Note personnelle : ,

Cornacchioli, Giacinto — Diana schernita (1629)

Format :

  • Favola boschereccia en cinq actes.
  • Musique : Giacinto Cornacchioli
  • Livret : Giacomo Francesco Parisani
  • Langue : Italien

Création :

Carnaval 1629, Rome, dans la résidence du baron Johann Rudolph von Hohenrechberg. Seule œuvre lyrique connue de Cornacchioli, organiste puis maître de chapelle originaire d’Ascoli Piceno, cette « favola boschereccia » en cinq actes est dédiée (dédicace datée du 6 juin 1629) au prince Taddeo Barberini, neveu du pape Urbain VIII, dont la famille est explicitement célébrée dans le dénouement de l’œuvre. Fondée sur le mythe d’Actéon tiré des Métamorphoses d’Ovide (livre III), la partition mêle les formes héritées du stile rappresentativo florentin à des éléments comiques, faisant de cet ouvrage l’un des premiers témoignages du théâtre musical bouffe à l’époque baroque.

Livret :

Giacomo Francesco Parisani, poète originaire comme le compositeur d’Ascoli Piceno, transpose librement l’épisode ovidien d’Actéon et Diane dans le cadre allégorique d’une « favola boschereccia » peuplée de divinités et de créatures pastorales — Amour, Diane, Pan, Endymion, nymphes et bergers — où l’intrigue mythologique se prête à une lecture galante et encomiastique en l’honneur des Barberini.

Intrigue :

Amour, en quête de malice et de rires dans la forêt, rencontre Pan, tourmenté par un amour non partagé pour Diane, et l’encourage à la courtiser à l’aide de présents dorés. De son côté, Endymion chante ses louanges à Diane, sa bien-aimée lunaire. Amour, par malice, enchante les eaux d’une source pour enflammer les passions, puis pousse Endymion à épier Diane au bain en lui faisant emprunter les traits du chasseur Actéon. Diane, découvrant l’intrus, le métamorphose en cerf, que ses nymphes pourchassent et abattent sans savoir qu’il s’agit d’Endymion. Apprenant la vérité, Diane se lamente amèrement sur la mort de son bien-aimé. Pan propose alors de transformer le jeune homme défunt en un lys doré portant trois abeilles d’or — symboles finalement élevés au ciel, en hommage à la famille Barberini.

Enregistrement(s) :

Luigi De Filippi — 1995

Format : 1 CD (61 minutes)
Label : Bongiovanni
Référence : GB 2228-2
Enregistrement : live, Teatro Ventidio Basso, Ascoli Piceno (Italie), 7-8 octobre 1995 ; paru en 2002.
Distribution :

  • Amore : Marilena Laurenza, soprano
  • Diana : Sara Mingardo, contralto
  • Endimione : Joan Cabero, ténor
  • Pane : José Fardilha, baryton
  • Nymphes : Giuseppina Piunti, Michela Candido

Direction : Luigi De Filippi
Ensembles : Ensemble Da Ponte, I Solisti Cantori
Langue : Italien

Particularité :

Diana schernita est la seule œuvre lyrique connue de Cornacchioli et l’un des tout premiers exemples d’opéra comique du répertoire baroque, créé à Rome en pleine effervescence du mécénat barberinien sous Urbain VIII. Sa création dans une demeure privée, hors des grands théâtres publics, et sa dédicace au prince Taddeo Barberini l’inscrivent dans la tradition des spectacles de cour destinés à flatter une famille pontificale friande de fastes musicaux — les abeilles d’or du dénouement renvoyant directement aux armoiries des Barberini.

Postérité :

Restée dans l’ombre pendant plus de trois siècles et demi, Diana schernita n’a connu sa première résurrection moderne qu’en octobre 1995, lors d’une production scénique donnée au Teatro Ventidio Basso d’Ascoli Piceno — ville natale du compositeur —, dont cet enregistrement conserve la trace. Publié par Bongiovanni en 2002, ce disque demeure à ce jour la seule version discographique de l’œuvre et un témoignage précieux sur les débuts du théâtre musical comique italien.

 

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