Format :
- Azione coro-drammatica (cantate scénique) en un acte, pour trois sopranos, deux ténors, chœur et orchestre, avec ballets interpolés.
- Musique : Gioachino Rossini.
- Livret : Angelo Maria Ricci.
- Langue : italien
Création :
24 avril 1816, Teatro del Fondo, Naples.
Composée au printemps 1816 pour les festivités du mariage du duc de Berry, Charles-Ferdinand d’Artois, neveu de Louis XVIII, avec Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, nièce du roi Ferdinand IV de Naples. Impresario des théâtres royaux, Domenico Barbaja confie la commande à Rossini, tout juste auréolé du succès d’Elisabetta, regina d’Inghilterra. Elle est créée dans une production fastueuse avec Andrea Nozzari (Giove), Isabella Colbran (Cerere), Margherita Chabran (Teti), Giovanni David (Peleo) et Girolama Dardanelli (Giunone) ; le ballet qui l’accompagnait, de Robert Gallenberg, est aujourd’hui perdu.
Livret :
Angelo Maria Ricci (1776-1850) puise dans la légende antique des noces de la néréide Thétis et du héros Pélée, futurs parents d’Achille, que relatent Ovide, Catulle et les Chants cypriens, tout en mêlant mythologie grecque et romaine (Zeus devient Jove, les Érinyes sont convoquées avec les divinités romaines). Il identifie explicitement les mariés mythiques au couple princier, et fait annoncer un destin heureux pour la dynastie des Bourbons.
Intrigue :
- Acte unique : Dans une vaste plaine entourée de collines, Cupidon et Hymen unissent leurs autels, tandis que divinités et nymphes accourent pour l’arrivée d’un souverain humain. Pélée, impatient, reproche aux dieux de le faire attendre et implore le ciel de hâter l’union voulue par le Destin ; il croit voir Thétis partout jusqu’à ce que le souffle du vent annonce son arrivée. Les deux amants, première immortelle à épouser un mortel, se réjouissent de leur avenir. Jove et les dieux de l’Olympe descendent sur terre, et Jove explique que le couple préfigure un couple humain à venir. Après un grand ballet, les dieux invitent les époux à l’autel ; lorsque surgit le visage d’Éris, semeuse de discorde, Jove la renvoie aux enfers à coups de foudre, et tous invoquent la paix. Junon et Cérès, déesses de la fécondité, promettent leur protection à l’union ; Cérès apaise la colère de Thétis, qui n’est plus effrayée par les puissances infernales. Jove dévoile enfin son dessein : sur son signal apparaît un tableau lumineux montrant le duc de Berry et Marie-Caroline accueillis sur le trône par Louis XVIII, et le chœur célèbre les époux en prédisant la naissance d’un héros.
Enregistrement(s) :

Marc Andreae — 1998
Format : CD (publié en 1998-1999).
Label : Hänssler Classic (collection Collector), première discographique
Référence : Hänssler 91111
Année d’enregistrement : 1998 (date et lieu non indiqués sur la pochette).
Distribution (attribution individuelle des rôles non indiquée dans les sources consultées) :
- Tatiana Korovina, soprano
- Magdalena Schäfer, soprano
- Sonia Malta, mezzo-soprano
- Donald George, ténor
- Juan José Lopera, ténor
Direction : Marc Andreae
Orchestre : Virtuosi di Praga
Chœur : Tschechischer Kammerchor (chœur de chambre tchèque)
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement de l’ouvrage, complété par la musique de ballet de la cantate Omaggio umiliato. L’édition est une coproduction avec la radio SDR (Süddeutscher Rundfunk).

Pietro Rizzo — 2020
Format : CD (parution le 10 juillet 2020).
Label : Naxos (série « Rossini in Wildbad »)
Référence : Naxos 8.574282
Année d’enregistrement : 24 et 26 juillet 2018, Trinkhalle, Bad Wildbad (live, XXXe festival Rossini in Wildbad).
Distribution :
- Giove : Joshua Stewart, ténor
- Cerere : Leonor Bonilla, soprano
- Teti : Eleonora Bellocci, soprano
- Peleo : Mert Süngü, ténor
- Giunone : Marina Comparato, mezzo-soprano
Direction : Pietro Rizzo
Orchestre : Virtuosi Brunensis
Chœur : Górecki Chamber Choir, Cracovie (direction : Mateusz Prendota)
Langue : italien
Particularité :
Captation live de l’édition critique de la Fondation Rossini de Pesaro (1993, Guido Johannes Joerg). La critique a salué une exécution pleine d’exubérance, avec la Cerere de Leonor Bonilla et la Teti de Eleonora Bellocci, en déplorant quelques bruits de salle.
Postérité :
Œuvre de circonstance liée à un mariage princier, la cantate est restée dans l’ombre des opéras de Rossini et a longtemps été peu jouée. Rossini y emploie, comme souvent, des pages déjà utilisées ailleurs, ce qui lui donne un parfum de familiarité. Elle revit depuis la fin du XXe siècle grâce à des enregistrements comme ceux présentés ici, et à la reprise de Bad Wildbad.






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