Format :
- Melodramma giocoso (opera semiseria) en 2 actes, sous-titré « Bellezza, e cuor di ferro ».
- Musique : Gioachino Rossini (avec quelques numéros de Giovanni Pacini dans la version romaine).
- Livret : Jacopo Ferretti.
- Langue : italien
Création :
24 février 1821, Teatro Apollo, Rome.
Dernière commande romaine de Rossini, alors qu’il dirigeait les théâtres San Carlo et Fondo de Naples. Il arriva à Rome en retard avec le premier acte d’un livret napolitain, Matilde, que la censure aurait refusé ; il se tourna donc vers Jacopo Ferretti, qui dut aussi écrire dans l’urgence. Les relations entre le compositeur et le librettiste furent tendues et l’opéra, très long, fut composé dans la précipitation, avec des pages écrites par Giovanni Pacini à la demande de Rossini. Niccolò Paganini aurait dirigé la première (Giuseppe Fusconi en Corradino, Caterina Liparini en Matilde), qui fut suivie, dit-on, d’une bagarre de rue entre partisans et détracteurs de Rossini. Rossini prépara pour Naples une seconde version (novembre 1821), éliminant les pages de Pacini et ses propres auto-emprunts.
Livret :
Jacopo Ferretti reprend le livret Corradino, d’après Euphrosine ou Le tyran corrigé de François-Benoît Hoffmann (mis en musique par Méhul en 1790, puis par Morlacchi et Pavesi), qu’il fond avec la pièce Mathilde de Jacques-Marie Boutet de Monvel, et ajoute le personnage comique du poète Isidoro, en partie autoportrait. Le critique Aristarco qualifia le texte de « livret tout à fait fou ». Le caractère hybride de l’œuvre, entre semiseria et buffa, repose sur le contraste entre les personnages bouffes (Isidoro, Aliprando, Matilde) et sérieux (Edoardo, Raimondo).
Intrigue :
- Acte I : Dans le château gothique du farouche Corradino, « Cœur de fer », misogyne redouté, des paysans fuient dès qu’ils apprennent que leur maître déteste les femmes. Le poète errant Isidoro est jeté en prison pour avoir déplu ; Edoardo Lopez, fils de l’ennemi de Corradino, est emprisonné lui aussi. Matilde di Shabran, fille d’un chevalier mort au combat, est recommandée à Corradino par le médecin Aliprando. Elle décide de le dompter par ses charmes, malgré la rivalité de la comtesse d’Arco, qui prétend à sa main. Son audace le fait changer et il s’éprend d’elle ; mais le père d’Edoardo, Raimondo, marche sur le château.
- Acte II : Pendant la bataille, Isidoro suit les combats depuis un arbre. Edoardo, libéré, défend son père contre Corradino et révèle que Matilde l’a libéré. La comtesse, qui avait fait libérer Edoardo en secret pour accuser Matilde, la fait passer pour traîtresse : Corradino la condamne à être jetée dans une cascade. Désespéré en la croyant morte, il veut se jeter d’une falaise, mais Isidoro avoue avoir menti ; Matilde reparaît, tout s’achève dans la réconciliation.
Enregistrement(s) :

Francesco Corti — 1998
Format : 3 CD.
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato »)
Référence : Bongiovanni GB 2242/44-2, publié en 2000
Année d’enregistrement : 22 et 25 juillet 1998, Festival Rossini in Wildbad, Bad Wildbad (live).
Distribution :
- Matilde di Shabran : Akie Amou, soprano
- Edoardo Lopez : Roswitha Müller, contralto
- Contessa d’Arco : Agata Bienkowska, mezzo-soprano
- Corradino : Ricardo Bernal, ténor
- Raimondo Lopez : Thomas Ruf, basse
- Isidoro : Maurizio Leoni, baryton
- Aliprando : Noé Colin, baryton
- Ginardo : Gioacchino Zarrelli, basse (attribution déduite de la pochette)
- Egoldo / Rodrigo : Pavel Baxa, ténor
Direction : Francesco Corti
Orchestre : I Virtuosi di Praga
Chœur : Coro da camera di Czechia
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement de l’ouvrage, capté en direct à Bad Wildbad lors du festival, dans la version viennoise (1822).

José Miguel Pérez-Sierra — 2019
Format : 3 CD.
Label : Naxos (série « Rossini in Wildbad »), coproduction avec Deutschlandradio Kultur
Référence : Naxos 8.660492-94 (2020)
Année d’enregistrement : 16, 18 et 27 juillet 2019, Trinkhalle, Bad Wildbad (live, XXXIe festival Rossini in Wildbad).
Distribution :
- Corradino : Michele Angelini, ténor
- Matilde di Shabran : Sara Blanch, soprano
- Raimondo Lopez : Shi Zong, basse
- Edoardo Lopez : Victoria Yarovaya, contralto
- Aliprando : Emmanuel Franco, baryton
- Isidoro : Giulio Mastrototaro, baryton
- Contessa d’Arco : Lamia Beuque, mezzo-soprano
- Ginardo : Ricardo Seguel, basse-baryton
- Egoldo / Rodrigo : Julián Henao González, ténor
Direction : José Miguel Pérez-Sierra (pianoforte : Gianluca Ascheri)
Orchestre : Passionart Orchestra (direction : Janusz Wierzgacz)
Chœur : Górecki Chamber Choir (chef de chœur : Marcin Wróbel ; direction artistique : Mateusz Prendota)
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement mondial de la version originale de Rome (1821), dans l’édition nouvelle de Florian Bauer pour Rossini in Wildbad, avec les numéros de Pacini. Gramophone loue la Matilde de Sara Blanch et la comtesse de Lamia Beuque, mais préfère la version napolitaine.
Postérité :
Si l’œuvre fut jouée à Naples, Vienne (1822), Paris, Londres (1823) et New York (1834), elle a ensuite disparu : après une reprise à Florence en 1892, elle ne revint pas avant 1974 à Gênes. La version napolitaine a été préférée à Pesaro (1996, 2004, 2012) et à Covent Garden (2008), tandis que celle de Vienne a servi au festival de Bad Wildbad en 1998 ; la version originale de Rome n’a été enregistrée qu’en 2019.






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