Format :
- Melodramma tragico (opera seria) en 2 actes.
- Musique : Gioachino Rossini.
- Livret : Gaetano Rossi, d’après la tragédie Sémiramis de Voltaire.
- Langue : italien
Création :
3 février 1823, Teatro La Fenice, Venise.
Dernier opéra italien de Rossini, composé en 33 jours, avant son départ pour Paris. Créé sous la direction d’Antonio Cammerra avec Isabella Colbran (Semiramide), Rosa Mariani (Arsace), Filippo Galli (Assur), John Sinclair (Idreno), Luciano Mariani (Oroe), Matilde Spagna (Azema), Gaetano Rambaldi (Mitrane) et Natale Ciolli (l’ombre de Nino). Il fut donné 28 fois à Venise durant la saison. Richard Osborne l’a qualifié de « Tancredi revisité », et Rodolfo Celletti de « dernier opéra de la grande tradition baroque ».
Livret :
Gaetano Rossi adapte la tragédie Sémiramis de Voltaire (1748), elle-même issue de la légende de la reine d’Assyrie. L’action se déroule à Babylone, autour d’un meurtre royal, d’un fils caché et d’un fantôme qui exige vengeance.
Intrigue :
- Acte I : Quinze ans après qu’elle a assassiné son époux, le roi Nino, avec son amant le prince Assur, la reine Semiramide s’apprête à désigner un successeur dans le temple de Baal. Arsace, jeune chef de l’armée, qu’elle ignore être Ninia, son propre fils, rentre à Babylone par amour pour la princesse Azema. Semiramide, croyant être aimée, le désigne comme époux et roi. Au moment de la bénédiction nuptiale, l’ombre de Nino jaillit de son tombeau et ordonne que le nouveau roi venge sa mort avec le sang de ses assassins.
- Acte II : Semiramide et Assur se querellent à propos de leur crime passé. Le grand prêtre Oroe révèle à Arsace qu’il est le fils de Nino, qui devra venger son père. Arsace remet à Semiramide le rouleau qui dévoile son identité et son crime ; elle implore la mort, mais il lui pardonne en tant que mère, tout en se sachant tenu au devoir. Assur décide de tuer Arsace dans le mausolée de Nino. Dans l’obscurité du caveau, Arsace frappe, sur l’ordre de l’ombre, mais Semiramide s’interpose et reçoit le coup mortel. Assur est arrêté, Oroe empêche Arsace de se donner la mort et le peuple le proclame roi.
Enregistrement(s) :

Gabriele Santini — 1962
Format : 2 CD (live ; éditions diverses, dont Opera Italiana OPI 34 et Arkadia).
Label : Opera Italiana (Armando Curcio Editore)
Référence : Opera Italiana OPI 34 ; initialement E.J. Smith « The Golden Age of Opera » EJS 259 (3 LP, 1963) et Fonit Cetra Documents DOC 40 (3 LP, 1983)
Année d’enregistrement : 19 décembre 1962, Teatro alla Scala, Milan (live).
Distribution :
- Semiramide : Joan Sutherland, soprano
- Arsace : Giulietta Simionato, mezzo-soprano
- Assur : Wladimiro Ganzarolli, baryton-basse
- Idreno : Gianni Raimondi, ténor
- Oroe : Ferruccio Mazzoli, basse
- L’ombre de Nino : Antonio Zerbini, basse
- Mitrane : Giuseppe Bertinazzo, ténor
- Azema : Manuela Bianchi, soprano
Direction : Gabriele Santini
Orchestre : Orchestre du Teatro alla Scala
Chœur : Chœur du Teatro alla Scala
Langue : italien
Particularité :
Captation d’une soirée scaligère qui réunit Joan Sutherland et Giulietta Simionato, quelques années avant l’enregistrement de studio de Bonynge pour Decca.

Richard Bonynge — 1971
Format : 2 CD (live).
Label : Bella Voce
Référence : Bella Voce BLV 107 229
Année d’enregistrement : 24 septembre 1971, Civic Opera House, Chicago (live).
Distribution :
- Semiramide : Joan Sutherland, soprano
- Arsace : Marilyn Horne, mezzo-soprano
- Assur : Spiro Malas, basse
- Idreno : Pietro Bottazzo, ténor
- Oroe : Agostino Ferrin, basse
Direction : Richard Bonynge
Orchestre : Orchestre du Lyric Opera of Chicago
Chœur : Chœur du Lyric Opera of Chicago
Langue : italien
Particularité :
Représentation du Lyric Opera of Chicago avec Joan Sutherland, Marilyn Horne et Richard Bonynge à la direction. Les autres rôles ne sont pas indiqués dans les sources consultées.

Ion Marin — 1994
Format : 3 CD.
Label : Deutsche Grammophon
Référence : DG 437 797-2 (1994)
Année d’enregistrement : Juillet 1992, Londres (studio).
Distribution :
- Semiramide : Cheryl Studer, soprano
- Arsace : Jennifer Larmore, mezzo-soprano
- Assur : Samuel Ramey, basse
- Idreno : Frank Lopardo, ténor
- Oroe : Jan-Hendrik Rootering, basse
- L’ombre de Nino : Romuald Tesarowicz, basse
- Mitrane : Octavio Arévalo, ténor
- Azema : Julia Faulkner, soprano
Direction : Ion Marin
Orchestre : London Symphony Orchestra
Chœur : Ambrosian Opera Chorus
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement de studio de référence des années 1990, avec la Semiramide de Cheryl Studer et l’Assur de Samuel Ramey. Gramophone lui a reproché la direction « téméraire » de Marin, malgré une distribution jugée plausible et puissante.

Sir Mark Elder — 2018
Format : 4 CD.
Label : Opera Rara
Référence : Opera Rara ORC 57 (2018)
Année d’enregistrement : Août-septembre 2016, Henry Wood Hall, Londres (studio).
Distribution :
- Semiramide : Albina Shagimuratova, soprano
- Arsace : Daniela Barcellona, contralto
- Assur : Mirco Palazzi, basse-baryton
- Idreno : Barry Banks, ténor
- Oroe : Gianluca Buratto, basse
- Azema : Susana Gaspar, soprano
- Mitrane : David Butt Philip, ténor
- L’ombre de Nino : James Platt, basse
Direction : Sir Mark Elder (assistant : Robin Newton)
Orchestre : Orchestra of the Age of Enlightenment (premier violon : Matthew Truscott)
Chœur : Opera Rara Chorus (chef de chœur : Madeleine Venner)
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement presque intégral de l’ouvrage, dans l’édition critique de Philip Gossett (Ricordi), qui rétablit des passages traditionnellement coupés, avec instruments d’époque et fanfare de scène (banda). Gramophone y voit la version la plus complète et la plus convaincante, avec la Semiramide de Shagimuratova et l’Arsace de Barcellona, et note qu’Assur a été tenu par Mirco Palazzi au pied levé.
Postérité :
Après 28 représentations à Venise, Semiramide est joué à Londres (1824) et à New York (1845), puis quitte progressivement le répertoire à la fin du XIXe siècle malgré des reprises à Rome (1880), Cincinnati (1882) et au Metropolitan Opera (1892-1895). Sa redécouverte moderne passe par Aix-en-Provence (1980), la production du Met fondée sur l’édition critique (1990) et le Royal Opera House (2017), tandis que les enregistrements présentés ici restituent peu à peu l’œuvre dans son ampleur d’origine, d’environ cinq heures.






Laisser un commentaire