Format :
- Tragédie lyrique (tragédie en musique) en un prologue et cinq actes
- Langue : français
Création :
Créée vraisemblablement le 16 janvier 1684 à l’Académie royale de musique (Paris), avec Louis Gaulard Dumesny (Amadis), Marie-Louise Desmatins (Corisande), Jean Dun (Florestan), Françoise Moreau (Oriane) et Marie Le Rochois (Arcabonne) ; décors et machines de Jean Bérain. Le roi, en deuil de la reine Marie-Thérèse (morte en juillet 1683), consentit à ce que l’opéra soit donné au public ; l’ouvrage ne put d’abord être donné à la cour pendant la période de deuil, et ne fut joué devant le roi que le 5 mars 1685, l’avant-dernier jour du Carnaval. L’œuvre fut reprise à Paris en 1687, 1701, 1707, 1718 et jusqu’en 1771 (dans une version remaniée), ainsi qu’à Amsterdam, Marseille, Rouen, Bruxelles et Lunéville. Sa partition fut imprimée dès 1684 par Christophe Ballard, avec une dédicace en vers de La Fontaine.
Livret :
Philippe Quinault, d’après le roman chevaleresque Amadis de Gaule, conçu par Garci Rodríguez de Montalvo au début du XVIe siècle et popularisé en France par la traduction de Nicolas d’Herberay des Essarts (1540). Après une longue série de sujets mythologiques, l’œuvre inaugure un univers de chevaliers, de fées et de magiciens ; le sujet aurait été demandé par Louis XIV lui-même, ancien amateur de romans de chevalerie. Le prologue, où paraît la fée Urgande, est lié aux dernières scènes de la tragédie.
Intrigue :
- Prologue : Après la mort romanesque d’Amadis, l’enchanteur Alquif et son épouse Urgande se sont retirés avec leur suite au fond d’une grotte. Le charme ne peut être rompu que par un nouveau héros, Louis XIV, qui contrôle désormais la destinée du monde. Pour ses plaisirs, ils raniment Amadis et le transportent dans l’île de Grande-Bretagne.
- Acte I : Au palais du roi Lisnart, Amadis, rendu au jour, est devenu amoureux d’Oriane, fille de Lisnart, qui partage son amour. Il y retrouve son frère Florestan, qui aime Corisande, souveraine de Gravesande, laquelle est aimée de lui aussi. Oriane est promise à l’empereur des Romains ; pour la décider à cet hymen, on la persuade qu’Amadis lui est infidèle avec une certaine Briolanie. Florestan et Corisande tentent en vain de la convaincre de la fidélité d’Amadis.
- Acte II : Dans une forêt, l’enchanteresse Arcabonne, amoureuse d’Amadis qui lui a sauvé la vie, est poussée par son frère Arcalaüs à venger la mort de leur frère Ardan Canile, tué par Amadis. Pour attirer Amadis dans un piège, elle enchante Florestan et l’enferme dans un pavillon fortifié. Corisande engage Amadis à le secourir ; il veut y pénétrer, et démons et monstres s’y opposent. Il croit voir Oriane dans l’un d’eux et le suit : Corisande entre dans le pavillon et y est enchaînée.
- Acte III : Dans les ruines d’un vieux palais, Arcabonne s’apprête à frapper Amadis ; l’ombre d’Ardan Canile lui prédit qu’elle va le trahir. Elle reconnaît en lui le héros qui lui a sauvé la vie et relâche les prisonniers, mais garde Amadis en captivité.
- Acte IV : Sur une île agréable, Arcalaüs tient Oriane captive. Il apprend que sa sœur aime Amadis et que celui-ci aime Oriane ; Arcabonne furieuse consent à ce qu’il soit immolé. Au moment où les magiciens vont tuer les deux amants, Urgande vient à leur secours, détruit les enchantements d’Arcalaüs et d’Arcabonne et délivre tous les amants captifs. Arcabonne et Arcalaüs renoncent à la vie.
- Acte V : Dans le palais enchanté d’Apollidon, Urgande réunit Amadis, Oriane, Florestan et Corisande. Les deux amants se jurent un amour éternel et approchent de l’Arc des amants fidèles, sous lequel seul l’amour parfait peut passer : Florestan n’est pas autorisé à passer, seul Amadis peut le faire. Une chambre interdite s’ouvre, libérant les héros et héroïnes tenus en captivité, et tous célèbrent la gloire d’Amadis.
Enregistrements :

Christophe Rousset — 2003
Format : 3 CD (livre-disque)
Label : Aparté
Référence : AP94
Année d’enregistrement : 2013 (4, 5 et 6 juillet 2013, Opéra Royal du Château de Versailles)
Distribution :
- Amadis : Cyril Auvity
- Oriane : Judith van Wanroij
- Arcabonne : Ingrid Perruche
- Arcalaüs : Edwin Crossley-Mercer
- Florestan : Benoît Arnould
- Urgande : Bénédicte Tauran
- Corisande : Hasnaa Bennani
- Alquif, Ardan Canile, un geôlier, un berger : Pierrick Boisseau
- Un captif, un berger, un héros : Reinoud Van Mechelen
- Une suivante d’Urgande, une héroïne, une captive, une bergère : Caroline Weynants
- Une bergère, une suivante d’Urgande : Virginie Thomas
Direction : Christophe Rousset (clavecin et direction)
Orchestre : Les Talens Lyriques
Chœur : Chœur de chambre de Namur (chefs de chœur : Leonardo García-Alarcón et Thibaut Lenaerts)
Langue : français
Particularité :
Enregistrement réalisé en coproduction avec le Château de Versailles Spectacles lors des représentations données à l’Opéra Royal de Versailles et au Festival international de musique baroque de Beaune en juillet 2013 ; il est accompagné d’un livre comprenant un essai de Jean Duron et les textes en français et en anglais.
Postérité :
Série de reprises et de parodies dès 1684 (Amadis cuisinier), puis réutilisation du livret de Quinault par Johann Christian Bach en 1779 à l’Opéra de Paris ; au disque, le présent enregistrement poursuit la série d’opéras de Lully de Christophe Rousset chez Aparté.

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