Format :
- Melodramma (opera semiseria) en deux actes.
- Musique : Gioachino Rossini.
- Livret : Giovanni Gherardini, d’après La Pie voleuse, mélodrame de Théodore Baudouin d’Aubigny et Louis-Charles Caigniez (Paris, 1815).
- Langue : italien.
Création :
31 mai 1817, au Teatro alla Scala de Milan, sous la direction d’Alessandro Rolla.
Rossini a vingt-cinq ans. Au sommet de sa gloire italienne, il compose pour la Scala une œuvre qui mêle sentiment, tragédie et bouffonnerie dans un genre alors très en vogue, le semiseria. Selon une tradition rapportée par un biographe du XIXe siècle, on l’aurait enfermé dans une pièce du théâtre la veille de la première pour qu’il achève la sinfonia. La distribution réunissait Teresa Belloc-Giorgi (Ninetta), Vincenzo Botticelli (Fabrizio), Marietta Castiglioni (Lucia), Savino Monelli (Giannetto), Filippo Galli (Fernando), Antonio Ambrosi (Gottardo), Teresa Gallianis (Pippo), Paolo Rosignoli (Giorgio), Francesco Biscottini (Isacco et Antonio) et Alessandro De Angeli (Ernesto).
Livret :
Gherardini adapte le mélodrame parisien La Pie voleuse, qui s’inspirait lui-même d’un fait divers : une servante accusée à tort d’un vol, condamnée puis exécutée avant que l’on ne découvre son innocence. Rossini et Gherardini ne purent conserver cette issue tragique, et l’opéra se termine par la découverte du véritable coupable, la pie du titre, et la grâce du père de l’héroïne. La partition, fidèle aux conventions du semiseria, mêle un premier acte pastoral et joyeux, un air d’entrée radieux pour Ninetta, puis des scènes de procès, de prison et de marche funèbre d’un grand sérieux.
Intrigue :
- Acte I : Dans un village, le fermier Fabrizio Vingradito et sa femme Lucia préparent une fête pour le retour de la guerre de leur fils Giannetto, amoureux de la servante Ninetta ; Lucia, qui s’est laissé gagner par la méfiance, accuse la jeune fille d’avoir perdu une fourchette d’argent. Le père de Ninetta, le soldat Fernando Villabella, déserteur condamné à mort, arrive et lui confie deux couverts d’argent à vendre ; elle les cède au colporteur Isacco, mais le podestà Gottardo, qui la poursuit de ses assiduités, voit ses avances repoussées. Lorsque la fourchette de la maison reste introuvable et qu’Isacco présente les couverts marqués des initiales « F. V. », la culpabilité de Ninetta semble avérée : pour protéger son père, elle ne peut se défendre. Le podestà la fait arrêter.
- Acte II : En prison, Ninetta demande au geôlier Antonio de faire venir Pippo pour vendre son crucifix et envoyer l’argent à son père ; Giannetto la presse en vain de révéler son secret, et le podestà lui offre la liberté contre sa personne, ce qu’elle repousse avec fureur. Fernando, apprenant son sort, accourt, mais il est reconnu comme déserteur et arrêté ; les juges condamnent Ninetta à mort et le cortège funèbre se met en marche. Pippo et Antonio découvrent alors que la pie avait caché la fourchette au sommet d’une tour : l’innocence de Ninetta éclate, Fernando est gracié, et rien ne s’oppose plus au mariage de Giannetto et de Ninetta.
Enregistrement(s) :

Lü Jia — 2007
Format : 2 DVD 9 NTSC (durée : 201 min ; image 16:9, tournage en haute définition ; son PCM 2.0, Dolby Digital et DTS ; sous-titres IT, EN, DE, FR, ES)
Label : Dynamic (en collaboration avec les Amici e Sostenitori del Rossini Opera Festival ; Rai Radio 3)
Référence : 33567 (DVD, 2008)
Année d’enregistrement : 2007, en public, Rossini Opera Festival, Pesaro
Distribution :
- Ninetta : Mariola Cantarero, soprano
- Fernando Villabella : Alex Esposito, basse
- Fabrizio Vingradito : Paolo Bordogna, basse
- Lucia : Kleopatra Papatheologou, mezzo-soprano
- Giannetto : Dmitry Korchak, ténor
- Gottardo (le Podestà) : Michele Pertusi, basse
- Pippo : Manuela Custer, contralto
- Isacco : Stefan Cifolelli, ténor
- Antonio : Cosimo Panozzo, ténor
- Giorgio : Vittorio Prato, basse
- Ernesto : Matteo Ferrara, basse
Direction : Lü Jia (pianoforte : Giulio Zappa)
Orchestre : Orchestra Haydn di Bolzano e Trento, Prague Chamber Choir (chef de chœur : Lubomir Mátl)
Langue : italien
Particularité :
Captation de la production du Rossini Opera Festival 2007, dans l’édition critique d’Alberto Zedda, réalisée pour la télévision par Tiziano Mancini. La mise en scène de Damiano Michieletto (décors de Paolo Fantin, costumes de Carla Teti, lumières de Mark Truebridge) transpose l’action en costumes modernes : tubes lumineux au premier acte, scène inondée d’eau au second. Plus d’une idée y paraît gratuite, mais le plateau compense : Michele Pertusi en podestà et Manuela Custer en Pippo sont salués, Dmitry Korchak est un ténor lyrique de premier plan, et Mariola Cantarero a la voix pleine dans le grave.

Henrik Nánási — 2014
Format : 2 CD (71 min 39 s + 56 min 45 s)
Label : OehmsClassics (Oper Frankfurt)
Référence : OC 961 (2015)
Année d’enregistrement : avril 2014, en public (série de la première), Oper Frankfurt
Distribution :
- Ninetta : Sophie Bevan, soprano
- Fernando Villabella : Jonathan Lemalu, basse
- Fabrizio Vingradito : Federico Sacchi, basse
- Lucia : Katarina Leoson, mezzo-soprano
- Giannetto : Francisco Brito, ténor
- Gottardo (le Bourgmestre) : Kihwan Sim, basse
- Isacco : Nicky Spence, ténor
- Pippo : Alexandra Kadurina, contralto
- Antonio : Michael McCown, ténor
- Giorgio : Iurii Samoilov, basse
- Ernesto : Thomas Charrois
- Le juge : Carlos Krause
Direction : Henrik Nánási
Orchestre : Frankfurter Opern- und Museumsorchester, Chor der Oper Frankfurt (chef de chœur : Matthias Köhler)
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement public de la série de la première à l’Opéra de Francfort, dans la mise en scène de David Alden (décors de Charles Edwards, costumes de Jon Morrell) et l’édition d’Alberto Zedda, produit par Christian Wilde. La soprano britannique Sophie Bevan y fait ses débuts dans le rôle de Ninetta. Dans un entretien du livret, Henrik Nánási plaide pour un semiseria qui fait ressortir à la fois le comique et le tragique, et souligne que la fin, en sol majeur mais en tempo modéré, laisse volontairement le spectateur sur un point d’interrogation.
Postérité :
Succès immédiat, La gazza ladra est remaniée pour Pesaro (1818), pour le Teatro del Fondo et le San Carlo de Naples (1819-1820), puis jouée à Londres (King’s Theatre, 1821) et, en version française, à Lille (1822) et à La Nouvelle-Orléans (1824). Rossini y retoucha encore l’ouvrage à Paris en 1866-1867 pour Giuseppina Vitali puis Adelina Patti. L’édition critique d’Alberto Zedda (1979) a permis de rétablir la partition originale, enregistrée notamment par Zedda lui-même (1978, Fonit Cetra ; 2009, Naxos à Bad Wildbad), par Gelmetti à Pesaro (1989) et par Bartoletti (DVD, 1987). La célèbre sinfonia, avec ses caisses claires, est entrée dans la culture populaire : Orange mécanique de Kubrick, Il était une fois en Amérique de Leone, et le court métrage d’animation de Gianini et Luzzati nommé aux Oscars en 1965.




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