Note personnelle : ,

Hoffmann, E.T.A. — Liebe und Eifersucht (1807)

Format :

  • Singspiel en trois actes (dialogues parlés).
  • Musique : E.T.A. Hoffmann (1776-1822).
  • Livret : E.T.A. Hoffmann, d’après la traduction allemande d’August Wilhelm Schlegel de la comédie de Calderón La banda y la flor (Die Schärpe und die Blume).
  • Langue : allemand.

Création :

Œuvre composée en 1807 ; jamais représentée du vivant de Hoffmann. Première mise en scène moderne en juillet 2008 au Forum am Schlosspark de Ludwigsburg (Schlossfestspiele), en coproduction avec le Staatstheater am Gärtnerplatz de Munich, où la production a été reprise à partir du 27 septembre 2008, sous la direction de Michael Hofstetter.
Hoffmann a alors une trentaine d’années : juriste de formation, ancien assesseur du gouvernement prussien à Varsovie, il se considère avant tout comme musicien et cherche à vivre de la musique après la perte de son poste, au lendemain de l’arrivée des troupes françaises. Il avait ajouté « Amadeus » à ses prénoms en hommage à Mozart, dont l’influence est très sensible ici (avec aussi des échos de Haydn). Le manuscrit est ensuite resté dans l’ombre : le livret est conservé aux archives municipales de Würzburg et la partition à la Staatsbibliothek de Berlin.

Livret :

Hoffmann rédige lui-même le livret en adaptant la traduction de Schlegel de la « comédie de cape et d’épée » de Calderón La banda y la flor (« L’écharpe et la fleur »). Le sujet repose sur des déguisements (dames voilées) et sur des gages d’amour — une écharpe et une fleur — mal interprétés, source des confusions et de la jalousie du titre. L’action se situe à Florence.

Intrigue :

  • Acte I : À la cour du duc de Florence, Enrico, au service du duc, est épris de Lisida, fille de Fabio, qui ignore encore ses sentiments, tandis que sa sœur Cloris se croit aimée de lui. Fabio s’apprête à entrer au service du duc ; le valet Ponlevi, la suivante Celia, Ottavio et Nisa complètent le cercle des personnages, et les premiers gages d’amour échangés sous le voile commencent à semer le trouble.
  • Acte II : Sur l’ordre du duc, Enrico se retrouve à courtiser plusieurs dames à la fois ; écharpe et fleur sont mal interprétées, les jalousies s’enflamment et le jeune homme s’attire la colère de tous, jusqu’à un affrontement avec trois adversaires dont Lisida le tire d’affaire.
  • Acte III : Les déguisements tombent et les malentendus se dissipent : tous les nœuds amoureux se dénouent heureusement et chacun retrouve l’être qui lui était destiné.

Enregistrement(s) :

Michael Hofstetter — 2008

Format : 2 CD
Label : cpo
Référence : 777 435-2
Année d’enregistrement : 27-28 juillet 2008, Forum am Schlosspark, Ludwigsburg (publié en 2010).
Distribution :

  • Le duc de Florence : Gary Martin, baryton (basse haute)
  • Enrico : Robert Sellier, ténor
  • Ottavio : Florian Simson, ténor
  • Fabio : Jörg Simon, basse
  • Lisida : Christina Gerstberger, soprano
  • Cloris : Thérèse Wincent, soprano
  • Nisa : Sybille Specht, mezzo-soprano
  • Celia : Sybilla Duffe, soprano
  • Ponlevi : Stefan Sevenich, basse

Direction : Michael Hofstetter
Orchestre : Orchester der Ludwigsburger Schlossfestspiele (instruments d’époque)
Langue : allemand (livret allemand et traduction anglaise dans le livret du disque).

Particularité :

Premier enregistrement de cette rareté, issu de la recréation scénique de 2008, avec un orchestre sur instruments d’époque dont les couleurs et la vigueur sont particulièrement appréciées. La critique salue l’Enrico idiomatique et gracieux de Robert Sellier, le duc très engagé de Gary Martin et la Celia de Sybilla Duffe, les voix féminines étant un peu plus inégales. Les dialogues parlés, abondants, peuvent éprouver la patience de l’auditeur, mais l’ouverture enlevée et plusieurs numéros (airs rythmiquement inventifs d’Enrico, duo de Ponlevi avec la suivante, duo comique du duc et d’Enrico) méritent l’écoute.

Postérité :

La partition n’a été publiée qu’en 1999 (Schott), près de deux siècles après sa composition, et l’œuvre n’a été révélée à la scène qu’en 2008 ; Glyn Pursglove y voit une musique inspirée de Mozart, marquée par le savoir-faire mais jamais par le génie. Elle précède l’opéra Undine (1816), qui marquera durablement l’opéra romantique allemand. Elle a depuis été reprise ponctuellement, notamment à Zurich en 2016 (version à l’orchestre réduit) et à la Hochschule für Musik de Fribourg-en-Brisgau en 2017-2018 (version avec piano).

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