Note personnelle : , ,

Verdi, Giuseppe — Stiffelio (1850)

Format :

  • Dramma lirico en trois actes.
  • Musique : Giuseppe Verdi.
  • Livret : Francesco Maria Piave, d’après la pièce d’Émile Souvestre et Eugène Bourgeois, Le Pasteur, ou L’Évangile et le foyer (1849).
  • Langue : italien

Création :

16 novembre 1850, Teatro Grande, Trieste.
Sous la pression de la censure impériale autrichienne, qui intervient trois jours avant la première, Verdi doit accepter de lourdes modifications : dans la scène d’aveu de Lina, la phrase « Ministro, confessatemi » devient l’absurde « Rodolfo, ascoltatemi », et la lecture de la parabole de la femme adultère, au dernier acte, est elle aussi modifiée. L’ouvrage, mutilé, est mal compris du public et il n’est joué qu’une fois de plus, à Venise en 1852. Verdi le retire et le remanie en 1857 avec Piave sous le titre Aroldo, en transposant l’action dans l’Angleterre médiévale, avec un quatrième acte nouveau. La partition d’origine, longtemps tenue pour perdue, est redécouverte au XXe siècle : une copie retrouvée à Naples permet une reprise au Teatro Regio de Parme en 1968, et l’autographe est examiné par Philip Gossett en 1992 ; la première exécution intégrale de l’édition critique a lieu au Metropolitan Opera de New York le 21 octobre 1993.

Livret :

Verdi cherchait un sujet moderne et moral après l’expérience décevante de Luisa Miller à Naples, et c’est Piave qui lui propose le drame parisien de Souvestre et Bourgeois, tiré d’un roman de Souvestre. L’originalité du sujet tient à son héros, un pasteur protestant (ahasvérien) cocu : ses convictions religieuses l’empêchent de réagir comme l’aurait fait un mari ordinaire, que la loi du XIXe siècle exonérait s’il tuait sa femme ou son amant en flagrant délit. Stiffelio n’est pas un baryton jaloux comme dans les opéras précédents, mais un amoureux exalté, un ténor jusqu’à la dernière fibre. La grande scène finale dans l’église, presque entièrement récitée, compte parmi les idées les plus radicales de Verdi.

Intrigue :

  • Acte I : Le pasteur Stiffelio séjourne avec sa femme Lina au château de son beau-père, le colonel Stankar, qui soupçonne Lina de tromper son mari. Stiffelio trouve des papiers qui pourraient prouver l’adultère, mais, en bon chrétien, les jette au feu sans les lire. Lina voudrait lui confesser son aventure avec le jeune noble Raffaele, mais Stankar le lui interdit pour sauver l’honneur de la famille. Le vieux pasteur Jorg surprend Raffaele en train de faire parvenir une lettre à Lina ; les soupçons de Stiffelio grandissent.
  • Acte II : Lina, qui prie sur la tombe de sa mère, regrette de s’être donnée à Raffaele dans un moment de faiblesse. Raffaele la poursuit de ses assiduités. Stankar survient, muni de deux épées, et provoque Raffaele en duel. Stiffelio sort de l’église et exhorte les adversaires à se pardonner. Hors de lui, Stankar révèle que Raffaele est l’amant de Lina ; Stiffelio saisit l’épée mais Jorg lui rappelle le commandement chrétien du pardon. Déchiré entre vengeance et culpabilité, Stiffelio s’effondre sur les marches de l’église.
  • Acte III : Stankar songe au suicide pour laver l’affront, mais apprend que Raffaele n’a pas fui ; il décide de le tuer. Stiffelio convoque Lina et lui propose le divorce afin qu’elle puisse épouser Raffaele ; elle répond qu’elle l’aime encore et que Raffaele a profité de sa faiblesse. Stankar a déjà tué Raffaele. À l’église, Stiffelio ouvre la Bible, tombe sur la parabole de la femme adultère et, devant toute la congrégation, pardonne à sa femme.

Enregistrement(s) :

Stiffelio, Gardelli, Philips 1979

Lamberto Gardelli — 1979

Format : CD (enregistrement studio, 2 CD, livret joint)
Label : Philips (Classics)
Référence : Philips 422 432-2 (1990) ; rééd. Decca 475 6775 (2005) ; LP Philips 6769 039 (1980)
Année d’enregistrement : 1979 (juin), Vienne

Distribution :

  • Stiffelio : José Carreras, ténor
  • Lina : Sylvia Sass, soprano
  • Stankar : Matteo Manuguerra, baryton
  • Raffaele : Ezio Di Cesare, ténor
  • Jorg : Wladimiro Ganzarolli, basse
  • Federico di Frengel : Thomas Moser, ténor
  • Dorotea : Maria Venuti

Direction : Lamberto Gardelli
Orchestre : Orchestre symphonique et chœur de l’ORF (Radio autrichienne), Vienne
Langue : italien

Particularité :

Une référence discographique de longue date pour une œuvre redécouverte depuis peu : Carreras, au sommet de ses moyens, chante un Stiffelio généreux mais parfois trop poussé pour un rôle un peu lourd pour lui, tandis que Sylvia Sass, très expressive, est considérée comme l’atout principal du plateau. Gardelli suit scrupuleusement les indications de Verdi et soutient les chanteurs sans les presser.

Stiffelio, Battistoni, Parme 2012

Andrea Battistoni — 2012

Format : Vidéo (captation haute définition, coll. « Tutto Verdi »)
Label : C Major Entertainment / Unitel Classica
Référence : Édition C Major 2012, coll. « Tutto Verdi » (Teatro Regio di Parma)
Année d’enregistrement : 18 et 24 avril 2012, Teatro Regio di Parma (captation en direct)

Distribution :

  • Stiffelio : Roberto Aronica, ténor
  • Lina : Yu Guanqun, soprano
  • Stankar : Roberto Frontali, baryton
  • Raffaele : Gabriele Mangione, ténor
  • Jorg : George Andguladze, basse
  • Federico di Frengel : Cosimo Vassallo
  • Dorotea : Lorelay Solis

Direction : Andrea Battistoni
Orchestre : Orchestre et chœur du Teatro Regio di Parma (chef de chœur : Martino Faggiani ; orgue : Simone Savina)
Langue : italien

Particularité :

Captation du cycle « Tutto Verdi » du Teatro Regio de Parme, sur la base de l’édition critique de Kathleen Hansell. Mise en scène et lumières de Guy Montavon, décors et costumes de Francesco Calcagnini, réalisation vidéo de Tiziano Mancini : un univers protestant sobre et austère, dominé par des pierres suspendues et des chœurs en bonnets noirs.

Postérité :

Longtemps tenu pour perdu, Stiffelio a connu une véritable renaissance à partir des années 1960, avec la reprise de Parme en 1968, puis la redécouverte de l’autographe et l’édition critique de Kathleen Hansell (University of Chicago Press / Ricordi, 2003). L’œuvre est aujourd’hui reconnue comme une étape décisive entre Luisa Miller et Rigoletto, par l’audace de son sujet et par la radicalité de sa scène finale, toujours impressionnante pour le public.

Sources :

Wikipédia — Stiffelio · Wikipedia (EN) — Stiffelio · Operadis — discographie · Opera Today — Verdi : Stiffelio · Livret de l’enregistrement Battistoni 2012 (C Major / Unitel Classica).

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