Note personnelle : ,

Messager, André — Les P’tites Michu (1897)

Format :

  • Opérette en trois actes.
  • Musique : André Messager (1853-1929).
  • Livret : Albert Vanloo et Georges Duval.
  • Langue : français (avec dialogues parlés).

Création :

16 novembre 1897, Théâtre des Bouffes-Parisiens, Paris (direction : André Messager ; avec Alice Bonheur en Marie-Blanche, Odette Dulac en Blanche-Marie, Barral en Général des Ifs, Victor Regnard en Michu, Maurice Lamy en Aristide et Henri Marchand en Gaston).
Messager sortait de l’échec du Chevalier d’Harmental à l’Opéra-Comique et songeait à renoncer à la composition lorsque Vanloo et Duval lui adressèrent ce livret, que d’autres compositeurs avaient déjà refusé. Il écrivit la partition en trois mois environ. Le succès fut immédiat : cent cinquante représentations aux Bouffes-Parisiens, puis l’ouvrage partit enchanter la province, la Suisse et l’Allemagne.

Livret :

Vanloo et Duval bâtissent sur un canevas de quiproquos une comédie dont les personnages populaires — les parents Michu, le commis Aristide, l’ordonnance Bagnolet — occupent une place importante, dans la lignée de La Fille de Madame Angot de Lecocq ou de La Fille du tambour-major d’Offenbach. L’action commence en 1793, en pleine Terreur, et se poursuit en 1810 sous l’Empire. La partition, d’une facture légère et raffinée pour un effectif orchestral réduit (la fosse des Bouffes-Parisiens étant exiguë), marque le passage entre la première et la seconde « manière » de Messager, quelques mois avant Véronique.

Intrigue :

  • Prologue (1793) : Le marquis des Ifs, sur le point d’être arrêté par les autorités révolutionnaires, confie sa fille nouveau-née aux Michu, qui viennent eux-mêmes d’avoir une fille. En les baignant ensemble, M. Michu ne parvient plus à distinguer les deux enfants.
  • Acte I : Dans le jardin de l’institution Herpin, en 1810. Les Michu, enrichis aux Halles, ont placé leurs filles Blanche-Marie et Marie-Blanche, qui se croient jumelles, dans un pensionnat à discipline militaire. Aristide, commis des Michu, est amoureux de l’une d’elles sans savoir laquelle. Le marquis revient à Paris, devenu général d’Empire, et veut marier sa fille Irène au capitaine Gaston Rigaud, neveu de Mlle Herpin ; les deux jeunes filles tombent amoureuses de lui dès qu’elles le rencontrent. Les Michu, très embarrassés, vont rendre visite au général avec leurs filles.
  • Acte II : Chez le général des Ifs. Il refuse d’écouter les explications des Michu : Gaston ne peut épouser deux femmes, et il exige de savoir laquelle est sa fille. Blanche-Marie, qui croit sa sœur éprise de Gaston, se sacrifie : ce sera Marie-Blanche qui sera Irène des Ifs.
  • Acte III : La boutique des Michu. Blanche-Marie se résigne à épouser Aristide, tandis que Marie-Blanche, mal à l’aise dans la haute société, préfère la boutique et Aristide, et comprend que sa sœur aime Gaston. Le jour du double mariage, elle fait habiller Blanche-Marie comme la défunte marquise : la ressemblance est frappante, et le général reconnaît en elle sa fille. Blanche-Marie épousera Gaston et Marie-Blanche, Aristide.

Enregistrements :

Roger Ellis — 1953

Format : concert radiophonique, publié en édition numérique (51 pistes)
Label : Ina (collection Ina Musique(s))
Référence : EAN 8718857092599
Année d’enregistrement : concert du 29 janvier 1953.
Distribution :

  • Solistes et chœurs : non détaillés sur la pochette

Direction : Roger Ellis
Orchestre : Orchestre Lyrique de la RTF (mentionné « Orchestre Lyrique de l’ORTF » sur la pochette) ; solistes et chœurs
Langue : français

Particularité :

Archive radiophonique de l’âge d’or de l’opérette à la radio française, rééditée en 2017 par l’Ina : elle précède de plus de soixante ans le premier enregistrement commercial de l’œuvre.

Pierre Dumoussaud — 2018

Format : 2 CD avec livre de 176 pages (édition limitée à 3 000 exemplaires)
Label : Palazzetto Bru Zane (collection « Opéra français »)
Référence : BZ 1034
Année d’enregistrement : 23 et 24 mai 2018, Théâtre Graslin, Nantes (après la production scénique du 13 mai 2018, mise en scène de Rémy Barché).
Distribution :

  • Marie-Blanche : Violette Polchi, soprano
  • Blanche-Marie : Anne-Aurore Cochet, soprano
  • Gaston Rigaud : Philippe Estèphe, baryton
  • Mme Michu : Marie Lenormand, mezzo-soprano
  • M. Michu : Damien Bigourdan, ténor
  • Le Général des Ifs : Boris Grappe, baryton
  • Aristide : Artavazd Sargsyan, ténor
  • Mlle Herpin : Caroline Meng, mezzo-soprano
  • Bagnolet : Romain Dayez

Direction : Pierre Dumoussaud
Orchestre : Orchestre National des Pays de la Loire ; chœur : Chœur d’Angers Nantes Opéra (chef de chœur : Xavier Ribes) ; Compagnie Les Brigands
Langue : français

Particularité :

Premier enregistrement mondial de l’œuvre dans le commerce, coproduit avec Angers Nantes Opéra et la compagnie Les Brigands. La critique y a salué un chant « pétillant du début à la fin », un orchestre plein de verve, une Anne-Aurore Cochet charmante dans la romance du troisième acte, la voix fumée de Philippe Estèphe, et un chœur très en place, notamment dans l’ensemble des Halles.

Postérité :

Après ses cent cinquante représentations aux Bouffes-Parisiens, l’œuvre est reprise à Paris en 1899 (Folies-Dramatiques), jouée en allemand à Berlin (1898) et Vienne (1899), à Bruxelles (1899), à Rome (1900) puis à Londres, où The Little Michus tient l’affiche quatre cents représentations à Daly’s Theatre à partir du 29 avril 1905 sous la direction de Messager. Elle triomphe aussi en Australie et en Nouvelle-Zélande (1906-1908) et à Broadway (1907), avant un retour parisien en 1909. Debussy, Fauré et Saint-Saëns tenaient la partition en particulière estime. Longtemps absente du disque, elle a retrouvé le chemin des théâtres grâce à la production de 2018 à Nantes et à Paris.

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