Note personnelle : , ,

Purcell, Henry — Dido & Aeneas (1689)

Format :

  • Opéra de chambre (« masque » lyrique) en trois actes, précédés d’un prologue aujourd’hui perdu (Z. 626).
  • Musique : Henry Purcell.
  • Livret : Nahum Tate, d’après le livre IV de l’Énéide de Virgile et sa propre pièce Brutus of Alba, or The Enchanted Lovers (1678).
  • Langue : anglais.

Création :

1689 (date traditionnelle, que certains musicologues font remonter aux années 1683-1685), au pensionnat de jeunes filles de Josias Priest, à Chelsea (Londres).
Purcell, alors âgé d’une trentaine d’années, est organiste de Westminster Abbey et de la Chapelle royale, et le compositeur le plus admiré de l’Angleterre de la Restauration. Nourri de la tradition polyphonique anglaise, des fantaisies pour violes et du « masque » de cour, il connaît aussi parfaitement le récitatif italien et l’écriture orchestrale de Lully, dont on perçoit l’empreinte dans l’ouverture à la française. Dido and Aeneas, son unique opéra intégralement chanté, demeure une exception dans son catalogue, presque tout entier consacré aux odes, aux anthems et aux musiques de scène.

Livret :

Nahum Tate (1652-1715), futur poète lauréat d’Angleterre, tire son livret du livre IV de l’Énéide : le prince troyen Énée, jeté par la tempête sur les côtes de Carthage, y est accueilli par la reine Didon, veuve de Sichée, avant que les dieux ne lui ordonnent de partir fonder Rome. Tate s’écarte de Virgile sur deux points décisifs : il substitue aux divinités de l’Olympe une Magicienne et ses sorcières, ennemies de Carthage et de sa reine, et il fait mourir Didon de chagrin plutôt que de la jeter sur le bûcher. Le texte, d’une grande concision, tient de la moralité : la partition conservée, dont le prologue manque et dont plusieurs danses et un chœur de la fin du deuxième acte sont perdus, ne nous est parvenue que par des copies tardives du XVIIIe siècle.

Intrigue :

  • Acte I : Au palais de Carthage, Didon, accablée d’une peine qu’elle ne peut avouer, résiste aux exhortations de sa confidente Belinda, qui lui rappelle que l’union avec le prince troyen assurerait le salut de Carthage. Énée paraît et la presse de son amour ; Didon finit par céder et la cour célèbre l’alliance dans une danse triomphale.
  • Acte II : Dans leur antre, la Magicienne et ses sorcières trament la perte de Didon : un de leurs esprits, sous les traits de Mercure, enjoindra à Énée de quitter Carthage dès le soir même, tandis qu’une tempête chassera la cour de la chasse. Dans le bosquet, la partie de chasse bat son plein quand l’orage éclate ; tous s’enfuient, et l’Esprit, déguisé en messager de Jupiter, ordonne à Énée de partir. Énée se résigne à obéir.
  • Acte III : Sur le port, les marins s’apprêtent à lever l’ancre et les sorcières se réjouissent du succès de leur méfait. Énée vient annoncer à Didon son départ ; elle le chasse avec fureur, même lorsqu’il offre de braver les dieux pour rester. Restée seule avec Belinda, elle chante son lamento « When I am laid in earth » sur une basse obstinée qui s’enfonce, puis meurt, tandis que les amours viennent déposer des roses sur sa tombe dans le chœur final « With drooping wings ».

Enregistrement(s) :

Charles Mackerras — 1967

Format : CD (1 disque) — réédition de la collection « Purcell Collection »
Label : Deutsche Grammophon (Archiv Produktion)
Référence : 447 148-2
Année d’enregistrement : 1967
Distribution :

  • Didon : Tatiana Troyanos, mezzo-soprano
  • Belinda : Sheila Armstrong, soprano
  • Énée : Barry McDaniel, baryton
  • La Magicienne : Patricia Johnson, mezzo-soprano

Direction : Charles Mackerras
Orchestre : Orchestre de chambre de la NDR et Monteverdi-Chor
Langue : Anglais

Particularité :

Gravé avant la vague des instruments d’époque, ce témoignage de 1967 confie la partition à un orchestre de chambre moderne et à un chœur de grande qualité, sous la baguette d’un chef connu pour son instinct théâtral. Tatiana Troyanos, jeune mezzo-soprano américaine alors à l’orée de sa carrière européenne, y campe une Didon ample et passionnée, loin des sopranos légères de la tradition baroqueuse. Sheila Armstrong est une Belinda lumineuse, Patricia Johnson une Magicienne mordante. La lecture, romantique par sa chaleur sonore, offre un précieux point de comparaison avec les approches historiquement informées qui suivront.

Andrew Parrott — 1981

Format : CD (1 disque) — réédition de la collection « Les indispensables de Diapason » (Diapason d’or)
Label : Chandos
Référence : CHAN 0521 (édition originale sous la référence CHAN 8306)
Année d’enregistrement : 3-5 janvier 1981, Rosslyn Hill Chapel, Londres
Distribution :

  • Didon : Emma Kirkby, soprano
  • Belinda : Judith Nelson, soprano
  • Énée : David Thomas, basse
  • La Magicienne : Jantina Noorman, soprano

Direction : Andrew Parrott
Orchestre : Taverner Choir & Taverner Players (instruments d’époque)
Langue : Anglais

Particularité :

Enregistrée en 1981, cette version fait figure de référence de la première génération « baroqueuse » : effectifs chambristes, instruments d’époque, tempos allants et diction impeccable. Emma Kirkby y offre une Didon d’une pureté de voix presque virginale, plus pudique que tragique, qui fait entendre la retenue d’une pièce conçue pour de jeunes pensionnaires. Judith Nelson est une Belinda lumineuse et David Thomas un Énée mâle sans emphase. Couronnée par le Diapason d’or, cette interprétation a longtemps servi d’étalon aux lectures historiquement informées de l’œuvre.

Trevor Pinnock — 1989

Format : CD (1 disque)
Label : Deutsche Grammophon (Archiv Produktion), collection « Digital »
Référence : 427 624-2
Année d’enregistrement : 1988 (édition de 1989)
Distribution :

  • Didon : Anne Sofie von Otter, mezzo-soprano
  • Belinda : Lynne Dawson, soprano
  • Énée : Stephen Varcoe, baryton
  • La Magicienne et Premier Marin : Nigel Rogers, ténor
  • Première Sorcière : Elisabeth Priday
  • Seconde Sorcière : Carol Hall
  • Seconde Femme : Sarah Leonard
  • L’Esprit : Kym Amps

Direction : Trevor Pinnock (du clavecin)
Orchestre : The English Concert et son chœur (premier violon : Simon Standage), sur instruments d’époque
Langue : Anglais

Particularité :

Pinnock confie le rôle de Didon à Anne Sofie von Otter, dont le timbre sombre et la ligne tendue en font une reine mélancolique et profondément humaine ; sa Didon s’affirme comme l’une des plus bouleversantes du disque baroque. La Magicienne est confiée à un ténor, Nigel Rogers, selon une tradition de travestissement comique et grotesque qui rappelle la pratique de la scène élisabéthaine. L’English Concert, mené par Simon Standage, donne un accompagnement nerveux et coloré, avec un continuo fourni. Un jalon discographique qui a imposé l’œuvre à toute une génération de mélomanes.

John Eliot Gardiner — 1990

Format : CD (1 disque), couplage avec l’Ode for St Cecilia’s Day
Label : Philips (collection « Digital Classics »)
Référence : 432 114-2
Année d’enregistrement : Juillet 1990, Bristol (St George’s)
Distribution :

  • Didon : Carolyn Watkinson, contralto
  • Belinda : Ruth Holton, soprano
  • Énée : George Mosley, basse
  • La Magicienne : Teresa Shaw, mezzo-soprano
  • Autres solistes : Michael Chance, Pauline Tinsley, Nicola Jenkin, Elisabeth Priday, Donna Deam, Shauna Beesley, Jonathan Peter Kenny

Direction : John Eliot Gardiner
Orchestre : Monteverdi Choir & English Baroque Soloists
Langue : Anglais

Particularité :

Gardiner y fait valoir son Monteverdi Choir, formation de grand format dont la plénitude contraste avec les lectures chambristes d’alors, et son orchestre baroque nerveux et rhétorique. Carolyn Watkinson, voix de contralto profonde, campe une Didon grave, presque statuaire ; George Mosley prête à Énée une voix sombre de basse. Le couplage avec l’Ode for St Cecilia’s Day, œuvre chorale de circonstance, rappelle le Purcell cérémoniel de la Chapelle royale à côté du Purcell dramatique.

Christopher Hogwood — 1995

Format : CD (1 disque) — édition originale chez L’Oiseau-Lyre, rééditée par Decca (« Classic Opera »)
Label : Éditions de L’Oiseau-Lyre (Decca)
Référence : 475 7195 (réédition Decca Classic Opera)
Année d’enregistrement : Septembre 1992, Walthamstow Assembly Hall, Londres
Distribution :

  • Didon : Catherine Bott, soprano
  • Belinda : Emma Kirkby, soprano
  • Énée : John Mark Ainsley, ténor
  • La Magicienne : David Thomas, basse
  • L’Esprit : Michael Chance, contre-ténor
  • Seconde Femme : Julianne Baird, soprano
  • Première Sorcière : Elisabeth Priday, soprano
  • Seconde Sorcière : Sara Stowe, soprano
  • Premier Marin : Daniel Lochmann

Direction : Christopher Hogwood
Orchestre : Chœur et orchestre de l’Academy of Ancient Music
Langue : Anglais

Particularité :

Hogwood opte pour des tempos vifs, sans précipitation, et pour un jeu raffiné et aéré de l’Academy of Ancient Music. Catherine Bott offre une Didon veloutée à la mort poignante ; Emma Kirkby, réunie à Hogwood après Parrott, devient une Belinda éclatante. Le choix le plus discuté est celui d’une basse (David Thomas) dans le rôle de la Magicienne, avec un parti pris à la fois jubilatoire et satirique qui paye pleinement. Lecture claire, élégante, très bien chantée, qui a le mérite de laisser parler la partition.

William Christie — 1995

Format : CD (1 disque)
Label : Erato
Référence : 4509-98477-2
Année d’enregistrement : Non précisé (parution en 1995)
Distribution :

  • Didon : Véronique Gens, soprano
  • Belinda : Sophie Marin-Degor, soprano
  • Énée : Nathan Berg, baryton-basse
  • La Magicienne : Claire Brua, mezzo-soprano

Direction : William Christie
Orchestre : Les Arts Florissants (chœur et orchestre)
Langue : Anglais

Particularité :

Première gravure de l’œuvre par William Christie et les Arts Florissants, qui y transposent leur art de la déclamation baroque issu de la tradition française. Véronique Gens, voix de soprano cristalline et racée, offre une Didon pudique et d’une intense retenue ; Nathan Berg est un Énée de belle assise, et Claire Brua une Magicienne théâtrale. La couleur claire du continuo et la précision du chœur donnent à cette version un équilibre élégant, qui met en valeur la veine lullyste de l’œuvre.

René Jacobs — 1998

Format : CD (1 disque) — réédition (HMX 2991683) de l’édition originale HMC 901683
Label : Harmonia Mundi
Référence : HMC 901683 (réédition HMX 2991683)
Année d’enregistrement : Octobre 1998, Henry Wood Hall, Londres
Distribution :

  • Didon : Lynne Dawson, soprano
  • Belinda : Rosemary Joshua, soprano
  • Énée : Gerald Finley, baryton
  • La Magicienne : Susan Bickley, mezzo-soprano
  • Seconde Femme : Maria Cristina Kiehr, soprano
  • Première Sorcière : Dominique Visse, contre-ténor
  • Seconde Sorcière : Stephen Wallace, contre-ténor
  • L’Esprit : Robin Blaze, contre-ténor
  • Premier Marin : John Bowen, ténor

Direction : René Jacobs
Orchestre : Orchestra of the Age of Enlightenment (chœur inclus)
Langue : Anglais

Particularité :

Jacobs, qui vient de l’univers de la voix de contre-ténor, tire parti du théâtre : les sorcières sont confiées à des contre-ténors (Dominique Visse et Stephen Wallace, truculents), et il comble les lacunes de la partition en insérant dans l’acte II de la musique empruntée à The Fairy Queen. Lynne Dawson campe une reine noble et tendre, Gerald Finley un Énée viril à la voix jeune. Un tonnerre inaugural en début d’acte II et un chœur parfois très orné sont des partis pris contestables, mais cette lecture théâtrale à la distribution somptueuse reste l’une des plus vivantes.

Hervé Niquet — 2001

Format : CD (1 disque)
Label : Glossa
Référence : GCD 921601 (réédition Cabinet GCDC81601)
Année d’enregistrement : Non précisé (parution en mai 2001)
Distribution :

  • Didon et La Magicienne : Laura Pudwell, contralto
  • Énée : Peter Harvey, baryton
  • Belinda et Première Sorcière : Salomé Haller, soprano
  • Seconde Femme et Seconde Sorcière : Marie-Louise Duthoit, soprano
  • Le Marin : Nicolas Maire
  • L’Esprit : Matthew White, contre-ténor

Direction : Hervé Niquet
Orchestre : Le Concert Spirituel (orchestre et chœur)
Langue : Anglais

Particularité :

Premier jalon de la collaboration entre Hervé Niquet, son Concert Spirituel et le label Glossa, cette version donne à Purcell une touche française pleinement assumée, historiquement justifiable puisque Lully et la cour de Louis XIV sont l’étalon de l’orchestre londonien de Charles II. Laura Pudwell chante à la fois Didon et la Magicienne, selon une logique de doublure qui rappelle la pratique des petites troupes du XVIIe siècle, et plusieurs rôles sont couplés (Belinda et Première Sorcière, Seconde Femme et Seconde Sorcière). Version concise (49 minutes), énergique et vivante.

Emmanuelle Haïm — 2004

Format : CD (1 disque) — réédition Erato dans la collection « The Home of Opera »
Label : Virgin Classics (réédition Erato)
Référence : Virgin Classics 5 45605 2 (réédition 5034222)
Année d’enregistrement : Mars 2003, Arsenal de Metz
Distribution :

  • Didon : Susan Graham, mezzo-soprano
  • Énée : Ian Bostridge, ténor
  • Belinda : Camilla Tilling, soprano
  • La Magicienne : Felicity Palmer, mezzo-soprano
  • L’Esprit : David Daniels, contre-ténor
  • Seconde Femme : Cécile de Boever, soprano
  • Le Marin : Paul Agnew, ténor

Direction : Emmanuelle Haïm (du clavecin)
Orchestre : Le Concert d’Astrée, avec le chœur European Voices (dir. Simon Halsey)
Langue : Anglais

Particularité :

Haïm, élève de William Christie, dirige du clavecin avec une énergie chaleureuse et un sens aigu de la couleur théâtrale. La distribution est prestigieuse, entre l’Américaine Susan Graham (une Didon sensible et vocalement riche) et le ténor Ian Bostridge, Énée inattendu mais convaincant. Felicity Palmer campe une Magicienne délicieusement sulfureuse, David Daniels un Esprit au timbre ensorcelant. Le chœur European Voices, très en place, et un équilibre sonore soigné entre solistes et orchestre complètent une version de grande valeur, régulièrement recommandée en rapport qualité-prix.

William Christie — 2008

Format : DVD NTSC (1 disque, 1 h 06), toutes zones, 16/9, son Dolby Digital stéréo et DTS 5.1, sous-titres français, anglais, allemand, espagnol et italien ; supplément : entretien avec William Christie et Deborah Warner (23 min)
Label : FRA Musica (François Roussillon & Associés), en coproduction avec l’Opéra Comique, Arte, Radio France et le CNC
Référence : EDV 1610 – FRA 001
Année d’enregistrement : Décembre 2008, Opéra Comique, Paris (captation filmée par François Roussillon)
Distribution :

  • Didon : Malena Ernman, mezzo-soprano
  • Énée : Christopher Maltman, baryton
  • Belinda : Judith van Wanroij, soprano
  • La Magicienne : Hilary Summers, contralto
  • Seconde Femme : Ana Quintans, soprano
  • Première Sorcière : Céline Ricci
  • Seconde Sorcière : Lina Markeby
  • L’Esprit : Ben Davies
  • Le Marin : Damian Whiteley
  • Prologue (récitante) : Fiona Shaw

Direction : William Christie
Orchestre : Les Arts Florissants (chœur et orchestre) ; mise en scène : Deborah Warner
Langue : Anglais

Particularité :

Seule captation scénique de la fiche, ce spectacle de Deborah Warner transporte l’œuvre dans l’univers d’un pensionnat de jeunes filles, rappelant la commande d’origine : les élèves jouent la tragédie, mimant l’histoire, avec des courtisans à demi hystériques et des démons masqués. Un prologue parlé confié à Fiona Shaw (qui récite notamment des vers de Ted Hughes, d’Eliot et de Yeats) remplace l’ouverture. Malena Ernman campe une Didon délicate et expressive, Christopher Maltman un Énée robuste, Hilary Summers une Magicienne louche et jalouse ; la diction anglaise de la troupe est remarquable. Un document complet de l’œuvre, utile pour sa dramaturgie autant que pour sa musique.

Leonardo García Alarcón — 2010

Format : CD (1 disque, 52’55 »)
Label : Ambronay Éditions (distribué par Harmonia Mundi), avec le soutien de la Fondation Orange
Référence : AMY022
Année d’enregistrement : 2009, Conservatoire de Musique de Genève
Distribution :

  • Didon : Solenn’ Lavanant Linke, mezzo-soprano
  • Énée : Alejandro Meerapfel, baryton
  • Belinda : Yeree Suh, soprano
  • La Magicienne : Fabián Schofrin, contre-ténor
  • Seconde Femme et Seconde Sorcière : Mariana Flores, soprano
  • Première Sorcière : Magali Arnault, soprano
  • L’Esprit : Christophe Carré, contre-ténor
  • Le Marin : Valerio Contaldo, ténor

Direction : Leonardo García Alarcón
Orchestre : La Nouvelle Ménestrandie (orchestre) et Cappella Mediterranea (chœur)
Langue : Anglais

Particularité :

Cet enregistrement, publié par le label du Centre culturel de rencontre d’Ambronay, rassemble des jeunes artistes de la nouvelle génération baroque autour de Leonardo García Alarcón, chef argentin venu de la basse continue, qui entrelace fraîcheur innocente et tragédie éternelle. La Magicienne est confiée à un contre-ténor, Fabián Schofrin, selon la tradition du travestissement. Le livret du disque réunit deux essais, dont celui de Brenno Boccadoro (Purcell et la théorie des passions), le second replaçant l’œuvre dans la tradition des masques anglais et de la Venise de Monteverdi et Cavalli.

Jonas Descotte — 2022

Format : CD (1 disque), enregistré en 24 bits/96 kHz
Label : Aparté (Little Tribeca)
Référence : AP296
Année d’enregistrement : 7-9 septembre 2021, Temple de Chêne-Bougeries (Suisse)
Distribution :

  • Didon : Camille Allérat
  • Énée et Deuxième Prêtre (Circe) : Renato Dolcini
  • Belinda et Seconde Sorcière : Julie Roset, soprano
  • La Magicienne et Troisième Prêtre (Circe) : Anthea Pichanick
  • Seconde Femme, Première Sorcière et Première Femme (Circe) : Ana Vieira Leite
  • L’Esprit : Léo Fernique
  • Le Marin : Pierre Arpin
  • Premier Prêtre et Seconde Femme (Circe) : Augustin Laudet
  • Avec : Camille Brault, mezzo-soprano, et Guillaume Rault, basse

Direction : Jonas Descotte
Orchestre : Les Argonautes (effectif léger : violons, alto, viole de gambe, basse de violon, flûte à bec, théorbe et clavecin)
Langue : Anglais

Particularité :

Premier album des Argonautes, ce disque voit le chef proposer un geste inédit : il prolonge la tragédie d’un quatrième acte, tiré de la musique de scène pour Circe (masque de John Banister sur un texte de Charles Davenant, 1677, dont Purcell a remanié des fragments pour une reprise). Sans jamais paraître en scène, Circé offre une invocation des dieux infernaux (« Pluto, arise! », « Great minister of Fate ») qui prend la forme d’un memento mori et referme la tragédie sur une vision d’implacabilité du destin. L’ensemble, à effectif léger, privilégie la rhétorique et la liberté du chant.

Maxim Emelyanychev — 2025

Format : CD (1 disque)
Label : Warner Classics / Erato
Référence : 2173228488
Année d’enregistrement : 16-18 février 2024, Alfried Krupp Saal, Philharmonie Essen
Distribution :

  • DiDO (Didon) : Joyce DiDonato, mezzo-soprano
  • Aeneas (Énée) : Michael Spyres, baryténor
  • Belinda : Fatma Said, soprano
  • Une suivante : Carlotta Colombo, soprano
  • L’Esprit : Hugh Cutting, contre-ténor
  • La Magicienne : Beth Taylor, mezzo-soprano
  • Le Marin : Laurence Kilsby, ténor
  • Première Sorcière : Alena Dantcheva, soprano
  • Seconde Sorcière : Anna Piroli, soprano

Direction : Maxim Emelyanychev (du clavecin)
Orchestre : Il Pomo d’Oro et Il Pomo d’Oro Choir (dir. Giuseppe Maletto)
Langue : Anglais

Particularité :

Ce disque, paru en 2025, réunit autour de Joyce DiDonato, avec qui Emelyanychev entretient une longue complicité, une distribution de premier plan : Michael Spyres, baryténor à l’ambitus unique, campe un Énée de grande ampleur ; Beth Taylor est une Magicienne remarquée, Hugh Cutting un Esprit et Laurence Kilsby un Marin de belle prestance. L’orchestre, constitué de cordes augmentées de théorbes, d’orgue et de percussions, comprend aussi dans les danses tambour, tambourin et frappements de mains, avec une tôle à tonnerre à la scène des sorcières. DiDonato livre un lamento d’une grande noblesse ; la graphie « DiDO » du titre est un choix graphique assumé de l’édition.

Postérité :

Dido and Aeneas n’a connu, de son vivant, qu’une exécution privée dont on ne sait presque rien, avant de sombrer dans l’oubli : seule une version scindée en intermèdes fut jouée à Londres en 1700, insérée dans l’adaptation de Measure for Measure de Shakespeare. Redécouverte à l’occasion du bicentenaire de la mort de Purcell, en 1895, l’œuvre devient peu à peu l’une des pièces les plus jouées de l’opéra anglais ; l’enregistrement de Kirsten Flagstad en 1952, puis celui de Janet Baker sous la direction d’Anthony Lewis en 1961, la placent durablement au disque. Aujourd’hui, les versions historiquement informées se succèdent en dessinant, de Mackerras à Emelyanychev, une véritable histoire de l’interprétation. Seule œuvre de Purcell intégralement chantée, elle demeure, avec Venus and Adonis de John Blow, le sommet de l’opéra anglais avant Britten : le lamento « When I am laid in earth », dont la basse obstinée descend en chromatisme vers la mort, compte parmi les plus belles plaintes de toute l’histoire de la musique.

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