Format :
- Opéra (« idillio moderno ») en trois épisodes (Marcella).
- Musique : Umberto Giordano (1867-1948), édition Casa Musicale Sonzogno.
- Livret : Henri Cain, Édouard Adenis et Lorenzo Stecchetti.
- Langue : italien.
Création :
10 novembre 1907, Teatro Lirico, Milan, avec notamment Gemma Bellincioni et Fernando De Lucia. L’ouvrage est un échec et ne s’impose pas au répertoire ; les parties d’orchestre et la partition originales ont été détruites lors du bombardement de la maison d’édition Sonzogno pendant la guerre, et le manuscrit autographe, mis à l’abri hors de Milan, a permis de recopier le matériel pour les représentations du centenaire en 2007. L’œuvre a ensuite été reprise à Martina Franca, au Festival de la Vallée d’Itria.
Livret :
Les trois épisodes sont intitulés « Trouvée », puis l’épisode de la campagne et « Abandonnée ». Le commentaire du livret du CD relève la fragilité dramatique des vers, mais aussi la délicatesse de la musique, et voit dans l’ouvrage un « idylle moderne » proche de Fedora par son écriture orchestrale. Les voix principales sont Marcella (soprano), Giorgio (ténor), Drasco (baryton) et Clara (mezzo-soprano), entourés de Raimonda, Eliana, Lea, Vernier, Barthélemy et Flament.
Intrigue :
- Premier épisode (« Trouvée ») : À Paris, dans un restaurant de luxe, à deux heures du matin, de jeunes élégants et des filles légères s’amusent. Drasco, jeune étranger prétendument venu étudier, y mène joyeuse vie. Giorgio entre : il est en réalité le prince héritier du pays de Drasco, mais il vit incognito en peintre et se lie avec les amis de Drasco. La fête est interrompue par une jeune femme effrayée, poursuivie et raillée par la foule. Marcella raconte à Giorgio son histoire de misère et de privations ; sur le point de se tuer, elle n’a pas trouvé le courage de se donner la mort. Giorgio, ému par sa douceur, la console et la convainc de le suivre.
- Deuxième épisode : À la campagne, dans la maison louée par Giorgio, Marcella et lui vivent leur rêve d’amour, oublieux de tout. Marcella dit à Clara, l’amie de Vernier, son bonheur d’aimer et d’être aimée ; Giorgio, qui n’a pas révélé sa véritable identité, avoue à Vernier son bonheur. Drasco arrive et révèle à Giorgio la gravité de la situation du pays : une révolte et l’autorité d’un ministre malfaisant ont plongé le peuple dans la famine, et le roi est faible. Le peuple appelle son prince. Giorgio reconnaît son devoir et ordonne à Drasco de se tenir prêt à repartir le soir même. Marcella, qui a surpris la conversation, comprend qui est vraiment Giorgio et qu’il va l’abandonner ; le jeune homme la voit à la fenêtre et lui parle avec une grande tristesse.
- Troisième épisode (« Abandonnée ») : Dans le même jardin, la nuit, Marcella et Giorgio se disent adieu. Giorgio, en habit de voyage, est abattu ; Marcella, qui sait que la distance entre leurs conditions est trop grande, refuse qu’il sacrifie son devoir pour elle. Giorgio part en pleurant ; Marcella s’effondre en sanglots.
Enregistrement(s) :

Manlio Benzi — 2008
Format : CD (enregistrement numérique public), livret trilingue italien-anglais-allemand-français avec le livret chanté.
Label : Dynamic
Référence : CDS 573 (parution en 2008)
Année d’enregistrement : août 2007, en public, dans l’atrium du Palazzo Ducale de Martina Franca, lors du 33e Festival de la Vallée d’Itria ; enregistrement réalisé à partir de plusieurs représentations. Première discographique de l’ouvrage.
Distribution :
- Marcella : Serena Daolio
- Giorgio : Danilo Formaggia
- Drasco : Pierluigi Dilengite
- Clara : Natalizia Carone
- Raimonda : Angelica Girardi
- Eliana : Mara D’Antini
- Lea : Maria Rosa Rondinelli
- Vernier : Marcello Rosiello
- Barthélemy : Giovanni Coletta
- Flament : Graziano De Pace
Direction : Manlio Benzi (chef des chœurs : Pavol Prochazka ; mise en scène : Alessio Pizzech)
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia, Bratislava Chamber Choir
Langue : italien
Particularité :
Coproduction du Festival de la Vallée d’Itria avec le Teatro Giordano de Foggia et le Teatro di San Severo, en collaboration avec le Centro Artistico Musicale Paolo Grassi de Martina Franca. La pochette porte la mention « First Recording ». Une critique de MusicWeb juge l’interprétation « honorable » et note que la fin de l’œuvre « s’évapore plus qu’elle ne conclut ».
Postérité :
Œuvre rare, longtemps délaissée après son échec de 1907, Marcella a retrouvé la scène à l’occasion du centenaire en 2007 au Festival de la Vallée d’Itria de Martina Franca, dont l’enregistrement Dynamic constitue le témoignage discographique.

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