Format :
- Dramma per musica en 3 actes.
- Musique : Tommaso Traetta (1727-1779).
- Livret : Marco Coltellini (1719-1777), d’après Euripide.
- Langue : italien.
Création :
4 octobre 1763, théâtre de la cour du château de Schönbrunn, Vienne, pour les fêtes du nom des souverains impériaux (4 et 15 octobre). Le livret imprimé porte la mention « Festeggiandosi li felicissimi nomi delle loro maestà imperiali e reali ».
Créateurs : Oreste, le castrat alto Gaetano Guadagni ; Ifigenia et Toante, Rosa et Giuseppe Tibaldi ; Pilade, Giovanni Toschi. Gluck dirigeait lui-même la création.
Traetta, qui avait été maître de chapelle à la cour de Parme, travaillait alors à Vienne ; il partira en 1768 pour Saint-Pétersbourg, où sera créée son Antigona (1772).
Livret :
Marco Coltellini, ténor et imprimeur connu aussi comme l’auteur de La finta semplice de Mozart, a travaillé pour Hasse, Paisiello et Gluck. Le drame d’Euripide, avec ses récits de messagers et ses échanges strophiques avec le chœur, était difficile à adapter aux conventions de l’opéra ; l’épisode de Tauride avait jusque-là inspiré bien moins de mises en musique que celui d’Aulis. Traetta en tire une partition où les récitatifs, denses, colorent le dialogue d’émotion au moment même où il est dit, et où les chœurs prennent une importance inhabituelle. Le livret de présentation du disque souligne la proximité avec Gluck et sa maxime selon laquelle la musique doit servir le drame.
Intrigue :
- Contexte : Agamemnon avait décidé de sacrifier sa fille Iphigénie pour apaiser Diane ; la déesse l’a secrètement sauvée et transportée en Tauride, île du tyran Thoas, où elle sert dans le temple de Pallas Athéna. Clytemnestre, croyant sa fille sacrifiée, a tué Agamemnon, puis Oreste a tué sa mère. Un oracle a déclaré que le matricide, poursuivi par les Furies, ne trouverait la délivrance qu’en volant la statue sacrée du temple de Tauride pour la rapporter à Argos.
- Acte I : Oreste a abordé en Tauride avec son ami Pylade pour dérober la statue. Contre l’avis de Pylade, il décide de pénétrer aussitôt dans le palais. Iphigénie, qui doit depuis quinze ans sacrifier à la déesse tout étranger foulant le sol de la Tauride, attend d’être délivrée. Quand Oreste prisonnier est conduit devant elle, frère et sœur ne se reconnaissent pas, mais elle est profondément émue par cet étranger qu’elle devine de sa patrie. Les hallucinations d’Oreste lui servent de prétexte pour faire retarder le sacrifice par Thoas.
- Acte II : Iphigénie n’a pas pu convaincre Thoas de renoncer au sacrifice et songe à se donner la mort. Pylade trouve en Doris, l’unique alliée d’Iphigénie, une complice qui le conduit secrètement dans le temple. Oreste, tourmenté par les Furies, voit en rêve le spectre de Clytemnestre dont il croit reconnaître les traits en Iphigénie. Elle l’interroge sur sa patrie et apprend la mort de ses parents, mais Oreste n’ose lui révéler son identité. Doris réunit Oreste et Pylade et leur montre un passage secret ; Oreste s’empare de la statue. Devant Thoas, Doris avoue avoir aidé les deux étrangers, et le tyran promet une vengeance sanglante.
- Acte III : Oreste s’apprête à partir, constate la disparition de Pylade et part à sa recherche. Thoas menace ouvertement Iphigénie. Pylade, capturé, doit être sacrifié par elle avec la traîtresse Doris ; Oreste, surgi pendant les préparatifs, est saisi par les gardes et doit être immolé aussi. Pylade révèle son identité : Iphigénie refuse d’accomplir le sacrifice, Thoas veut tuer Oreste lui-même, et Iphigénie poignarde le tyran. Elle annonce qu’elle conduira les habitants libérés de Tauride vers sa patrie et serre Oreste dans ses bras.
Enregistrement :

Christophe Rousset — 2026
Format : CD
Label : Aparté (Little Tribeca), ℗ 2026 Les Talens Lyriques
Référence : AP399
Année d’enregistrement : 27-29 août 2025, Innsbrucker Festwochen der Alten Musik, Tiroler Landestheater, Innsbruck (enregistrement réalisé pendant les représentations scéniques ; parution en 2026)
Distribution :
- Ifigenia : Rocío Pérez
- Oreste : Rafał Tomkiewicz
- Pilade : Suzanne Jerosme
- Toante : Alasdair Kent
- Dori : Karolina Bengtsson
Direction : Christophe Rousset (également au clavecin)
Orchestre : Les Talens Lyriques
Chœur : Novocanto, direction Wolfgang Kostner
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement mondial de l’œuvre, d’après l’édition critique de Bernardo Ticci. Il est tiré d’une nouvelle production scénique du Tiroler Landestheater d’Innsbruck mise en scène par Nicola Raab (décors et costumes Madeleine Boyd, lumières Ralph Kopp).
Postérité :
Le livret de présentation du disque rappelle que Gluck a créé son Iphigénie en Tauride à Paris le 18 mai 1779, et se demande si la ressemblance de la scène d’Oreste et des Furies avec celle de Traetta relève de la coïncidence.
Sources :
Livret du CD Aparté AP399 (synopsis, essais de Christian Baier et Andreas Gier, crédits d’enregistrement).






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