Note personnelle : ,

Marinuzzi, Gino — Palla de’ Mozzi (1932)

Format :

  • Opéra (dramma lirico) en trois actes.
  • Musique : Gino Marinuzzi.
  • Livret : Giovacchino Forzano, librettiste de Suor Angelica et de Gianni Schicchi de Puccini.
  • Langue : Italien.

Création :

1932, au Teatro alla Scala de Milan, sous la direction du compositeur.
Marinuzzi a cinquante ans : chef d’orchestre de premier plan, il dirige les grandes scènes italiennes après ses années d’Amérique et de Chicago. Sa troisième et dernière œuvre lyrique, après Barberina (1903) et Jacquerie (1918), prolonge un post-romantisme tonal, nourri de Puccini et de Strauss, avec des touches harmoniques qu’on a rapprochées de Debussy et de Ravel, et une orchestration souvent éclatante.

Livret :

Giovacchino Forzano situe l’action dans l’Italie de la Renaissance, au temps des luttes entre Florence et ses voisins, autour de la figure du condottiere Palla de’ Mozzi. Le livret, à la langue volontiers emphatique, mêle drame familial, honneur militaire et exaltation patriotique, en écho au climat culturel de l’Italie des années trente.

Intrigue :

  • Acte I : Depuis quarante jours, le condottiere Palla assiège la forteresse de Montelabro. Son fils Signorello souffre de la brutalité de la guerre. Excommunié, Palla demande à l’évêque de bénir ses étendards ; devant le refus, il les bénit lui-même.
  • Acte II : La forteresse est prise et Signorello reçoit la garde de la fille du seigneur vaincu, Anna Bianca. Elle soudoie des capitaines pour libérer son père, puis cherche à séduire Signorello pour détourner son attention ; il laisse pourtant le fugitif s’échapper. Les deux jeunes gens se reconnaissent et s’aiment.
  • Acte III : Palla apprend la trahison de son fils. Malgré les supplications d’Anna Bianca, qui invoque le pardon de Pâques, et la sympathie des soldats, il choisit de se donner la mort plutôt que de vivre déshonoré. Signorello hérite de son épée pour poursuivre le combat de l’unité italienne.

Enregistrement(s)

Marinuzzi : Palla de' Mozzi, Grazioli

Giuseppe Grazioli — 2022

Format : CD (3 disques)
Label : Dynamic
Référence : CDS7925 (parution : février 2022)
Année d’enregistrement : captation des représentations du Teatro Lirico di Cagliari, 31 janvier-9 février 2020 (première exécution moderne de l’œuvre)
Distribution :

  • Palla de’ Mozzi : Elia Fabbian, baryton
  • Signorello : Leonardo Caimi, ténor
  • Anna Bianca : Francesca Tiburzi, soprano
  • Il Montelabro : Francesco Verna, basse
  • Il Vescovo : Cristian Saitta
  • Il Mancino : Andrea Galli
  • Giomo : Murat Can Güvem
  • Spadaccia : Matteo Loi
  • Niccolò : Luca Dall’Amico
  • Straccaguerra : Giuseppe Raimondo
  • Il Capo dei Lanzi : Alessandro Busi

Direction : Giuseppe Grazioli
Orchestre : Orchestre et Chœur du Teatro Lirico di Cagliari (avec le chœur d’enfants du Conservatoire de Cagliari)
Langue : Italien

Particularité :
Première mondiale au disque, cet album est tiré de la production de Giorgio Barberio Corsetti, qui avait marqué la redécouverte de l’ouvrage à Cagliari après près de quatre-vingts ans d’oubli. Giuseppe Grazioli y conduit avec fermeté des forces chorales et orchestrales considérables, et fait valoir l’écriture symphonique de la partition ; Elia Fabbian, Leonardo Caimi et Francesca Tiburzi portent la tension du trio central. Le coffret, d’environ 138 minutes, offre le seul témoignage discographique de cette rareté.

Postérité :

Bien accueilli à sa création, l’ouvrage fut repris sous la direction du compositeur en Italie, à Berlin (douze représentations en 1940) et à Buenos Aires, avant de tomber dans l’oubli ; sa dernière exécution connue remonte à 1942 au Teatro dell’Opera de Rome. Sa résurrection à Cagliari en 2020 puis sa publication chez Dynamic l’ont remis en lumière, à côté des partitions de Zandonai, Montemezzi ou Respighi, comme un témoin précieux de l’opéra italien de l’entre-deux-guerres.

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