Format :
- Melodramma giocoso (opéra buffa) en 2 actes.
- Musique : Gioachino Rossini.
- Livret : Luigi Romanelli.
- Langue : italien
Création :
26 septembre 1812, Teatro alla Scala, Milan.
Première commande de Rossini pour la Scala, alors qu’il n’a que vingt ans et n’avait jusque-là travaillé que dans le triangle Bologne–Ferrare–Venise. Il a été aidé dans cet engagement par la contralto Marietta Marcolini, qui avait déjà créé deux de ses rôles. La partition est écrite dans l’urgence, au cours d’un été marqué par la maladie du compositeur : le 10 septembre, plusieurs numéros restaient encore à composer ou à orchestrer. La création, dirigée par Alessandro Rolla avec Filippo Galli (Asdrubale), Marietta Marcolini (Clarice) et Claudio Bonoldi (Giocondo), fut l’un des grands triomphes du jeune musicien : 53 représentations, et sept numéros bissés à la dernière. Le succès aurait même contribué à lui épargner le service militaire.
Livret :
Luigi Romanelli, librettiste attitré de la Scala, livre un texte original, qui oppose la satire du monde des lettrés (le poète Pacuvio, le journaliste Macrobio) à la comédie de mœurs. Le titre renvoie à la pierre de touche qui servait à éprouver l’alliage d’or et d’argent : l’épreuve vaut aussi bien pour le caractère des prétendantes du Comte que pour celui de ses amis. L’ouvrage n’est donc pas une simple « épreuve d’amour ».
Intrigue :
- Acte I : Dans la villa du comte Asdrubale, riche célibataire méfiant envers les femmes, trois d’entre elles lui font la cour : la baronne Aspasia, donna Fulvia (toutes deux par intérêt) et la marquise Clarice, veuve sincèrement éprise de lui. Son ami le poète Giocondo aime Clarice sans retour. Pour éprouver ces dames, Asdrubale fait annoncer sa ruine par son majordome Fabrizio ; Aspasia et Fulvia s’apprêtent aussitôt à partir. Il revient alors déguisé en pacha turc, prétendu créancier, que flattent les intéressés tandis que seuls Giocondo et Clarice lui restent fidèles. Il se dévoile à la fin : ses dettes sont réglées et les cupides sont confondues.
- Acte II : Aspasia et Fulvia poussent Macrobio et Pacuvio à provoquer le Comte en duel, mais la couardise des deux compères fait tout échouer. Pendant une partie de chasse, un orage disperse les invités ; Macrobio surprend Clarice tolérant les attentions de Giocondo et en informe le Comte, qui se laisse gagner par la jalousie. Clarice, à son tour, éprouve Asdrubale : elle se fait passer pour son frère jumeau, un officier venu la chercher, et annonce que Clarice a été emmenée au loin. Le Comte, désespéré, écrit une lettre d’excuses à l’« officier » ; la lettre revient signée de Clarice, qui se dévoile. Le Comte, repentant, l’épouse et tout finit en fête.
Enregistrement(s) :

Newell Jenkins — 1972
Format : 3 CD (réédition d’un enregistrement en 3 LP).
Label : Vanguard Classics (licence Carrère)
Référence : Carrère 92 535 (CA 821 ×3) ; Vanguard Classics 08-9031-73
Année d’enregistrement : 1971-1972 (studio ; date et lieu précis non indiqués sur la pochette, ℗ Vanguard 1972).
Distribution :
- Marchesina Clarice : Beverly Wolff, contralto
- Baronessa Aspasia : Elaine Bonazzi, soprano
- Donna Fulvia : Anne Elgar, mezzo-soprano
- Conte Asdrubale : John Reardon, basse
- Giocondo : José Carreras, ténor
- Macrobio : Andrew Foldi, baryton
- Pacuvio : Justino Díaz, baryton
- Fabrizio : Raymond Murcell, basse
Direction : Newell Jenkins
Orchestre : The Clarion Concerts Orchestra (New York)
Chœur : The Clarion Concerts Chorus
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement d’ensemble de l’ouvrage, avec le jeune José Carreras dans le rôle de Giocondo. Newell Jenkins, pionnier du répertoire du XVIIIe siècle avec ses Clarion Concerts, dirige avec légèreté une distribution surtout anglo-saxonne.

Claudio Desderi — 1992
Format : 2 CD.
Label : Nuova Era Internazionale
Référence : Nuova Era 7132/33
Année d’enregistrement : 8, 10 et 12 avril 1992, Teatro Comunale, Modène (live).
Distribution :
- La Marchesa Clarice : Helga Müller-Molinari, contralto
- La Baronessa Aspasia : Antonella Trovarelli, soprano
- Donna Fulvia : Maria Costanza Nocentini, mezzo-soprano
- Il Conte Asdrubale : Roberto Scaltriti, basse
- Il Cavalier Giocondo : Paolo Barbacini, ténor
- Macrobio : Vincenzo Di Matteo, baryton
- Pacuvio : Paolo Rumetz, baryton
- Fabrizio : Alessandro Svab, basse
Direction : Claudio Desderi
Orchestre : Orchestra Camerata Musicale
Chœur : Coro del Teatro Comunale di Modena
Langue : italien
Particularité :
Version captée sur le vif à Modène, dirigée par un spécialiste du répertoire rossinien, lui-même ancien Macrobio de la production scaliène des années 1980. Helga Müller-Molinari, grande contralto rossinienne, y campe une Clarice d’expérience, et Paolo Barbacini reprend le rôle de Giocondo qu’il avait chanté à la Scala.

Bruno Aprea — 1993
Format : 2 CD (collection « Novità del Passato »).
Label : Bongiovanni
Référence : Bongiovanni GB 2179/80
Année d’enregistrement : 1993, Festival de la Vallée d’Itria, Martina Franca (live) ; l’édition discographique est parue en 1996.
Distribution :
- Marchesa Clarice : Sara Mingardo, contralto
- Baronessa Aspasia : Elisabetta Gutierrez, soprano
- Donna Fulvia : Maria Cristina Zanni, mezzo-soprano
- Conte Asdrubale : Pietro Spagnoli, basse
- Giocondo : William Matteuzzi, ténor
- Macrobio : José Fardilha, baryton
- Pacuvio : Marco Camastra, baryton
- Fabrizio : Gioacchino Zarrelli, basse
Direction : Bruno Aprea
Orchestre : Orchestre symphonique de Graz (Grazer Symphoniker)
Chœur : Chœur de chambre Sluk de Bratislava
Langue : italien
Particularité :
Prise de direct au festival de Martina Franca avec une distribution de jeunes chanteurs italiens, dont la contralto Sara Mingardo et le ténor William Matteuzzi. Pietro Spagnoli y chante le Comte.

Alessandro De Marchi — 2001
Format : 3 CD (DDD).
Label : Naxos (collection Opera Classics)
Référence : Naxos 8.660093-95 (2004)
Année d’enregistrement : Juillet 2001, Festival Rossini in Wildbad, Bad Wildbad (live).
Distribution :
- La Marchesa Clarice : Agata Bienkowska, mezzo-soprano
- La Baronessa Aspasia : Anna Rita Gemmabella, mezzo-soprano
- Donna Fulvia : Anke Herrmann, soprano
- Il Conte Asdrubale : Raffaele Costantini, basse
- Il Cavalier Giocondo : Alessandro Codeluppi, ténor
- Macrobio : Dariusz Machej, basse
- Pacuvio : Gioacchino Zarrelli, baryton
- Fabrizio : Teru Yoshihara, baryton
Direction : Alessandro De Marchi (également au clavecin)
Orchestre : Czech Chamber Soloists, Brno (premier violon : Ivan Matyás)
Chœur : Czech Chamber Chorus (chef de chœur : Pavel Baxa)
Langue : italien
Particularité :
Version intégrale publiée dans la collection économique de Naxos, avec livret complet et traduction anglaise, issue du festival de Bad Wildbad. De Marchi, spécialiste du baroque et du classicisme, dirige sur instruments modernes de chambre, avec le clavecin pour les récitatifs, dans une lecture vive et lisible.
Postérité :
Stendhal voyait dans cet ouvrage le plus grand opéra bouffe de Rossini, jugement resté sans écho sur les scènes : malgré l’échec de la reprise vénitienne de 1813, qui l’a durablement éloigné du répertoire, l’ouvrage a gagné Rio de Janeiro en 1826, puis les États-Unis en 1955 et Londres en 1963. L’Allemagne en a donné, de 1962 jusqu’au milieu des années 1980, une adaptation de Günther Rennert (« Die Liebesprobe ») qui le transformait en opérette. Des reprises plus fidèles, dont la production de la Piccola Scala de 1982 (Eduardo De Filippo, Roberto Abbado), des enregistrements comme ceux présentés ici, puis des productions à Pesaro (2002), Madrid et Paris (2007) ont permis de redécouvrir la complexité de l’œuvre.






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