Format :
- Opéra en quatre actes.
- Musique : Charles Gounod
- Livret : Jules Barbier et Michel Carré, d’après la tragédie Polyeucte de Pierre Corneille
- Langue : français
Création :
7 octobre 1878, Opéra, Paris.
Créé sous la direction de Charles Lamoureux, avec Gabrielle Krauss (Pauline), Hector Salomon (Polyeucte) et Jean Lassalle (Sévère). La critique est très sévère et l’ouvrage disparaît rapidement de l’affiche. Gounod, âgé de soixante ans, y songeait depuis 1867, année de la création de Roméo et Juliette.
Livret :
Jules Barbier et Michel Carré, collaborateurs habituels de Gounod, adaptent la tragédie chrétienne de Corneille (1643), dont l’esthétique déclamatoire inspire une partition proche de l’oratorio. L’opéra s’inscrit à l’opposé du Poliuto de Donizetti, tiré du même sujet, qui devint Les martyrs à l’Opéra de Paris en 1840.
Intrigue :
- Acte I : À Mélitène, Pauline confie à sa confidente Stratonice un rêve terrifiant : son époux Polyeucte, baptisé chrétien, tombe mourant à ses pieds, frappé par la colère de Jupiter. Polyeucte, inquiet des projets du grand prêtre Albin contre les chrétiens, apprend à Pauline l’arrivée de l’envoyé de l’Empereur, Sévère, qu’elle avait autrefois aimé et que son père Félix avait écarté pour des raisons politiques. Pauline avoue sincèrement ce lien à son mari. Félix accueille Sévère sous les acclamations du peuple, et celui-ci apprend le mariage de Pauline.
- Acte II : Tandis que de jeunes épicuriens chantent les plaisirs de la vie, Sévère, amer, s’éloigne des fêtes données en son honneur. Il surprend la prière de Pauline à Vesta et comprend qu’elle a épousé Polyeucte par obéissance à son père ; elle lui demande pourtant de sauver son mari. Caché, Sévère voit Polyeucte recevoir le baptême des mains de Néarque.
- Acte III : Dans le palais du gouverneur, Albin réclame l’extermination des chrétiens ; Sévère les défend, et Félix remet la décision aux dieux. Néarque presse Polyeucte de fuir, mais celui-ci veut affronter ses bourreaux dans leur temple. Lors d’une cérémonie en l’honneur des dieux, il proclame sa foi et renverse les idoles avec Néarque, au comble de la fureur d’Albin et de la foule.
- Acte IV : Condamné, Polyeucte est en prison. Pauline tente en vain de le ramener à la vie, Sévère veut le sauver, et Félix lui pose un ultimatum : adorer les dieux de Rome ou mourir. Polyeucte répond : « Je suis chrétien ». Touchée par la grâce, Pauline choisit à son tour le martyre et rejoint son époux dans la mort, dans la certitude de la résurrection.
Enregistrements :

Manlio Benzi — 2005
Format : 2 CD, enregistrement live
Label : Dynamic (coproduction avec le Festival della Valle d’Itria)
Référence : CDS 474/1-2
Année d’enregistrement : août 2004, cour du Palazzo Ducale, Martina Franca, Festival della Valle d’Itria (publié en 2005)
Distribution :
- Polyeucte : Giorgio Casciarri, ténor
- Sévère : Luca Grassi, baryton
- Félix : Pietro Naviglio, basse
- Néarque : Vincenzo Taormina, baryton
- Albin : Fernando Blanco, basse
- Siméon : Emil Zhelev, basse
- Sextus : Nicola Amodio, ténor
- Pauline : Nadia Vezzù, soprano
- Stratonice : Tiziana Portoghese, mezzo-soprano
Direction : Manlio Benzi
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia, Coro da Camera di Bratislava (chef de chœur : Pavol Procházka)
Langue : français
Particularité :
Premier enregistrement de l’ouvrage, capté en public lors de la reprise du Festival della Valle d’Itria dans la mise en scène de Jean-Louis Pichon, après La reine de Saba du même compositeur présentée par le festival. Le rôle-titre est confié à Giorgio Casciarri, salué par la critique pour sa voix large et sonore.
Postérité :
Après l’échec de 1878, Polyeucte est resté dans l’ombre, connu surtout par les célèbres stances du ténor, enregistrées par de grandes voix du passé. La redécouverte de Martina Franca a permis de réentendre l’œuvre dans son intégralité.

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