Note personnelle : ,

Rossini, Gioachino — La scala di seta (1812)

Format :

  • Farsa comica en un acte.
  • Musique : Gioachino Rossini.
  • Livret : Giuseppe Maria Foppa, d’après le livret d’Eugène Planard pour L’Échelle de soie, opéra-comique de Pierre Gaveau (Paris, 1808).
  • Langue : italien.

Création :

9 mai 1812, au Teatro San Moisè de Venise.
Rossini n’a que vingt ans. Arrivé à Venise à la fin de mars 1812, il y compose la première des trois farse commandées par l’impresario Antonio Cera pour quelques saisons, et obtient, au dire de sa propre lettre à sa mère, un triomphe : des applaudissements frénétiques « de l’ouverture à la dernière note du finale ». Fier de sa sinfonia, il note même sur l’autographe un joyeux « Accidenti ». La création réunit Gaetano Dal Monte (Dormont), Maria Cantarelli (Giulia), Carolina Nagher (Lucilla), Raffaele Monelli (Dorvil), Nicola Tacci (Blansac) et Nicola De Grecis (Germano). Reprise avec L’inganno felice, la farsa fut jouée onze fois en tout.

Livret :

Rossini avait écrit à sa mère qu’il jugeait inadapté le livret que Foppa lui avait remis et réclamait Gaetano Rossi : il fut sans doute décidé de faire écrire à Foppa un livret nouveau, taillé à la mesure de la troupe réduite du San Moisè. Le choix se porta sur L’Échelle de soie de Planard, dont Foppa reprit presque sans changement le nombre de personnages, transformant seulement les deux sœurs Julie et Lucille en cousines Giulia et Lucilla (d’où une inadvertance que seule l’édition critique a corrigée). Le sujet, apparenté par une lointaine origine anglaise (la comédie The Clandestine Marriage de Colman et Garrick, 1766, elle-même inspirée de Hogarth) au Matrimonio segreto de Cimarosa, repose sur un mariage clandestin et sur la figure de Germano, valet à l’esprit lent dont la naïveté fait avancer l’intrigue — personnage que Foppa développe bien au-delà du modèle français.

Intrigue :

  • Acte unique : Dans la maison de campagne de son tuteur Dormont, près de Paris, Giulia vient de faire sortir en secret par une échelle de soie son mari Dorvil. Dormont veut la marier à Blansac, séducteur vaniteux ; Giulia espère le rapprocher de sa cousine Lucilla, qui en est éprise, et utilise la naïveté de Germano, amoureux d’elle, pour surveiller Blansac. Blansac, pour impressionner Dorvil (un ancien camarade qu’il a amené comme témoin), se propose de séduire Giulia devant lui, caché derrière une porte à grille : la situation tourne à la confusion lorsque Giulia découvre son mari, et que Germano croit comprendre qu’un rendez-vous nocturne attend Blansac. À minuit, tous se retrouvent dans la chambre de Giulia, au pied de l’échelle : Blansac chante une sérénade, Germano se cache sous la table, Lucilla derrière la grille, et Dorvil surgit du balcon. Dormont, qui s’est montré à son tour, apprend la vérité ; Blansac consent à épouser Lucilla, et le tuteur s’incline : on ne résiste pas à l’amour.

Enregistrement(s) :

Gabriele Ferro — 1988

Format : CD (réédition « Digitally remastered »)
Label : Fonit Cetra (rééditions Ricordi, Warner Fonit)
Référence : non indiquée sur la pochette
Année d’enregistrement : septembre 1988, en relation avec les représentations du Rossini Opera Festival, Auditorium Pedrotti, Pesaro (mise en scène de Maurizio Scaparro, décors d’Emanuele Luzzati, costumes de Santuzza Calì)
Distribution :

  • Dormont : Oslavio Di Credico, ténor
  • Giulia : Luciana Serra, soprano
  • Lucilla : Cecilia Bartoli, soprano
  • Dorvil : William Matteuzzi, ténor
  • Blansac : Natale De Carolis, basse
  • Germano : Roberto Coviello, baryton

Direction : Gabriele Ferro
Orchestre : Orchestra del Teatro Comunale di Bologna
Langue : italien

Particularité :

Version issue de la production du Rossini Opera Festival de 1988, qui compte parmi les ouvrages marquants de la renaissance rossinienne de Pesaro. La distribution réunit la Giulia étincelante de Luciana Serra et la toute jeune Cecilia Bartoli en Lucilla, à l’orée de sa carrière, aux côtés du Dorvil de William Matteuzzi, tandis que Gabriele Ferro (dont José Miguel Pérez-Sierra sera plus tard l’assistant) dirige l’orchestre bolonais.

José Miguel Pérez-Sierra — 2021

Format : 2 CD (durée : 1 h 28 min 25 s)
Label : Naxos (coproduction avec le festival « Rossini in Wildbad »)
Référence : 8.660512-13 (paru en 2022)
Année d’enregistrement : 20 juillet 2021, Offene Halle Marienruhe, Bad Wildbad
Distribution :

  • Dormont : Remy Burnens, ténor
  • Giulia : Claudia Urru, soprano
  • Lucilla : Meagan Sill, soprano
  • Dorvil : Michele Angelini, ténor
  • Blansac : Eugenio Di Lieto, basse
  • Germano : Emmanuel Franco, baryton

Direction : José Miguel Pérez-Sierra (fortepiano et assistant musical : Gianluca Ascheri)
Orchestre : Kraków Philharmonic Orchestra (directeur : Alexander Humala)
Langue : italien

Particularité :

Enregistrement réalisé dans l’édition critique d’Anders Wiklund pour la Fondazione Rossini et Casa Ricordi. Produit par Stefan Gawlick (Perfect Noise) avec Andreas Nowak à la prise de son, il respecte la structure originale de la farsa, sans insérer d’air additionnel pour Blansac (l’air de concert « Alle voci della gloria », souvent greffé dans les productions modernes, n’appartient pas à la partition d’origine). Pérez-Sierra, qui avait dirigé l’œuvre à Pesaro en 2011 et qui fut l’assistant de Gabriele Ferro, y retrouve une équipe de jeunes chanteurs rossiniens.

Postérité :

Sa brièveté, sa verve et sa sinfonia, souvent donnée en concert, ont assuré à La scala di seta une présence régulière au répertoire : redécouverte à Pesaro en 1988 (Scaparro, Luzzati), filmée en 1990 sous la direction de Gianluigi Gelmetti (DVD EuroArts), puis reprise au Rossini Opera Festival en 2011 et dans la mise en scène de Damiano Michieletto sous la baguette de Claudio Scimone (DVD Opus Arte). Elle reste l’une des farse les plus jouées de Rossini : un modèle de comédie sentimentale et burlesque, où la précision de l’écriture d’ensemble annonce déjà le maître du Barbier.

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