Format :
- Tragédie lyrique en trois actes, « imitée de Voltaire ».
- Musique : Gaspare Spontini.
- Livret : Charles Brifaut et Michel Dieulafoy, d’après la tragédie Olympie de Voltaire.
- Langue : français.
Création :
22 décembre 1819, Paris, Académie royale de musique (première version, orthographiée « Olympie »).
Après La Vestale (1807) et Fernand Cortez (1809), succès immenses sous l’Empire, Spontini donne à Paris son ouvrage suivant alors qu’il a déjà signé un engagement à Berlin, où le roi de Prusse l’invite comme Generalmusikdirektor. L’accueil est froid : sept représentations seulement, une presse libérale hostile à ce compositeur officiel de l’Empire rallié aux Bourbons, puis l’assassinat du duc de Berry devant l’Opéra, le 13 février 1820, qui scelle le sort de l’ouvrage (la tragédie de Voltaire comme l’opéra traitent du régicide, l’assassinat d’Alexandre le Grand). Spontini s’installe à Berlin le 1er février 1820 et révise la partition : sur un livret allemand confié à E. T. A. Hoffmann, qui réécrit tout le troisième acte, Olimpia est créée à l’Opéra de Berlin le 14 mai 1821 et connaît enfin le succès. Cette version remaniée est retraduite en français pour la recréation parisienne du 27 février 1826 (« Olimpie »), avec Adolphe Nourrit fils et Laure Cinti-Damoreau dans le rôle-titre, mais l’ouvrage n’est donné que cinq fois.
Livret :
Brifaut et Dieulafoy adaptent Olympie, tragédie de Voltaire en cinq actes (Ferney, 1762 ; Comédie-Française, 1764), qu’ils condensent en trois actes en accentuant le spectaculaire : cérémonie de mariage dans le temple de Diane, marche, danses et chœurs. Dans la version de 1826, la fin sombre de Voltaire est atténuée, et Cassandre, innocent du meurtre d’Alexandre, finit par épouser Olimpie.
Intrigue :
- Acte I : Éphèse, quinze ans après la mort d’Alexandre le Grand, empoisonné. Les deux chefs rivaux, Cassandre et Antigone, se réconcilient publiquement, mais Antigone, qui a lui-même préparé le poison, cherche à savoir si Cassandre a percé son secret. Il lui demande la plus belle des captives, Aménaïs, que Cassandre s’apprête pourtant à épouser : enfant, il l’avait sauvée du massacre qui suivit la mort d’Alexandre, et elle l’aime. Pour la noce dans le temple de Diane, l’Hiérophante fait venir la vénérable prêtresse Arzane ; mais dès qu’elle entend le nom de Cassandre, elle interrompt la cérémonie dans une fureur sacrilège, tandis qu’Antigone dénonce « l’assassin du Roi ».
- Acte II : Dans le temple, après une prière expiatoire, Arzane révèle qu’elle est Statira, veuve d’Alexandre, poignardée par Cassandre qu’elle croit l’auteur de la mort du roi. Son seul espoir est de retrouver Olimpie, leur fille unique. Aménaïs paraît, et le récit des circonstances de son sauvetage ainsi que sa ressemblance avec Alexandre font comprendre qu’elle est cette fille. Cassandre confirme et jure qu’il a retiré le poignard de la poitrine de la reine et ignorait que le vin versé était empoisonné. Olimpie plaide pour lui et sa mère, émue, faillit céder, puis le rejette avec plus de violence. Antigone annonce que Statira retrouvera le trône avec sa fille, dont il deviendra le protecteur, et condamne publiquement Cassandre à mort, dressant soldats et peuple contre lui.
- Acte III : L’Hiérophante conduit Olimpie à l’abri du carnage que Cassandre, évadé, menace de faire dans le temple. Déchirée entre son amour et sa loyauté envers sa mère, elle répond à Antigone qui réclame sa main qu’elle veut se consacrer à Diane. Cassandre, la trouvant seule, tente de lui rappeler ses serments, puis s’apprête à affronter son rival en combat singulier. Antigone, mortellement blessé, invoque les puissances infernales contre Cassandre ; mais c’est lui qui est foudroyé et, dans un dernier accès de rage, il avoue publiquement ses crimes. Cassandre, innocenté, peut épouser Olimpie.
Enregistrement(s) :

Jérémie Rhorer — 2019
Format : livre-disque, 2 CD (58:24 et 76:08), édition limitée et numérotée à 3 500 exemplaires, collection « Opéra français » n° 20
Label : Palazzetto Bru Zane
Référence : —
Année d’enregistrement : 31 mai, 1er et 2 juin 2016, Philharmonie de Paris ; livre-disque paru en 2019. Version de 1826, d’après l’édition critique de Federico Agostinelli (Fondazione Pergolesi Spontini, Jesi).
Distribution :
- Olimpie : Karina Gauvin, soprano
- Statira : Kate Aldrich, mezzo-soprano
- Cassandre : Mathias Vidal, ténor
- Antigone : Josef Wagner, baryton
- L’Hiérophante / Un Prêtre : Patrick Bolleire, basse
- Hermas : Philippe Souvagie, basse
Direction : Jérémie Rhorer
Orchestre : Le Cercle de l’Harmonie ; Flemish Radio Choir (préparation du chœur : Hervé Niquet ; chef de chant : Nathalie Steinberg)
Langue : français
Particularité :
Enregistrement de la version parisienne de 1826, réalisé en studio à la Philharmonie de Paris et publiée par le Palazzetto Bru Zane, avec un livre de plus de 160 pages (essais d’Olivier Bara, Gérard Condé et Federico Agostinelli, synopsis et livret bilingue). Le rôle d’Arbate, officier de Cassandre, n’est pas distribué.
Postérité :
Si la première version de 1819 pouvait paraître audacieuse, celle de 1826 semblait déjà anachronique : Le Siège de Corinthe de Rossini (9 octobre 1826) ouvrait de nouveaux horizons esthétiques à l’Opéra de Paris, et le public ne vint pas pour Spontini mais pour l’adieu à la scène de Mme Branchu, la créatrice de Statira. Hector Berlioz, qui admirait Spontini, attribuait la chute de l’ouvrage aux circonstances politiques. Dans sa version berlinoise, Olimpia se diffusa en revanche en Europe.





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