Format :
- Opéra (« bozzetto lirico », esquisse lyrique) en un acte (Mese Mariano, « Le Mois de Marie »).
- Musique : Umberto Giordano (1867-1948), composée à partir de l’été 1909 (partition remise à l’éditeur avant la fin de décembre 1909), édition Casa Musicale Sonzogno.
- Livret : Salvatore Di Giacomo, d’après son propre drame napolitain ‘O Mese Mariano (Naples, 1898).
- Langue : italien.
Création :
17 mars 1910, Teatro Massimo, Palerme, sous la direction de Leopoldo Mugnone, avec Livia Berlendi (Carmela), V. D’Ornelli (la Comtesse), Arturo Romboli (Pietro) et Gennaro Curci (don Fabiano). Le succès est réel, sans être sensationnel. Un mois plus tard, l’ouvrage est repris au Teatro Costanzi de Rome, dans un double programme avec Cavalleria rusticana, avec Emma Carelli dans le rôle principal. Il est ensuite donné à Buenos Aires et Montevideo, puis à Vienne, Budapest, Le Caire, Venise et Naples, et enfin à la Scala de Milan le 15 novembre 1913, dans une version remaniée par le compositeur : suppression du personnage de Pietro le pêcheur et de son air du début de l’acte, et légères modifications de détail.
Livret :
Di Giacomo avait tiré de son drame napolitain de 1898, déjà bien accueilli en Italie, un sujet que Giordano avait vu à Milan, au Teatro dei Filodrammatici, et qui l’avait profondément marqué ; Di Giacomo apporta quelques modifications nécessaires à l’adaptation lyrique. Les voix principales sont Carmela (soprano), la Comtesse (soprano), don Fabiano, recteur (baryton), la Mère Supérieure (mezzo-soprano), sœur Pazienza (mezzo-soprano) et les sœurs Celeste, Cristina, Agnese et Maria (sopranos).
Intrigue :
Dans la cour du jardin de l’orphelinat pour enfants pauvres, au coucher du soleil, des enfants jouent. La Mère Supérieure annonce que la Comtesse, bienfaitrice vénérée de l’hospice, est sur le point d’arriver. Après une grande animation, religieuses et enfants s’apprêtent à accueillir l’illustre invitée ; une fillette lui offre un bouquet de fleurs, la Comtesse est visiblement satisfaite et, après les hommages rendus, se dirige vers l’église. Dans la grande cour, désormais vide et silencieuse, entre Carmela, simple femme du peuple, qui demande timidement à voir son fils. Tandis qu’une religieuse va chercher la Mère Supérieure, une autre sœur, Suor Pazienza, reconnaît Carmela : les deux femmes ont été amies et Suor Pazienza connaît l’histoire de Carmela, séduite et abandonnée, qui a ensuite épousé un autre homme, lequel n’a pas voulu accepter l’enfant de son épouse et l’a contrainte à le placer à l’orphelinat. Quand la Mère Supérieure arrive, elle explique que le petit Nino, fils de Carmela, est mort pendant la nuit : Carmela l’ignore, et le chœur des enfants, qui défile vers l’église pour le mois de Marie, passe sans que la mère ne sache rien. Carmela demande à voir l’enfant, les religieuses la retiennent par un pieux mensonge, et la Mère Supérieure l’embrasse, émue ; Carmela s’éloigne lentement, résignée et naïve, sans savoir que son enfant est mort, tenant un petit paquet contenant un gâteau, désormais froid, qu’elle avait préparé pour son fils.
Enregistrement(s) :

Renato Palumbo — 1998
Format : 2 CD (enregistrement numérique public ; Mese Mariano occupe le CD 2, durée 35’30 », le CD 1 étant consacré à Il Re), coffret « 2 Complete Operas » avec livret quadrilingue italien-anglais-allemand-français.
Label : Dynamic
Référence : CDS 231/1-2 (parution en 1999)
Année d’enregistrement : 1998, en public lors du Festival de Martina Franca (Festival de la Vallée d’Itria), enregistrement réalisé à partir de plusieurs représentations. La pochette porte la mention « First Recording » (Operadis recense toutefois une version antérieure, de 1952).
Distribution :
- Carmela : Patrizia Ciofi
- La Comtesse : Rossella Ressa
- Le recteur don Fabiano : Giacomo Rocchetti
- La Mère Supérieure : Maria Miccoli
- Suor Pazienza : Monica Sesto
- Suor Celeste : Rossana Potenza
- Suor Cristina : Raffaella Liccardi
- Suor Agnese : Giuliana Carone
- Suor Maria : Loredana Cinieri
Direction : Renato Palumbo (mise en scène : Lorenzo Mariani ; chef des chœurs : Elio Orciuolo)
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia ; Coro di voci bianche della Scuola Elementare « Marconi » di Martina Franca
Langue : italien
Particularité :
La production de Martina Franca, avec une mise en scène de Lorenzo Mariani et des décors d’Italo Grassi, donne l’ouvrage dans la version définitive de la Scala (1913). Le livret du CD souligne l’écriture délicate de Carmela et l’intermezzo orchestral, voisin de celui de Fedora. Le coffret regroupe l’ouvrage avec Il Re (1929).
Postérité :
Le Festival de Martina Franca a donné Mese Mariano en 1998 avec Il Re, lors de débuts italiens de Renato Palumbo, après quoi la production a été enregistrée sur CD ; une version de 1952 sous la direction de Gianfranco Rivoli (Colosseum, puis Premiere Opera en CD en 2005) est également recensée.

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