Format :
- Dramma per musica en 2 actes.
- Musique : Gioachino Rossini.
- Livret : Giuseppe Foppa, librettiste vénitien déjà auteur de nombreux textes pour la scène lyrique.
- Langue : Italien.
Création :
26 décembre 1814, au Gran Teatro La Fenice de Venise.
Rossini, alors âgé de vingt-deux ans, est déjà célèbre depuis les succès de Tancredi et de L’italiana in Algeri, et l’on attend beaucoup de lui à Venise pour la saison de carnaval 1814-1815. Avec Sigismondo, il s’éloigne pourtant de la veine comique ou héroïque qui a fait son succès pour explorer le trouble psychologique. L’ouvrage, accueilli par un fiasco le soir de la première, disparaît rapidement du répertoire.
Livret :
Giuseppe Foppa s’appuie sur un thème ancien de l’opéra du temps : celui de l’épouse injustement calomniée, répudiée, qui vit cachée jusqu’à ce que son innocence soit reconnue et qu’elle retrouve son époux. Le texte, qui situe l’action dans une Pologne de convention, fait du roi Sigismondo un monarque rongé par le remords et au bord de la folie, hanté par le souvenir de la reine qu’il a fait condamner sans l’entendre.
Intrigue :
- Acte I : Le roi de Pologne Sigismondo, en proie à des visions, confie à son premier ministre Ladislao qu’il croit être hanté par le fantôme de son ancienne épouse Aldimira, qu’il a fait condamner à mort pour une prétendue infidélité sans jamais l’entendre. Ulderico, père d’Aldimira, a de son côté levé une armée pour venger la mort présumée de sa fille. Aldimira a pourtant trouvé refuge chez Zenovito, en lisière de la forêt, où elle se fait passer pour sa fille sous le nom d’Egelinda ; Zenovito lui rappelle que Ladislao, repoussé par elle, avait ourdi l’intrigue qui l’a perdue. Lors d’une chasse, Sigismondo et Ladislao rencontrent « Egelinda » et sont bouleversés par sa ressemblance avec la reine disparue. Zenovito suggère de la présenter à la cour comme nouvelle reine afin de tromper Ulderico et d’apaiser le royaume, mais Ladislao entend secrètement faire échouer ce projet. Aldimira redoute de paraître à la cour, mais Sigismondo la persuade ; la forêt est alors cernée par les soldats d’Ulderico.
- Acte II : Radoski, confident de Ladislao, s’étonne de la ressemblance entre Egelinda et l’ancienne reine, tandis qu’Anagilda, sœur de Ladislao, se voit promise au trône. Aldimira et Sigismondo, bouleversés, laissent éclater leur tendresse mutuelle. Ladislao révèle à Ulderico que Sigismondo a jadis fait exécuter son épouse et en fait aujourd’hui passer une autre pour Aldimira. Grâce à une lettre que lui remet Radoski, Aldimira se fait enfin reconnaître. L’intrigue de Ladislao est démasquée : il est condamné à la prison à vie, tandis que Sigismondo et Aldimira sont réunis et réconciliés avec Ulderico.
Enregistrement(s)

Richard Bonynge — 1992
Format : CD (2 disques)
Label : Bongiovanni (collection Novità del Passato)
Référence : IMS 2131/2
Année d’enregistrement : 1992, lors de représentations à Rovigo (enregistrement en public, montage de plusieurs soirées ; date précise non indiquée)
Distribution :
- Sigismondo : Sonia Ganassi, mezzo-soprano
- Aldimira : Rosella Ragatzu, soprano
- Anagilda : Nicoletta Zanini
- Ladislao : Bruno Lazzaretti, ténor
- Ulderico : Giacomo Prestia, basse
- Radoski : Filippo Pina
Direction : Richard Bonynge
Orchestre : Orchestre du Conservatorio Venezze de Rovigo ; Chœur Autunno Trivigiano
Langue : Italien
Particularité :
Enregistrement capté en public à Rovigo sous la direction de Richard Bonynge, grand défenseur du bel canto rossinien. Le rôle-titre, écrit pour une voix féminine, est tenu par Sonia Ganassi. La distribution recensée ne mentionne pas le rôle de Zenovito. Une édition précieuse pour qui veut découvrir cette partition rarement jouée.

Keri-Lynn Wilson — 2019
Format : CD (2 disques)
Label : BR Klassik
Référence : 900327
Année d’enregistrement : 2019 (diffusion radiophonique en public ; date et lieu précis non indiqués dans les sources consultées)
Distribution :
- Sigismondo : Marianna Pizzolato, mezzo-soprano
- Aldimira : Hera Hyesang Park, soprano
- Anagilda : Rachel Kelly, mezzo-soprano
- Ladislao : Kenneth Tarver, ténor
- Radoski : Gavan Ring, baryton
- Zenovito : Guido Loconsolo, basse-baryton
- Ulderico : Il Hong, basse
- Pianoforte : Olga Watts
Direction : Keri-Lynn Wilson
Orchestre : Münchner Rundfunkorchester ; Chœur de la Radio bavaroise (Chor des Bayerischen Rundfunks), chef de chœur Yuval Weinberg
Langue : Italien
Particularité :
Version plus récente et plus complète en termes de distribution, avec les sept rôles de la partition. Keri-Lynn Wilson dirige les forces musicales de la radio bavaroise, et le continuo est confié à un pianoforte. Le livret d’accompagnement bilingue allemand-anglais comprend un essai sur l’œuvre, le résumé de l’intrigue et la liste détaillée des plages.
Postérité :
Après l’échec vénitien de 1814, Sigismondo n’a connu que de rares reprises et est resté longtemps parmi les ouvrages les moins joués de Rossini. Les commentateurs soulignent aujourd’hui la modernité de sa dramaturgie, qui traite la folie et le remords avec un soin psychologique inhabituel pour l’époque, ainsi que la richesse de certaines scènes, comme la grande scène du roi au second acte. Les deux enregistrements existants, séparés de plus d’un quart de siècle, permettent de redécouvrir cet opéra méconnu, auquel la scène n’a pas encore rendu toute sa place.






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