Format :
- Opera seria (« dramma per musica ») en trois actes, RV 705.
- Musique : Antonio Vivaldi.
- Livret : Pietro Métastase, abrégé et remanié par Vivaldi.
- Langue : italien.
Création :
Printemps 1737, Vérone, Teatro dell’Accademia Filarmonica.
Quatrième titre composé par Vivaldi pour Vérone, l’opéra rencontre un grand succès : le 3 mai 1737, Vivaldi écrit au marquis Guido Bentivoglio « Ici, Dieu soit loué, mon opéra est adoré ». La distribution réunit de nouvelles recrues (le ténor local Cesare Grandi dans Catone, les castrats Lorenzo Girardi et Giacomo Zaghini) et trois fidèles du compositeur : la contralto Elisabetta Moro (Fulvio), Giovanna Gasparini (Emilia) et Anna Girò (Marzia). L’orchestre du Filarmonique, plus riche que ceux dont Vivaldi disposait à Venise, comprenait au moins vingt-deux instrumentistes résidents ; la partition requiert notamment deux trompettes et deux cors.
Livret :
Le livret de Métastase, écrit pour Rome en 1728 (Teatro delle Dame, musique de Leonardo Vinci) et déjà mis en musique par Leo et Hasse, fait partie de ces drames pseudo-historiques à visée édifiante qui cherchent dans l’histoire romaine une compensation rhétorique au déclin politique de l’Italie du XVIIIe siècle. Vivaldi, qui se tourne pour la troisième fois en dix ans vers Métastase, l’abrège et le remanie. Seuls les actes II et III de la partition sont conservés (Biblioteca Nazionale Universitaria de Turin, fonds Foà) : le premier acte et la sinfonia d’ouverture sont perdus et ont dû être reconstitués pour les enregistrements.
Intrigue :
- Acte I : Vainqueur de Pompée, Jules César est devenu maître de Rome ; seul le vieux sénateur républicain Catone lui résiste encore. Réfugié en Numidie sous la protection du prince Arbace, entouré de fidèles dont Emilia, veuve de Pompée, Catone oblige César à assiéger Utique. Mais César est épris de Marzia, fille de Catone, et espère convaincre le « père de la République » de se rendre sans combat. Marzia, promise à Arbace par son père, est déchirée entre son amour pour César et sa piété filiale ; Fulvio, légat du Sénat romain, est lui aussi partagé entre sa loyauté envers César et sa passion pour Emilia.
- Acte II : Catone refuse fièrement l’injonction du Sénat de se soumettre à César, mais accepte de le rencontrer. L’entrevue ruine les derniers espoirs de réconciliation : quand César demande la main de Marzia et que celle-ci avoue aimer l’ennemi de son père, Catone, hors de lui, maudit sa fille et promet à son rival une guerre sans merci.
- Acte III : Alors que César s’apprête à mener ses légions au combat, il tombe dans un piège tendu par la fière Emilia. Catone, dont la colère n’a pas éteint la noblesse, déjoue les plans de la veuve de Pompée, dont il condamne les méthodes indignes, et propose à César un combat singulier. La bataille a pourtant déjà commencé. Utique tombe ; Catone, résolu à périr avec la République, tente de se suicider, mais Marzia et Arbace l’en empêchent. Emilia quitte Utique en jurant de trouver ailleurs l’occasion de venger son époux, tandis que Marzia et César sont mariés dans la joie générale.
Enregistrement(s) :

Jean-Claude Malgoire — 2002
Format : 2 CD
Label : Dynamic
Référence : CDS 403/1-2
Année d’enregistrement : novembre 2001, Théâtre municipal de Tourcoing (enregistrement live, composite de plusieurs représentations).
Distribution :
- Catone : Simon Edwards, ténor
- Cesare : Jacek Laszczkowski, sopraniste
- Marzia : Liliana Faraon, soprano
- Emilia : Verónica Cangemi, soprano
- Arbace : Philippe Jaroussky, contre-ténor (alto)
- Fulvio : Diana Bertini, alto
Direction : Jean-Claude Malgoire
Orchestre : La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement intégral en trois actes, avec un premier acte reconstitué par Jean-Claude Malgoire et Frédéric Delaméa à partir du texte du livret et de plusieurs autres partitions de Vivaldi : deux des sept airs perdus ont été retrouvés dans d’autres œuvres du compositeur, les cinq autres remplacés par des airs de la maturité de Vivaldi ; les récitatifs ont été composés par Malgoire dans l’esprit de Vivaldi. Une sinfonie en fa majeur RV 135 tient lieu d’ouverture.

Alan Curtis — 2012
Format : 3 CD
Label : Naïve (Vivaldi Edition, Opere teatrali vol. 18)
Référence : OP 30545
Année d’enregistrement : septembre 2012, Lonigo (Italie).
Distribution :
- Catone : Topi Lehtipuu, ténor
- Cesare : Roberta Mameli, soprano
- Emilia : Ann Hallenberg, mezzo-soprano
- Marzia : Sonia Prina, contralto
- Fulvio : Romina Basso, mezzo-soprano
- Arbace : Emőke Baráth, soprano
Direction : Alan Curtis
Orchestre : Il Complesso Barocco
Langue : italien
Particularité :
Édition critique d’Alan Curtis (Boosey & Hawkes). Le premier acte perdu est ici reconstitué par Alessandro Ciccolini, qui dérive l’essentiel de la musique de pages authentiques de Vivaldi ; la préparation dramatique des récitatifs est de Stefano Vizioli, et Ciccolini signe aussi variations et cadences. La sinfonie d’ouverture est empruntée à L’Olimpiade (RV 725). Un critique juge la reconstitution d’une grande rigueur et la distribution très réussie.
Postérité :
Du fait de la perte du premier acte, toute exécution moderne de Catone in Utica suppose une reconstitution : c’est le cas des deux enregistrements présentés ici, l’un dirigé par Jean-Claude Malgoire en 2001, l’autre par Alan Curtis en 2012.






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