Format :
- Opéra en 5 actes (avec un interlude au Heidenstein au cours du deuxième acte).
- Musique : Johann Joseph Abert.
- Livret : Adolf Kröner, d’après le roman Ekkehard de Joseph Victor von Scheffel (1855), texte librement remanié.
- Langue : allemand.
Création :
11 octobre 1878, Hofoper (Opéra royal) de Berlin.
Abert, Kapellmeister de la cour de Stuttgart de 1867 à 1888, avait déjà connu un grand succès avec Astorga une douzaine d’années plus tôt. Ekkehard fut accueilli avec un net succès à sa création et compte parmi ses partitions les plus ambitieuses.
Livret :
Le roman historique de Scheffel, publié en 1855, fut l’un des plus grands succès de librairie de l’Allemagne du XIXe siècle. L’adaptation lyrique, dédiée à Adolf Kröner, resserre l’action autour du triangle Ekkehard – Hadwig – Praxedis et accentue les épisodes dramatiques (le rite païen, la trahison de Montfort, l’invasion des Huns).
Intrigue :
- Acte I : À l’automne, devant l’abbaye de Reichenau, les vignerons entreposent le vin, que le cellérier Rudimann goûte sans retenue ; la Waldfrau maudit le vin et s’en va. La duchesse Hadwig de Souabe, venue en bac avec sa confidente Praxedis, se plaint de ne pas connaître l’amour. Ekkehard, moine de Saint-Gall, repousse Rudimann ivre qui importune Praxedis. L’abbé Watzmann chasse les deux femmes, mais Ekkehard lui permet de visiter les trésors de l’abbaye en lui faisant envelopper les pieds dans un tissu, pour contourner l’interdit. Hadwig lui tend la main, au grand dépit du comte de Montfort.
- Acte II : Dans le jardin du château du Hohentwiel, Ekkehard lit Virgile à Hadwig, Praxedis et Montfort. Jaloux, Montfort veut perdre le moine et demande à la Waldfrau deux philtres, l’un de perdition, l’autre de passion ; elle accepte s’il assiste au rite de la Saint-Jean au Heidenstein. Interlude : Ekkehard interrompt la fête païenne, brise l’autel à coups de hache et met les fidèles en fuite ; la Waldfrau lui reproche son amour interdit pour Hadwig.
- Acte III : Dans la chapelle du château, Ekkehard renonce à ses vœux et, persuadé d’être aimé, embrasse Hadwig malgré sa résistance. L’abbé et Montfort surviennent ; Montfort tente de le poignarder, mais Hadwig l’arrête. L’abbé et la duchesse maudissent Ekkehard, emmené enchaîné.
- Acte IV : Dans la cour du château, Montfort et la Waldfrau, alliés aux Huns, préparent une attaque nocturne. Praxedis, qui aime aussi Ekkehard, le délivre de sa prison ; ils décident de rejoindre l’armée de l’empereur. Les Huns envahissent la cour : Ekkehard tue Montfort et se précipite dans le château en flammes pour sauver Hadwig. Les Huns sont vaincus, mais Ekkehard s’éloigne avant que la duchesse puisse le remercier.
- Acte V : Devant le Hohentwiel, on attend le retour de l’armée victorieuse. La Waldfrau mourante répand de fausses nouvelles de défaite. Ekkehard, grièvement blessé, revient avec Praxedis ; Hadwig se jette dans ses bras, mais il arrache ses bandages et meurt, après un ultime discours de pardon, dans les bras de Hadwig et de Praxedis.
Enregistrement(s) :

Peter Falk — 2000
Format : 2 CD, DDD, enregistrement public (concert).
Label : Capriccio
Référence : 60 080 (réédition : C5392)
Année d’enregistrement : 4 octobre 1998, Musiktage de Bad Urach (Bade-Wurtemberg) ; parution en 2000, rééditée en 2020.
Distribution :
- Ekkehard, moine de Saint-Gall : Jonas Kaufmann, ténor
- Hadwig, duchesse de Souabe : Nyla van Ingen, soprano
- Praxedis, sa confidente : Susanne Kelling, soprano
- Spazzo, chambellan de la duchesse : Henryk Böhm, baryton
- Rudimann, cellérier de l’abbaye : Christian Gerhaher, baryton
- Watzmann, abbé : Alfred Reiter, basse
- La Waldfrau (la Femme des bois) : Mihoko Fujimura, mezzo-soprano
- Le comte de Montfort : Jörg Hempel, baryton
Direction : Peter Falk
Orchestre : SWR Rundfunkorchester Kaiserslautern, Stuttgarter Choristen (chœur)
Langue : allemand
Particularité :
Seul enregistrement connu de l’œuvre, capté en concert avec de jeunes chanteurs promis à une grande carrière. Gramophone y voit l’un des opéras les plus étranges qu’il ait entendus, avec un décalage marqué entre la musique, souvent charmante et proche de Marschner et Lortzing avec quelques accents de Smetana et de Meyerbeer, et la dramaturgie du livret. Le critique salue une distribution jeune de qualité, dont Jonas Kaufmann, et la direction sympathique de Peter Falk. Le livret n’est donné qu’en allemand, avec des passages importants omis.
Postérité :
Tombé dans l’oubli au XXe siècle, l’opéra n’est connu aujourd’hui que par cet enregistrement radiophonique, d’un intérêt historique réel : il réunit deux futures stars internationales au début de leur carrière, le ténor Jonas Kaufmann (29 ans, dans le rôle-titre) et le baryton Christian Gerhaher.

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