Note personnelle : ,

Paisiello, Giovanni — Proserpine (1803)

Format :

  • Tragédie lyrique (« drame ») en trois actes.
  • Musique : Giovanni Paisiello (1740-1816).
  • Livret : Nicolas-François Guillard, d’après le livret de Philippe Quinault pour la Proserpine de Lully (1680), réduit de cinq à trois actes.
  • Langue : français.

Création :

28 mars 1803 (8 germinal an XI), Paris, Théâtre de l’Opéra.
Paisiello écrivit son premier (et unique) opéra français à la demande de Napoléon Bonaparte, alors Premier consul, dont il était devenu maître de chapelle aux Tuileries. La répétition générale eut lieu à huis clos à Saint-Cloud, en présence du Premier consul. La création fut dirigée par Jean-Baptiste Rey, avec Caroline Branchu (Proserpine), Anna Armand (Cérès), François Lays (Pluton), Laforêt (Ascalaphe), Jean-Honoré Bertin (Jupiter) et G. B. Chollet (Cyané). L’enthousiasme des partisans de Paisiello fut couvert par les marques de désapprobation de ses détracteurs, nourries par une campagne de dénigrement menée contre la partition. Napoléon rendit publique son admiration pour la tragédie lyrique en offrant au compositeur une boîte d’or contenant 250 louis et lui proposa d’en composer une seconde ; le public, lui, ne soutint l’œuvre que pour douze représentations de plus.

Livret :

Le livret est de Nicolas-François Guillard, librettiste de Gluck, Sacchini, Salieri et Grétry. Il reprend l’épisode mythologique de Proserpine, réduit de cinq actes à trois : la fête en l’honneur de Cérès et l’enlèvement de sa fille par Pluton, la quête de Cérès et l’arrêt des juges des Enfers, puis l’intervention de Jupiter. Selon Le Sueur, le texte, bien écrit, manquait de passion. Paisiello, qui ne connaissait pas la prosodie française, a dû concilier son style avec le déclamatoire de la tragédie lyrique ; le Premier consul lui a laissé du temps pour « étudier le génie de la langue ».

Intrigue :

  • Acte I : La fête en l’honneur de Cérès, déesse des moissons et de la végétation, bat son plein. Pluton, roi des Enfers, veut épouser Proserpine, la fille de Cérès, et en faire sa reine : il l’enlève.
  • Acte II : Cérès cherche sa fille, tandis que Pluton multiplie les offres amoureuses, en vain. Les juges des Enfers décident que Proserpine doit rester dans le royaume des morts.
  • Acte III : Les lamentations de Cérès se poursuivent, et Jupiter intervient : il décrète que la jeune fille vivra l’hiver aux Enfers auprès de Pluton et le reste de l’année sur terre avec sa mère, donnant ainsi naissance au cycle des saisons.

Enregistrement(s) :

Giuliano Carella — 2004

Format : 2 CD (DDD), enregistrement live ; durées 74’08 et 79’18 ; première mondiale discographique.
Label : Dynamic.
Référence : CDS 442/1-2.
Année d’enregistrement : 2004, Festival della Valle d’Itria, Martina Franca (date précise non indiquée dans les sources consultées). Coproduction Dynamic / Festival della Valle d’Itria ; directeur artistique : Sergio Segalini ; mise en scène : Massimo Gasparon.
Distribution :

  • Proserpine : Sara Allegretta, soprano
  • Cérès : Maria Laura Martorana, soprano
  • Cyané : Giovanna Donadini, soprano
  • Ascalaphe : Simon Edwards, ténor
  • Pluton : Piero Guarnera, baryton
  • Jupiter : Fernando Blanco, basse
  • Une nymphe / Une ombre heureuse : Tiziana Spagnoletta, soprano
  • Un juge / Un dieu : Leonardo Gramegna, ténor

Direction : Giuliano Carella.
Orchestre et chœur : Orchestra Internazionale d’Italia ; Bratislava Chamber Choir (chef de chœur : Pavol Procházka) ; Ensemble di Danza del Festival della Valle d’Itria.
Langue : français.

Particularité :

Il s’agit de la première mondiale discographique de la version française originale. L’édition utilisée est celle de la Casa Musicale Sonzogno (Milan), en collaboration avec le Centro Artistico Musicale Paolo Grassi de Martina Franca, avec une révision critique de la musicologue Luisa Cosi d’après la copie manuscrite, l’édition imprimée autorisée par Paisiello chez Imbault et la première réduction pour chant et piano. Aucune critique détaillée de ce disque n’a été trouvée dans les sources consultées.

Postérité :

Giacomo Gotifredo Ferrari y vit une « Proserpine très belle mais peu heureuse » ; presque tous reconnurent à cette unique tragédie lyrique de Paisiello des pages d’une beauté exceptionnelle, notamment le chœur des nymphes (acte I), le duo Pluton-Ascalaphe, la lamentation chorale sur Cèrès (acte II) et la grande aria de Cérès « Déserts écartés, sombres lieux » (acte III). De retour à Naples en 1804, Paisiello espéra toujours faire jouer l’œuvre, peut-être au San Carlo, et elle fut traduite en italien par Giuseppe Sanseverino en 1806 sous la forme d’une « opera per musica » (il en existe une édition critique de Herbert Handt, plusieurs fois exécutée). Mais le compositeur mourut en 1816 sans avoir vu le public réhabiliter la version française ; c’est le Festival della Valle d’Itria de Martina Franca qui l’a fait, plus de deux siècles plus tard.

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