Format :
- Dramma per musica (opera seria) en trois actes, RV 727.
- Musique : Antonio Vivaldi.
- Livret : Grazio Braccioli.
- Langue : italien.
Création :
Automne 1714, Venise, Teatro Sant’Angelo (dédicace du livret datée du 10 novembre).
Vivaldi est à la fois compositeur et impresario du théâtre, avec son père Giovanni Battista. La production est somptueuse, avec des décors de Bernardo Canal, père de Canaletto, et Antonio Francesco Carli dans le rôle-titre. L’ouvrage est mal accueilli : donné quelques fois seulement, il est remplacé le 1er décembre par une version remaniée de l’Orlando furioso de Giovanni Alberto Ristori, déjà représenté avec succès en 1713 par la même compagnie ; une bonne part de la musique de Vivaldi a été réutilisée dans cette reprise.
Livret :
Grazio Braccioli, qui avait déjà signé l’Orlando furioso de Ristori, tire l’intrigue d’un épisode de la matière de Roland, empruntée à l’Orlando innamorato de Boiardo : le paladin Orlando, prisonnier de la magicienne Ersilla, doit cacher son identité en feignant la folie, tandis que travestissements et amours croisées se multiplient autour de lui. C’est le succès de l’Orlando furioso de 1713 qui avait conduit à cette commande.
Intrigue :
- Acte I : Dans un temple de Démogorgon et de Pluton, la reine-magicienne Ersilla enchante une épée magique et en fait don à Argillano, qu’elle désigne pour détruire Orlando. Origille déguise Grifone en « Leodilla » pour le protéger. À l’aube, Orlando détruit l’arbre enchanté et Ersilla l’endort. Séduite par Brandimarte, elle accepte de libérer son prisonnier.
- Acte II : Origille se déguise en homme, « Ordauro ». Orlando se fait reconnaître d’Argillano ; Brandimarte déclare alors qu’Orlando est fou, et celui-ci feint la folie. Argillano dénonce Grifone à Ersilla, qui l’emprisonne ; Grifone refuse de trahir Orlando.
- Acte III : Origille délivre Grifone. Ersilla attire Orlando dans une grotte avec une fausse Angelica ; Brandimarte se fait passer pour Orlando et déclare sa flamme au double d’Angelica, ce qui révèle la ruse. Au coucher du soleil, Orlando brise ses chaînes, détruit la colonne magique et met fin au pouvoir d’Ersilla, qui s’enfuit en jurant de se venger. Orlando pardonne à Argillano, et les couples sont réunis.
Enregistrement(s) :

Alessandro De Marchi — 2004
Format : 3 CD
Label : Naïve (Vivaldi Edition)
Référence : OP 30392 (parution : juin 2004)
Année d’enregistrement : décembre 2003, en prélude aux concerts donnés à Turin (dont celui du 19 décembre 2003).
Distribution :
- Orlando : Antonio Abete, basse
- Ersilla : Gemma Bertagnolli, soprano
- Tigrinda : Marina Comparato, mezzo-soprano
- Origille : Sonia Prina, contralto
- Argillano : Manuela Custer, contralto
- Grifone : Martin Oro, contre-ténor
- Brandimarte : Marianna Pizzolato, mezzo-soprano
Direction : Alessandro De Marchi
Orchestre : Academia Montis Regalis
Chœur : Coro del Teatro Regio di Torino
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement complet de l’œuvre, complété en appendice par neuf airs supplémentaires. Salué par un Editor’s Choice de Gramophone (septembre 2004), il a aussi suscité des réserves de la critique sur certains choix de distribution : les rôles de Tigrinda et d’Orlando y sont jugés inégalement servis, tandis que Marianna Pizzolato et Sonia Prina sont remarquées. La mezzo Sara Mingardo, qui avait chanté dans certaines représentations, ne figure pas dans l’enregistrement. La direction d’Alessandro De Marchi est louée pour sa précision et la variété de ses climats.
Postérité :
L’œuvre a connu des reprises modernes, scéniques ou semi-scéniques sous la direction d’Ondřej Macek (Mnichovo Hradiště en 2000, Scuola Grande di San Rocco à Venise, Český Krumlov).






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