Format :
- Azione sacra (action sacrée) en trois épisodes et quatre tableaux, avec prologue.
- Musique : Licinio Refice (1883-1954).
- Livret : Emidio Mucci.
- Langue : italien.
Création :
15 février 1934, Teatro Reale dell’Opera, Rome (l’ancien Teatro Costanzi, fraîchement rénové par Marcello Piacentini), sous la direction d’Edoardo Vitale, avec la soprano Claudia Muzio dans le rôle-titre.
Refice, prêtre (ordonné en 1905) et maître de chapelle de la Cappella Liberiana de Santa Maria Maggiore, avait achevé la partition en 1924 pour l’Année sainte de 1925. Mais l’idée de faire représenter une œuvre d’inspiration sacrée dans un théâtre se heurtait à la réticence de l’Église, et les tensions entre le Vatican et le régime fasciste retardèrent le projet ; ce n’est qu’après la signature des accords du Latran (février 1929) que la voie fut libre. La création fut un franc succès public, saluée par L’Osservatore Romano et par la presse, même si certains, dont Don Lorenzo Perosi, restèrent réservés.
Livret :
Emidio Mucci s’inspire de la légende de sainte Cécile, patronne des musiciens, martyre romaine du IIIᵉ siècle qui, mariée à Valérien, le convertit ainsi que son frère Tiburce. Le livret, d’une syllabation volontiers tortueuse et d’un style décadent, est souvent considéré comme le point faible de l’œuvre, face à une partition d’une grande qualité.
Intrigue :
- Prologue (L’Annonciation) : Le rideau s’entrouvre sur Cécile représentée comme dans la mosaïque de la crypte de la basilique romaine qui lui est dédiée, bras ouverts et yeux tournés vers le ciel ; la voix de l’Ange de Dieu annonce son histoire.
- Premier épisode : Dans l’atrium du palais des Valerii, des affranchis et des esclaves préparent la fête des noces et évoquent la beauté de la jeune épousée. Cécile, mariée à Valérien, lui avoue avoir fait vœu de chasteté et lui demande de la respecter ; Valérien, d’abord pressant, est confronté à la présence de l’Ange qui protège la jeune femme.
- Deuxième épisode : Dans les catacombes de Prétextat, les chrétiens se rassemblent autour d’une vieille aveugle qui retrouve miraculeusement la vue. L’évêque Urbain évoque la conversion de saint Paul sur la route de Damas ; Valérien se convertit et reçoit le baptême. L’Ange apporte aux époux des couronnes de lys et de roses.
- Troisième épisode (deux tableaux) : Devant le préfet Amachius (Almachio), Cécile refuse de renier le Christ et est condamnée à être enfermée dans la chambre chauffée des bains, d’où elle fait entendre son chant de foi. L’évêque Urbain et le chœur des chrétiens écoutent ce chant, qui conclut l’œuvre sur le martyre de la sainte.
Enregistrements :

Marco Fracassi — 2013
Format : 2 CD (2 h 06 min), enregistrement live, collection « Novità del Passato ».
Label : Bongiovanni.
Référence : GB 2472/73-2.
Année d’enregistrement : 22 novembre 2013, en concert, Monte-Carlo (parution en 2015).
Distribution :
- Cecilia : Denia Mazzola Gavazzeni, soprano
- Valeriano : Giuseppe Veneziano, ténor
- Tiburzio, Amachio : Corrado Cappitta, baryton
- Il Vescovo Urbano : Riccardo Ristori, baryton
- L’Angelo di Dio : Serena Pasquini, soprano
- La vecchia cieca : Kulli Tomingas, mezzo-soprano
- Un liberto : Fabrizio Mercurio
- Uno schiavo : Pilade Carrai
Direction : Marco Fracassi
Orchestre : Orchestra Filarmonica Italiana ; Coro La Camerata di Cremona
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement intégral du commerce de l’œuvre. La critique salue la belle tenue de l’orchestre et du chœur et une direction sérieuse, voire prosaïque, mais juge la distribution inégale : la Cecilia de Denia Mazzola Gavazzeni, engagée et intelligente, manque parfois de stabilité et de luminosité, tandis que Serena Pasquini (l’Ange) et Kulli Tomingas (la vieille aveugle) comptent parmi les voix les plus appréciées.

Giuseppe Grazioli — 2023
Format : 2 CD (1 h 53 min), enregistrement live (montage de représentations), livret italien avec traduction anglaise.
Label : Dynamic.
Référence : CDS7967.02.
Année d’enregistrement : 29 janvier et 1ᵉʳ-5 février 2022, Teatro Lirico di Cagliari (parution en 2023).
Distribution :
- Cecilia : Marta Mari, soprano
- Valeriano : Mickael Spadaccini, ténor
- Tiburzio, Amachio : Leon Kim, baryton
- Il Vescovo Urbano : Alessandro Spina, basse
- L’Angelo di Dio : Elena Schirru, soprano
- La vecchia cieca : Giuseppina Piunti, mezzo-soprano
- Un liberto, Un neofita : Christian Collia, ténor
- Uno schiavo : Patrizio La Placa, baryton
Direction : Giuseppe Grazioli (chef de chœur : Giovanni Andreoli)
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro Lirico di Cagliari
Langue : italien
Particularité :
Présenté comme un enregistrement mondial en première (« world première recording »), tiré des représentations de Cagliari, avec le livret complet. La critique y voit une version honorable mais perfectible : l’orchestre est riche et sonore, les chœurs comptent parmi ses meilleurs atouts, Marta Mari est la plus remarquée dans les passages intimes du troisième épisode et Alessandro Spina (l’évêque Urbain) est le plus solide des solistes, alors que d’autres voix sont jugées moins heureuses.
Postérité :
Longtemps éclipsée, Cecilia connut un réel succès en Italie et en Amérique du Sud, où Refice se rendait souvent pour en suivre les reprises, et où elle fut portée à la scène par de grandes divas. En 1953, Refice dirigea lui-même l’œuvre à Naples (Teatro San Carlo) avec Renata Tebaldi dans le rôle-titre, et il mourut à Rio de Janeiro en septembre 1954, pendant les répétitions d’une production où Tebaldi chantait Cecilia. Le rôle a aussi été défendu par Renata Scotto (enregistrement VAI, version abrégée). Stylistiquement entre Puccini et Respighi, avec ses citations grégoriennes, ses leitmotive et le rôle central du chœur, l’œuvre est aujourd’hui redécouverte dans le cadre de la réévaluation du répertoire italien de l’entre-deux-guerres.

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