdoo) accompagne le texte en quatre langues.

Jonel Perlea — 1956
Format : CD (2 disques, mono)
Label : RCA Victor Gold Seal (BMG Classics ; réédition numérique supervisée par Nathaniel Johnson)
Référence : GD 60172 (2)
Année d’enregistrement : 14-28 juin 1956, Opéra de Rome (studio) ; production Richard Mohr, ingénieur Lewis Layton
Distribution :
- Duca di Mantova : Jussi Björling, ténor
- Rigoletto : Robert Merrill, baryton
- Gilda : Roberta Peters, soprano
- Sparafucile : Giorgio Tozzi, basse
- Maddalena : Anna Maria Rota, mezzo-soprano
- Giovanna : Silvana Celli, mezzo-soprano
- Monterone : Vittorio Tatozzi, basse
- Marullo : Arturo La Porta, baryton
- Borsa : Tommaso Frascati, ténor
- Conte di Ceprano : Leonardo Monreale, baryton
- Contessa di Ceprano : Lidia Grandi, soprano
- Paggio : Santa Chissari, mezzo-soprano
- Usciere : Andrea Mineo, basse
Direction : Jonel Perlea
Orchestre : Orchestre et chœur de l’Opéra de Rome (Teatro dell’Opera di Roma)
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement RCA réunissant trois vedettes du Met (Merrill, Peters, Tozzi) et le Duc de Björling, ici en voix éclatante dans le quatuor. Merrill y déploie une des plus belles voix de baryton du siècle, plus belle qu’expressive, mais touchante dans ses scènes de douleur ; Peters est techniquement impeccable, à la limite du perçant ; Tozzi est inquiétant. Perlea, direction équilibrée mais un peu terne, supporte bien ses chanteurs. Coupures nombreuses selon l’usage de l’époque (le grand duo Rigoletto-Gilda de l’acte I largement amputé, cabalette du Duc « Possente amor mi chiama » absente). Le son est de qualité inégale (saturation, bruit de studio).

Gianandrea Gavazzeni — 1960
Format : CD (stéréo)
Label : Andromeda (logo « A » sur la pochette)
Référence : Non indiquée sur la pochette
Année d’enregistrement : Juillet 1960, Florence (statut studio ou live à vérifier selon les sources)
Distribution :
- Duca di Mantova : Alfredo Kraus, ténor
- Rigoletto : Ettore Bastianini, baryton
- Gilda : Renata Scotto, soprano
- Sparafucile : Ivo Vinco, basse
- Maddalena : Fiorenza Cossotto, mezzo-soprano
- Giovanna : Clara Foti, mezzo-soprano
- Monterone : Silvio Maionica, basse
- Marullo : Virgilio Carbonari, baryton
- Borsa : Enzo Guagni, ténor
- Conte di Ceprano : Giuseppe Morresi, baryton
- Contessa di Ceprano : Clara Foti, mezzo-soprano
Direction : Gianandrea Gavazzeni
Orchestre : Orchestra e Coro del Maggio Musicale Fiorentino
Langue : italien
Particularité :
Version florentine portée par le Rigoletto sonore et noble d’Ettore Bastianini, un peu constamment fort selon certains, face à la jeunesse du Duc d’Alfredo Kraus, souple et élégant, et à la Gilda juvénile d’une Renata Scotto de vingt-six ans. Gavazzeni, chef souvent sous-estimé, y est loué pour la tension de sa direction. Les transferts anciens (réédition BMG-Ricordi) ont été critiqués comme sourds et lointains ; l’édition Andromeda est jugée plus convaincante. Les sources divergent sur la nature de la captation (studio ou live) et sur le lieu exact : à vérifier.

Georg Solti — 1963
Format : CD (2 disques, stéréo)
Label : RCA Victor (collection The Victor Opera Series ; réédition BMG-RCA Red Seal)
Référence : Non lisible sur la pochette ; réédition BMG-RCA Red Seal 82876 70785 2
Année d’enregistrement : Juin 1963, RCA Italiana Studios, Rome (studio)
Distribution :
- Duca di Mantova : Alfredo Kraus, ténor
- Rigoletto : Robert Merrill, baryton
- Gilda : Anna Moffo, soprano
- Sparafucile : Ezio Flagello, basse
- Maddalena : Rosalind Elias, mezzo-soprano
- Giovanna : Anna Di Stasio, mezzo-soprano
- Monterone : David Ward, basse
- Marullo : Robert Kerns, baryton
- Borsa : Piero Di Palma, ténor
- Conte di Ceprano : Mario Rinaudo, baryton
- Contessa di Ceprano : Corinna Vozza, soprano
- Un paggio : Tina Toscano, soprano
- Un araldo : Enzo Titta, baryton
Direction : Georg Solti
Orchestre : RCA Italiana Opera Orchestra and Chorus
Langue : italien
Particularité :
Seconde version de Merrill, bien plus engagé que dix ans plus tôt sous la direction hyper-dramatique de Solti, qui l’anoblit. Alfredo Kraus offre un Duc aristocratique mais de voix légère, Anna Moffo une Gilda crémeuse et techniquement impeccable, quoique un peu monochrome, tandis que David Ward est jugé le plus impressionnant Monterone du disque. La prise de son est ample et brillante, au risque de mettre l’orchestre trop en avant. Souvent recommandée comme version stéréo de référence, à prix modique.

Rafael Kubelik — 1964
Format : CD (2 disques, stéréo, ADD)
Label : Deutsche Grammophon (℗ 1964 Polydor International)
Référence : 437 704-2
Année d’enregistrement : 1964, Milan (date précise non indiquée sur la pochette)
Distribution :
- Duca di Mantova : Carlo Bergonzi, ténor
- Rigoletto : Dietrich Fischer-Dieskau, baryton
- Gilda : Renata Scotto, soprano
- Sparafucile : Ivo Vinco, basse
- Maddalena : Fiorenza Cossotto, mezzo-soprano
- Giovanna : Mirella Fiorentini, mezzo-soprano
- Monterone : Lorenzo Testi, basse
- Marullo : Virgilio Carbonari, baryton
- Borsa : Piero di Palma, ténor
- Conte di Ceprano : Alfredo Giacomotti, basse
- Contessa di Ceprano et un page : Catarina Alda, soprano
- Un usciere : Giuseppe Morresi, basse
Direction : Rafael Kubelik
Orchestre : Coro e Orchestra del Teatro alla Scala, Milan
Langue : italien
Particularité :
Version la plus controversée de la discographie, pour le Rigoletto de Dietrich Fischer-Dieskau, intelligent et soigné mais jugé hors emploi (voix voilée, peu de résonance, aigus faibles). Carlo Bergonzi apporte un Duc superbement vocalisé, d’un raffinement peut-être excessif, tandis que Renata Scotto, plus fraîche encore qu’en 1960, est jugée stridente par certains. Kubelik dirige avec ampleur, chaleur et noblesse, mais sans toujours la fièvre italienne. Les avis vont de l’« indispensable à tout amateur » à l’« Hamlet sans le prince ».

Lamberto Gardelli — 1967
Format : CD (live, restauration de la retransmission radiophonique)
Label : The Metropolitan Opera (Met Opera, ℗ 2016)
Référence : EAN 811357018316
Année d’enregistrement : 8 avril 1967, Metropolitan Opera, New York (live)
Distribution :
- Duca di Mantova : Nicolai Gedda, ténor
- Rigoletto : Cornell MacNeil, baryton
- Gilda : Roberta Peters, soprano
- Sparafucile : Bonaldo Giaiotti, basse
- Maddalena : Belén Amparán, mezzo-soprano
- Giovanna : Carlotta Ordassy, mezzo-soprano
- Monterone : Raymond Michalski, basse
- Marullo : Robert Goodloe, baryton
- Borsa : Gabor Carelli, ténor
- Conte di Ceprano : Gene Boucher, baryton
- Contessa di Ceprano : Lilian Sukis, soprano
- Un page : Loretta Di Franco, soprano
- Un garde : Lloyd Strang
Direction : Lamberto Gardelli ; chef des chœurs : Kurt Adler
Orchestre : Orchestre et chœur du Metropolitan Opera
Langue : italien
Particularité :
Soirée de la saison inaugurale du nouveau Met (ouvert en 1966), avec la distribution des représentations d’octobre 1966 : Cornell MacNeil, interprète du rôle au Met depuis 1959, Roberta Peters et Nicolai Gedda. La restauration de la retransmission a été financée par la Lloyd E. Rigler-Lawrence E. Deutsch Foundation et le Dunard Fund USA. Cette captation est absente des discographies classiques consultées (Wikipedia, MusicWeb) : l’attribution de la direction à Gardelli et la date proviennent de la pochette du CD.

Richard Bonynge — 1971
Format : CD (2 disques, stéréo ; édition numérique 24 bit/96 kHz)
Label : Decca (Decca Music Group)
Référence : 414 269-2 (édition CD d’origine)
Année d’enregistrement : Juin 1971, Kingsway Hall, Londres (studio) ; production David Harvey et Michael Woolcock, ingénieurs Kenneth Wilkinson et Stanley Goodall
Distribution :
- Duca di Mantova : Luciano Pavarotti, ténor
- Rigoletto : Sherrill Milnes, baryton
- Gilda : Joan Sutherland, soprano
- Sparafucile : Martti Talvela, basse
- Maddalena : Huguette Tourangeau, mezzo-soprano
- Giovanna : Gillian Knight, mezzo-soprano
- Monterone : Clifford Grant, basse
- Marullo : Christian Du Plessis, baryton
- Borsa : Riccardo Cassinelli, ténor
- Conte di Ceprano : John Gibbs, baryton
- Contessa di Ceprano : Kiri Te Kanawa, soprano
- Usciere : John Noble, baryton
- Paggio : Josephte Clément, mezzo-soprano
Direction : Richard Bonynge ; chef des chœurs : John McCarthy
Orchestre : London Symphony Orchestra et Ambrosian Opera Chorus
Langue : italien
Particularité :
Version Decca à la distribution flamboyante : Pavarotti, peut-être à son meilleur au disque, Milnes robuste et attentif au texte, Sutherland en Gilda souveraine et un Talvela réellement glaçant en Sparafucile, sans oublier la jeune Kiri Te Kanawa dans le petit rôle de la comtesse de Ceprano. Bonynge, ici dans une de ses meilleures réalisations, insuffle une tension dramatique appréciée, soutenue par une superbe prise de son analogique. Régulièrement citée comme choix de tête de la discographie.

Carlo Maria Giulini — 1979
Format : CD (2 disques, stéréo, ADD ; traitement « Original-Image Bit-Processing »)
Label : Deutsche Grammophon (℗ 1980 ; réédition ℗ 2016)
Référence : 457 753-2
Année d’enregistrement : Septembre 1979, Vienne, Musikverein (Großer Saal) ; production Hans Weber, Tonmeister Hans-Peter Schweigmann
Distribution :
- Duca di Mantova : Plácido Domingo, ténor
- Rigoletto : Piero Cappuccilli, baryton
- Gilda : Ileana Cotrubas, soprano
- Sparafucile : Nicolai Ghiaurov, basse
- Maddalena : Elena Obraztsova, mezzo-soprano
- Giovanna : Hanna Schwarz, mezzo-soprano
- Monterone : Kurt Moll, basse
- Marullo : Luigi De Corato, baryton
- Borsa : Walter Gullino, ténor
- Conte di Ceprano : Dirk Sagemüller, basse
- Contessa di Ceprano : Olive Fredricks, soprano
Direction : Carlo Maria Giulini ; chef des chœurs : Roberto Benaglio
Orchestre : Wiener Philharmoniker et Wiener Staatsopernchor
Langue : italien
Particularité :
Retour de Giulini à l’opéra après de longues années d’absence, couronné du Deutscher Schallplattenpreis et du Grand Prix international du disque 1981. Sa lecture, sombre et humaine, souvent comparée à un clair-obscur de Rembrandt, privilégie les couleurs graves de la partition. Plácido Domingo, âgé de 37 ans, y livre une des plus grandes interprétations du Duc au disque, Piero Cappuccilli un Rigoletto de pure tradition belcantiste et Ileana Cotrubas une Gilda presque idéale, jugée la meilleure depuis Callas par le critique Jürgen Kesting. Distribution de rêve dans les petits rôles (Kurt Moll en Monterone, Nicolai Ghiaurov en Sparafucile). Souvent citée comme référence moderne de la discographie.

Riccardo Chailly — 1982
Format : DVD (film d’opéra de Jean-Pierre Ponnelle ; playback sur bande préenregistrée)
Label : Decca (DVD NTSC)
Référence : 071 401 (code-barres 0 44007 14019 2)
Année d’enregistrement : 1982 (film tourné en Italie)
Distribution :
- Duca di Mantova : Luciano Pavarotti, ténor
- Rigoletto (et Monterone) : Ingvar Wixell, baryton
- Gilda : Edita Gruberová, soprano
- Sparafucile : Ferruccio Furlanetto, basse
- Maddalena : Victoria Vergara, mezzo-soprano
- Giovanna : Fedora Barbieri, mezzo-soprano
- Marullo : Louis Otey, baryton
- Borsa : Rémy Corazza, ténor
- Conte di Ceprano : Roland Bracht, basse
- Contessa di Ceprano : Kathleen Kuhlmann, mezzo-soprano
Direction : Riccardo Chailly ; réalisation : Jean-Pierre Ponnelle ; production : Horant H. Hohlfeld
Orchestre : Wiener Philharmoniker et Wiener Staatsopernchor
Langue : italien
Particularité :
Film réalisé par Jean-Pierre Ponnelle, tourné en décors réels de la Renaissance italienne : Teatro Farnese de Parme, théâtre de Sabbioneta, parvis de la cathédrale de Crémone, château Saint-Georges et Palazzo Te à Mantoue (image de Pasqualino De Santis). Le Duc de Mantoue est incarné par un Pavarotti flamboyant, dans un des rôles qui ont fait sa gloire au disque comme à l’écran. Ingvar Wixell chante aussi le comte de Monterone. La date « 1981 » avancée dans la demande a été corrigée en 1982, année de production donnée par les sources consultées.

Giuseppe Sinopoli — 1984
Format : CD (2 disques, stéréo)
Label : Philips (réédition « Classics »)
Référence : 412 592-2 (édition CD d’origine)
Année d’enregistrement : 1984, Rome
Distribution :
- Duca di Mantova : Neil Shicoff, ténor
- Rigoletto : Renato Bruson, baryton
- Gilda : Edita Gruberová, soprano
- Sparafucile : Robert Lloyd, basse
- Maddalena : Brigitte Fassbaender, mezzo-soprano
- Giovanna : Jean Rigby, mezzo-soprano
- Monterone : Kurt Rydl, basse
- Marullo : Armando Gabba, baryton
- Borsa : William Matteuzzi, ténor
- Conte di Ceprano : Geoffrey Moses, baryton
- Contessa di Ceprano et un page : Maria Grazia Pittavini, soprano
Direction : Giuseppe Sinopoli
Orchestre : Coro e Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, Rome
Langue : italien
Particularité :
Lecture de Sinopoli intelligente et techniquement impressionnante, louée pour sa clarté, sa puissance et son équilibre, quoique jugée plus volontaire et moins profonde que celle de Giulini. Renato Bruson offre un « Pari siamo » plus varié et plus humain que Milnes ou Cappuccilli ; Edita Gruberová est une Gilda froide mais sympathique et techniquement impeccable ; Neil Shicoff, en revanche, est jugé en dessous de Pavarotti et de Domingo (piano faible, aigus peu élégants dans « La donna è mobile »). Production et prise de son Philips très appréciées.

Lamberto Gardelli — 1984
Format : CD (2 disques, numérique DDD ; durées 51:59 + 61:00)
Label : RCA (collection Opera! RCA Classics ; coproduction BMG et Radio bavaroise, ℗ 1984)
Référence : 74321 25286 2
Année d’enregistrement : 1984 (année du ℗ ; Wikipedia donne 1985), Munich, d’après une coproduction avec la Radio bavaroise ; producteur de la série Niels Hörup
Distribution :
- Duca di Mantova : Giacomo Aragall (Giacomo Jaime Aragall), ténor
- Rigoletto : Bernd Weikl, baryton
- Gilda : Lucia Popp, soprano
- Sparafucile : Jan-Hendrik Rootering, basse
- Maddalena : Klara Takács, contralto
- Giovanna : Helena Jungwirth, mezzo-soprano
- Monterone : Alexander Malta, baryton
- Marullo : Robert Riener, baryton
- Borsa : Alexandru Ionita, ténor
- Conte di Ceprano : Gerhard Auer, basse
- Contessa di Ceprano : Renate Freyer, soprano
- Paggio : Karin Hautermann, soprano
- Usciere : Theodor Nicolai, baryton
Direction : Lamberto Gardelli
Orchestre : Münchner Rundfunkorchester et Chor des Bayerischen Rundfunks
Langue : italien
Particularité :
Version moderne et soignée de Gardelli, déjà chef du Rigoletto du Met en 1967, avec une Lucia Popp charmante et touchante en Gilda et le Duc d’Aragall, d’un timbre « si beau ». Bernd Weikl, au vibrato prononcé, est un Rigoletto moins idiomatique, et la Giovanna est gênée par un tremblement. La direction de Gardelli est louée, mais cette édition n’est pas jugée de premier choix par la critique. Son nom de label précis et la date exacte (1984 selon la pochette, 1985 selon Wikipedia) sont à vérifier.

Riccardo Chailly — 1989
Format : CD (2 disques, numérique ; réédition « The Opera Company »)
Label : Decca (London aux États-Unis)
Référence : 425 864-2 (édition CD d’origine)
Année d’enregistrement : Juin 1988 selon un catalogue de bibliothèque, 1989 selon Wikipedia ; Teatro Comunale, Bologne
Distribution :
- Duca di Mantova : Luciano Pavarotti, ténor
- Rigoletto : Leo Nucci, baryton
- Gilda : June Anderson, soprano
- Sparafucile : Nicolai Ghiaurov, basse
- Maddalena : Shirley Verrett, mezzo-soprano
Direction : Riccardo Chailly
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro Comunale di Bologna
Langue : italien
Particularité :
Seconde participation de Pavarotti au rôle du Duc au disque après Bonynge, ici face au Rigoletto de Leo Nucci, à la Gilda de June Anderson et à un Sparafucile de luxe en Nicolai Ghiaurov, avec Shirley Verrett en Maddalena. Rôles secondaires non lisibles sur la pochette. La date d’enregistrement diverge selon les sources (juin 1988 ou 1989) : à vérifier.

James Levine — 1993
Format : CD (2 disques, numérique ; version intégrale, sans coupure)
Label : Deutsche Grammophon
Référence : 447 064-2
Année d’enregistrement : 1993, New York (Metropolitan Opera) ; paru plusieurs années plus tard
Distribution :
- Duca di Mantova : Luciano Pavarotti, ténor
- Rigoletto : Vladimir Chernov, baryton
- Gilda : Cheryl Studer, soprano
- Sparafucile : Roberto Scandiuzzi, basse
- Maddalena : Denyce Graves, mezzo-soprano
- Monterone : Ildebrando D’Arcangelo, basse
- Marullo : Dwayne Croft, baryton
Direction : James Levine
Orchestre : Orchestre et chœur du Metropolitan Opera
Langue : italien
Particularité :
Version intégrale dirigée par Levine à la tête des forces du Met, vive et lumineuse, avec un orchestre au meilleur de sa forme. Pavarotti, exubérant, est un Duc dans une forme splendide ; Vladimir Chernov, très dramatique et intelligent dans son phrasé, est jugé peu italien de timbre ; la Gilda de Cheryl Studer, émouvante dans « Caro nome », fait débat (intonation et aigus tendus pour certains). Les avis vont de deux à cinq étoiles. Autres rôles secondaires non confirmés. · BBC Music Magazine — Levine 1993 · Levine 1993 (critiques)

Riccardo Muti — 1994
Format : CD (2 disques, numérique, live)
Label : Sony Classical (collection Teatro alla Scala – Riccardo Muti)
Référence : S2K 66314
Année d’enregistrement : Mai 1994, Teatro alla Scala, Milan (live) ; édition parue en 1995
Distribution :
- Duca di Mantova : Roberto Alagna, ténor
- Rigoletto : Renato Bruson, baryton
- Gilda : Andrea Rost, soprano
- Sparafucile : Dimitri Kavrakos, basse
- Maddalena : Mariana Pentcheva, mezzo-soprano
- Giovanna : Antonella Trevisan, mezzo-soprano
- Monterone : Giorgio Giuseppini, basse
- Marullo : Silvestro Sammaritano, baryton
- Borsa : Ernesto Gavazzi, ténor
- Conte di Ceprano : Antonio de Gobbi, basse
- Contessa di Ceprano : Nicoletta Zanini, soprano
- Usciere : Ernesto Panariello
- Paggio : Marilena Laurenza, soprano
Direction : Riccardo Muti
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro alla Scala, Milan
Langue : italien
Particularité :
Captation des représentations scaligères prise « directement sur scène », avec une prise de son distante et un orchestre parfois trop présent. La direction de Muti est vive et rythmiquement tendue, parfois jusqu’à la brusquerie dans le « Sì, vendetta » et le quatuor. Roberto Alagna y signe un Duc remarquable (il chante la variante alternative de Verdi à l’acte III), Andrea Rost est une Gilda ferme et vibrante, très émouvante dans la scène de la mort, Renato Bruson un Rigoletto réfléchi mais au vibrato gênant sous la pression. L’année « 1995 » de la demande, date de parution, a été corrigée en 1994, année de la captation.

Nello Santi — 2006
Format : Blu-ray (1080i, PCM stéréo et DTS-HD Master Audio 7.1 ; durée 128 minutes ; sous-titres en italien, anglais, allemand, français, espagnol et coréen)
Label : Arthaus Musik
Référence : 108 057 (Blu-ray ; production Opernhaus Zürich, © 2006)
Année d’enregistrement : 2006, Opernhaus Zürich (live) ; réalisation télévisuelle Felix Breisach
Distribution :
- Duca di Mantova : Piotr Beczała, ténor
- Rigoletto : Leo Nucci, baryton
- Gilda : Elena Moşuc, soprano
- Sparafucile : László Polgár, basse
- Maddalena : Katharina Peetz, mezzo-soprano
- Giovanna : Kismara Pessatti, mezzo-soprano
- Monterone : Rolf Haunstein, basse
- Marullo : Valeriy Murga, baryton
- Borsa : Bogusław Bidziński, ténor
- Conte di Ceprano : Morgan Moody, basse
- Contessa di Ceprano : Angela Kerrison, soprano
- Usciere : Manuel Betancourt
- Paggio : Martina Welschenbach, soprano
Direction : Nello Santi ; mise en scène : Gilbert Deflo ; décors : William Orlandi ; lumières : Jürgen Hoffmann ; chef des chœurs : Ernst Raffelsberger
Orchestre : Orchestre et chœur de l’Opernhaus Zürich
Langue : italien
Particularité :
Captation de la production de Gilbert Deflo à l’Opéra de Zurich. Leo Nucci, toujours puissant dans son personnage, domine la distribution, face au Duc de Piotr Beczała, jugé excellent dans son grand air, et à la Gilda de Elena Moşuc, bien chantée. La mise en scène, sombre et statique, est critiquée (choeur souvent immobile), comme la direction de Nello Santi, peu fiévreuse mais soignée, qui favorise les applaudissements en cours d’action. Image très nette et son excellent ; l’édition manque en revanche de menu et de livret.

Riccardo Frizza — 2021
Format : CD (2 disques, numérique ; durée 123 min 45 s ; captation live d’une production scénique)
Label : Dynamic (en collaboration avec le Maggio Musicale Fiorentino)
Référence : CDS 7921.02 (EAN 8007144079215)
Année d’enregistrement : 23 février 2021, Teatro del Maggio Musicale Fiorentino, Florence (live) ; prise de son et post-production MASClassica Audio Recording (Claudio Speranzini, Antonio Martino)
Distribution :
- Duca di Mantova : Javier Camarena, ténor
- Rigoletto : Luca Salsi, baryton
- Gilda : Enkeleda Kamani, soprano
- Sparafucile : Alessio Cacciamani, basse
- Maddalena : Caterina Piva, mezzo-soprano
- Giovanna : Valentina Corò, mezzo-soprano
- Monterone : Roman Lyulkin, basse
- Marullo : Francesco Samuele Venuti, baryton
- Borsa : Antonio Garés, ténor
- Conte di Ceprano : Davide Piva, basse
- Contessa di Ceprano : Rosalia Cíd, soprano
- Usciere di corte : Amin Ahangaran
- Paggio della Duchessa : Greta Doveri, soprano
Direction : Riccardo Frizza ; chef des chœurs : Lorenzo Fratini
Orchestre : Coro e Orchestra del Maggio Musicale Fiorentino
Langue : italien
Particularité :
Captation de la nouvelle production de Davide Livermore, filmée en pleine période de restrictions sanitaires (choristes masqués sur la pochette). Luca Salsi y remplace Leo Nucci, qui avait renoncé pour raisons de santé avant sa vaccination. Édition de référence : Edwin F. Kalmus, Boca Raton. Le livret italien-anglais est disponible sur le site de l’éditeur. · MusicWeb — Molajoli 1930 · Gramophone — Sinopoli 1984 · Gramophone — Muti 1994 · Wikipedia — Rigoletto (film, 1982) · MusicWeb — Santi 2006 · OperaWire — Florence 2021
Postérité :
Avec Il trovatore et La traviata, créés dans les deux années suivantes, Rigoletto forme la « trilogie populaire » de Verdi et s’impose dès les années 1850 sur toutes les grandes scènes (Covent Garden en 1853, New York en 1855). Le musicologue Julian Budden le juge « révolutionnaire » par l’absence d’airs et de finales conventionnels ; le quatuor de l’acte III, qui superpose quatre sentiments distincts, fascina Hugo lui-même, et la tempête, avec son chœur à bouche fermée, est une scène orchestrale d’une grande nouveauté. Opéra emblématique du grand répertoire, il a été enregistré dès 1912 et possède une discographie très riche : Callas et Gobbi chez Serafin, Merrill chez Perlea puis Solti, Bastianini chez Gavazzeni et le trio Sutherland-Pavarotti-Milnes de Bonynge en sont quelques jalons.
Sources :
Wikipedia — Rigoletto · Wikipedia — Rigoletto discography · MusicWeb — Serafin 1955 · MusicWeb — Mugnai 1952 · MusicWeb — Perlea 1956 · MusicWeb — Gavazzeni 1960 · MusicWeb — Solti 1963 · MusicWeb — Rigoletto, discographical conspectus · Metropolitan Opera Shop — Gardelli 1967 · Warner Classics — Mexico 1952






Laisser un commentaire