Format :
- Opérette (opéra-comique) en trois actes.
- Musique : André Messager (1853-1929).
- Livret : Albert Vanloo et Georges Duval.
- Langue : français.
Création :
10 décembre 1898, Théâtre des Bouffes-Parisiens, Paris (direction : André Messager ; avec Mariette Sully en Hélène/Véronique, Jean Périer en Florestan, Anne Tariol-Baugé en Agathe, Léonie Laporte en Ermerance et Victor Regnard en Coquenard).
Messager, alors âgé de quarante-cinq ans, venait d’être nommé directeur musical de l’Opéra-Comique, ce qui lui laissait peu de temps pour composer : Véronique fut sa dernière œuvre scénique pendant sept ans. La critique parisienne fit un accueil enthousiaste à l’ouvrage, qui resta à l’affiche jusqu’en avril 1899 (175 représentations).
Livret :
Vanloo et Duval, librettistes habituels du genre, situent l’action en 1840, à Paris puis à Romainville, sous la Monarchie de Juillet : un cadre de comédie légère, entre boutique de fleuriste, guinguette et bal de cour, où une jeune fiancée déguisée met à l’épreuve son promis.
Intrigue :
- Acte I : Paris, 1840, dans la boutique de fleurs des Coquenard. Hélène de Solanges, accompagnée de sa tante Ermerance, découvre que son fiancé, le vicomte Florestan de Valaincourt, est criblé de dettes et ne l’épouse que contraint ; il entretient en outre une liaison avec Agathe Coquenard. Blessée, Hélène se déguise en fleuriste, avec sa tante, sous les noms de Véronique et Estelle, pour le séduire. Toute la boutique part fêter à Romainville le « dernier jour de liberté » de Florestan.
- Acte II : Au restaurant « Le Tourne-Bride », à Romainville, Florestan courtise Véronique et fait renvoyer les voitures pour retenir tout le monde (c’est l’acte du fameux duo de l’escarpolette et du duo de l’âne). Les deux femmes repartent en laissant une lettre d’adieu ; furieux, Florestan, qui refuse d’épouser une inconnue, se retrouve arrêté.
- Acte III : Aux Tuileries, Hélène et Ermerance attendent le bal. Hélène rachète les dettes de son fiancé et obtient sa libération ; Agathe révèle que Véronique n’est autre qu’Hélène. Après un moment de gêne, Florestan feint la colère, annonce son départ, puis revient signer le contrat de mariage.
Enregistrement :

Pierre Dervaux — 1955
Format : 2 CD, mono (durée : 92 min 18 s)
Label : Decca, réédité dans la série Opérette de Discovery/Accord
Référence : Accord 465 864-2
Année d’enregistrement : 1955, studios Decca (Universal) d’Antony.
Distribution :
- Hélène / Véronique : Géori Boué, soprano
- Ermerance / Estelle : Mary Marquet, mezzo-soprano
- Florestan : Roger Bourdin, baryton
- Agathe Coquenard : Geneviève Moizan, soprano
- Evariste Coquenard : Marcel Carpentier, baryton
- Loustot : Max de Rieux, ténor
Direction : Pierre Dervaux
Orchestre : orchestre de studio (non précisé sur la pochette)
Langue : français
Particularité :
Version complète de référence de l’âge d’or de l’opérette française à la radio et au disque, avec Géori Boué dans le rôle-titre. La critique salue un excellent travail d’équipe, une direction pleine d’esprit de Pierre Dervaux et une prise de son mono qui ne doit pas rebuter ; elle reproche en revanche une Agathe à la voix un peu cassante, un Coquenard aux effets comiques appuyés et un numéro « De ci, de là » pris trop vite.
Postérité :
Véronique est l’opérette la plus populaire de Messager, et l’un des titres les plus joués en France pendant cinquante ans après sa création. Plusieurs de ses airs, notamment le duo de l’âne et le duo de l’escarpolette, sont devenus des refrains fameux. L’ouvrage a été donné à Londres (Apollo Theatre, 18 mai 1904, 496 représentations) et à New York (Broadway Theatre, 1905), a inspiré un film de Robert Vernay (1950) et a été repris à l’Opéra-Comique en 1978-1979 sous la direction de Pierre Dervaux.

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