Note personnelle : ,

Porpora, Nicola — Germanico in Germania (1732)

Format :

  • Dramma per musica (opera seria) en 3 actes.
  • Musique : Nicola Porpora.
  • Livret : Nicola Coluzzi.
  • Langue : italien.

Création :

11 février 1732, au Teatro Capranica de Rome.
Porpora, âgé de quarante-cinq ans, est déjà célèbre autant comme compositeur que comme maître de chant : Farinelli et Caffarelli ont été ses élèves. À Rome, un édit pontifical impose alors des distributions exclusivement masculines. La création réunit pourtant des chanteurs de premier plan : Domenico Annibali (Germanico), Caffarelli (Arminio, un triomphe), Angelo Maria Monticelli (Rosmonda) et Felice Salimbeni (Ersinda), ces deux derniers en travesti.

Livret :

Le livret est de Nicola Coluzzi. Il met en scène l’expédition de Germanicus en Germanie sous Tibère et l’affrontement avec le chef germain Arminius, selon une dramaturgie qui oppose l’amour, le devoir familial et la fierté patriotique. Le dénouement salue l’union symbolique du Rhin et du Tibre.

Intrigue :

  • Acte I : Rosmonda apprend à son époux Arminio, chef de la Germanie, que son père Segeste a livré leur cité aux Romains ; Arminio part préparer la contre-attaque. Les Romains entrent dans la ville, mais Rosmonda tient tête à leur chef Germanico et reproche à Segeste sa trahison. Germanico charge son capitaine Cecina de proposer la paix à Arminio, et Segeste va finalement en son nom ; Ersinda, sœur de Rosmonda et amante de Cecina, assure ce dernier de sa fidélité. Arminio refuse fièrement de plier pour la liberté, et Germanico se prépare à la bataille.
  • Acte II : Arminio, vaincu, songe à se tuer mais est capturé par Cecina. Germanico le fait défiler en triomphe ; Rosmonda veut mourir avec lui, mais Arminio lui demande de vivre pour élever leur fils et lui fait ses adieux. Les retrouvailles d’Ersinda et de Cecina sont heureuses. Segeste promet à Germanico que Rosmonda prêtera serment à Rome grâce à l’enfant, mais Arminio et Rosmonda défient tous deux Germanico, qui condamne Arminio à mort.
  • Acte III : Segeste persuade un Germanico hésitant qu’Arminio doit mourir. Rosmonda plaide pour la vie de son époux et demande à le voir dans sa prison, où Arminio s’indigne de ses supplications avant qu’elle ne révèle qu’elle ne faisait que le mettre à l’épreuve. Segeste, furieux, les laisse à leurs adieux. Au moment de l’exécution, Arminio embrasse l’autel et la hache sacrificielle et maudit la puissance de Rome ; touché par sa fierté, Germanico lui demande s’il souhaite voir son fils, puis cède quand Rosmonda menace de se tuer : Arminio vivra, et tous prédisent l’union du Rhin et du Tibre.

Enregistrement(s) :

Jan Tomasz Adamus — 2018

Format : CD
Label : Decca (Decca Classics), en collaboration avec Parnassus Arts Productions
Référence : non vérifiée
Année d’enregistrement : 23 juillet au 3 août 2016, Radio Kraków, Pologne ; le livret du disque porte la mention © 2017 (année d’édition à vérifier)
Distribution :

  • Germanico, commandant de l’armée romaine en Germanie : Max Emanuel Cencic, contre-ténor
  • Arminio, prince de Germanie : Mary-Ellen Nesi
  • Rosmonda, son épouse, fille de Segeste : Dilyara Idrisova
  • Ersinda, sœur de Rosmonda, citoyenne romaine : Julia Lezhneva, soprano
  • Cecina, capitaine romain : Hasnaa Bennani
  • Segeste, père de Rosmonda : Juan Sancho, ténor
  • Le fils de Rosmonda : rôle muet

Direction : Jan Tomasz Adamus (clavecin et direction)
Orchestre : Capella Cracoviensis (instruments d’époque)
Langue : italien

Particularité :

Production de Max Emanuel Cencic, qui chante Germanico, pour Parnassus Arts Productions et Decca. L’œuvre, créée à Rome, était jusqu’ici restée dans les bibliothèques, à l’exception d’un ou deux airs. Les rôles composés pour des castrats sont attribués ici à des chanteuses (Arminio, Rosmonda, Cecina), à un contre-ténor (Germanico) et à une soprano (Ersinda). L’édition moderne du livret est de Renzo Bez.

Postérité :

Selon le livret du disque, Germanico in Germania était resté, à l’exception d’un ou deux airs, enfoui dans des bibliothèques européennes avant cette résurrection. L’ouvrage illustre la veine héroïque de l’opera seria romain de 1732, avec son éloge de la clémence du vainqueur.

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