Note personnelle : ,

Cornelius, Peter — Der Barbier von Bagdad (1858)

Format :

  • Komische Oper en deux actes.
  • Musique : Peter Cornelius
  • Livret : Peter Cornelius, d’après Les Mille et Une Nuits
  • Langue : Allemand

Création :

15 décembre 1858, Weimar (Hoftheater), sous la direction de Franz Liszt. Premier opéra de Cornelius, disciple et proche de Liszt, l’ouvrage bénéficie de l’appui constant de son mentor, qui encourage sa composition et dirige lui-même la création. Mais la représentation vire au scandale : des cercles conservateurs de la cour, hostiles à Liszt et à l’« école néo-allemande » qu’il incarne à Weimar, organisent des manifestations et des chahuts pendant le spectacle. L’opéra est retiré de l’affiche après une seule représentation. Liszt, profondément affecté par cet affront, démissionne peu après de son poste de Kapellmeister de Weimar ; Cornelius, désemparé, quitte lui aussi la ville. L’œuvre ne sera plus jouée du vivant du compositeur.

Livret :

Cornelius écrit lui-même son livret, tirant des Mille et Une Nuits une intrigue de comédie enlevée où l’esprit du Figaro rossinien se mêle à la verve verbale du conte oriental. Contrairement à la plupart des opéras comiques allemands de l’époque, construits sur des dialogues parlés, Der Barbier von Bagdad est entièrement composé, ce qui contribue à son originalité formelle autant qu’à l’incompréhension d’une partie du public de 1858.

Intrigue :

Nureddin, jeune noble amoureux de Margiana, fille du cadi Baba Mustapha, se morfond dans une mélancolie amoureuse. Sur les conseils de Bostana, parente du cadi, il fait appel au barbier Abul Hassan pour se faire préparer avant un rendez-vous secret. Mais Abul Hassan, bavard intarissable et fier de ses talents d’astrologue autant que de rasoir, retarde Nureddin par un interminable numéro de faconde, au grand désespoir de son client. Le rendez-vous a néanmoins lieu, mais le barbier, convaincu que son protégé est en danger, alerte tout le voisinage et vient tambouriner à la porte du cadi, provoquant un esclandre. Pour échapper au scandale, Nureddin doit se cacher dans un grand coffre, que l’on croit un temps receler son cadavre. Le dénouement survient grâce à l’intervention du Calife en personne, qui, ému par la sincérité des amants, dissipe le malentendu, disgracie le cadi jaloux et bénit l’union de Nureddin et Margiana.

Enregistrement(s) :

Erich Leinsdorf — 1956 (réédition 1994)

Format : 2 CD (CD1, Der Barbier von Bagdad : 78’35 ; CD2, couplé avec l’Arlecchino de Busoni dirigé par John Pritchard : 74’10)
Label : EMI Classics
Référence : CMS 5 65284 2
Enregistrement : studio, mono, 11-12 et 14-15 mai 1956, Watford Town Hall (Londres) ; réédition et remasterisation numérique parues en 1994.
Distribution :

  • Abul Hassan : Oskar Czerwenka, basse
  • Margiana : Elisabeth Schwarzkopf, soprano
  • Nureddin : Nicolai Gedda, ténor
  • Der Kalif : Hermann Prey, baryton
  • Baba Mustapha (le Cadi) : Gerhard Unger, ténor
  • Bostana : Grace Hoffman, mezzo-soprano
  • Premier Muezzin : Eberhard Wächter
  • Deuxième Muezzin : August Jaresch
  • Troisième Muezzin : Rudolf Christ

Direction : Erich Leinsdorf
Orchestre et chœur : Philharmonia Orchestra and Chorus (chef de chœur : Walter Jellinek)
Langue : Allemand

Particularité :

Cet enregistrement rassemble une distribution de légende, entre la Margiana rayonnante d’Elisabeth Schwarzkopf, le Nureddin délicat de Nicolai Gedda et le truculent Abul Hassan d’Oskar Czerwenka, sous la battue précise et théâtrale d’Erich Leinsdorf. La réédition EMI de 1994 associe pour la première fois sur un même coffret ce Barbier von Bagdad à un autre ouvrage rare et lié à son histoire par la marginalité de son destin scénique, l’Arlecchino de Busoni, dirigé par John Pritchard avec l’Orchestre du Festival de Glyndebourne.

Postérité :

Après le fiasco de sa création, l’œuvre reste ignorée jusqu’à ce que des chefs comme Felix Mottl puis Hermann Levi en proposent des versions révisées à la fin du XIXe siècle. Ce n’est qu’en juin 1904 que la version originale de Cornelius est redonnée avec succès, révélant enfin au public la qualité proprement germanique de sa musique, loin des oripeaux d’exotisme de pacotille qu’on lui avait d’abord prêtés. Aujourd’hui repère discret mais fidèle du répertoire comique allemand, Der Barbier von Bagdad demeure indissociable de l’épisode qui coûta à Liszt sa position à Weimar.

 

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