Format :
- Opera seria (Dramma per musica) en 3 actes.
- Musique : Joachim Albertini.
- Livret : Arcangelo Maccafani (souvent d’après Tite-Live).
- Langue : Italien.
Création :
Carnaval 1786, au Teatro delle Dame, Rome.
Trois ans avant Scipione africano, Albertini livre cette partition dramatique, qui lui assura une grande réputation dans la Ville éternelle. Son écriture se fait particulièrement sombre pour accompagner ce sujet d’une extrême violence morale, usant des chœurs et des récitatifs accompagnés pour intensifier le drame romain.
Livret :
Tiré des premiers temps de la République romaine, le mythe de Virginia (Virginie) est l’archétype du sacrifice de l’honneur féminin sur l’autel de la liberté politique. Il relate la cruauté des décemvirs et le soulèvement du peuple de Rome contre la tyrannie.
Intrigue :
- Acte I : Le tyrannique décemvir Appius Claudius est consumé de désir pour la pure plébéienne Virginia, déjà fiancée à l’héroïque Icilius. Pour s’en emparer légalement, Appius complote avec ses sbires pour faire déclarer que Virginia est en réalité l’esclave de l’un d’eux.
- Acte II : Un simulacre de procès est organisé. L’injustice triomphe. Icilius et le père de la jeune fille (le centurion Virginius) tentent vainement d’ameuter le peuple et de défendre la vertu de Virginia face à la corruption absolue du pouvoir d’Appius.
- Acte III : Virginius, comprenant qu’il n’y a plus aucune issue pour sauver l’honneur de sa fille des mains du tyran, demande à l’embrasser une dernière fois. Dans une scène bouleversante, il poignarde sa propre fille à mort (« Pour que tu restes libre »). Cet acte sanglant déclenche immédiatement l’insurrection du peuple romain et la chute des décemvirs.
Postérité :
L’intensité tragique de Virginia fit sensation à Rome. L’œuvre d’Albertini se distingue par sa puissance émotionnelle implacable, annonçant déjà le drame républicain et néoclassique qui envahira l’Europe dans les décennies suivantes (notamment chez Mercadante cinquante ans plus tard). C’est l’un des joyaux du compositeur italo-polonais.

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