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Verdi, Giuseppe — La Battaglia di Legnano (1849)

Format :

  • Tragedia lirica en quatre actes.
  • Musique : Giuseppe Verdi.
  • Livret : Salvadore Cammarano, d’après la pièce de Joseph Méry La Bataille de Toulouse (1828).
  • Langue : italien.

Création :

27 janvier 1849, Rome, Teatro Argentina.
Verdi compose l’ouvrage à Paris, sur commande du théâtre, puis se rend à Rome à la fin de 1848 pour le mettre en scène. Le contexte est brûlant : le pape Pie IX a fui Rome en novembre 1848 pour se réfugier à Gaète, dans le royaume de Naples, et la République romaine est proclamée le 5 février 1849, soit dix jours après la première. Un opéra de propagande patriotique ne pouvait alors être donné que dans les parties de l’Italie où les anciens souverains n’avaient pas encore été rétablis. La création est un triomphe : le public bisse l’intégralité du dernier acte. Après la chute de la République romaine (3 juillet 1849), puis celle de Venise, plus aucune représentation d’une œuvre aussi ouvertement révolutionnaire n’est envisageable ; la censure autrichienne s’en mêle, et une production à Gênes en 1850 échoue. L’ouvrage ne survit un temps que déguisé sous d’autres titres et d’autres sujets (L’assedio di Haarlem, La disfatta degli Austriaci).

Livret :

Cammarano adapte la pièce de Méry La Bataille de Toulouse, très populaire en Italie, et la transpose dans la Lombardie de 1176, lors du conflit opposant la Ligue lombarde à l’empereur Frédéric Barberousse. La bataille de Legnano n’est en réalité qu’un arrière-plan assez superficiel : le sujet est l’Italie du Risorgimento, les États lombards incarnant les provinces italiennes rebelles de 1848-1849 et Barberousse le reflet de l’empereur régnant à Vienne. Avant la création, Ricordi avait proposé de déplacer l’action pendant les guerres des Flandres (L’assedio di Arlem) ; Cammarano refusa et abandonna ses droits sur le livret en février 1849.

Intrigue :

  • Acte I (Egli vive !) : Milan, 1176. Les soldats de la Ligue lombarde se rassemblent pour défendre leur pays contre l’empereur allemand Frédéric Barberousse. Parmi les troupes de Vérone, Rolando reconnaît Arrigo, un ami de jeunesse qu’il croyait mort, et se réjouit de combattre à ses côtés. Mais Lida, l’épouse de Rolando, avait d’abord été fiancée à Arrigo et n’avait épousé son ami qu’à la nouvelle de sa prétendue mort ; elle ne s’est jamais remise de cette perte. Son trouble, quand elle apprend qu’Arrigo est vivant, permet au prisonnier allemand Marcovaldo de deviner ses vrais sentiments. Lors des retrouvailles avec Lida, Arrigo l’accable de reproches amers.
  • Acte II (Barbarossa) : Les ambassadeurs de Milan, Rolando et Arrigo, demandent au conseil de Côme de rejoindre la Ligue lombarde. Les conseillers refusent, mais Barberousse lui-même fait irruption et, désignant ses troupes rassemblées, menace de détruire Milan.
  • Acte III (L’infamia) : Dans la crypte de la basilique Sant’Ambrogio de Milan, Arrigo rejoint les Chevaliers de la Mort et jure de défendre sa patrie jusqu’à la mort ; dans une lettre, il sollicite une audience de Lida. Rolando fait ses adieux à sa famille et prie Arrigo, s’il tombe au combat, de veiller sur Lida et sur leur fils. Dans la nuit, Lida tente de prouver à Rolando sa fidélité, mais Marcovaldo apporte la lettre d’Arrigo ; Rolando, stupéfait, les croit coupables. Son châtiment est de ne pas mourir, la honte de n’avoir pas combattu pour sa patrie étant pire : il enferme Arrigo avec Lida, mais, quand les troupes s’ébranlent, Arrigo s’échappe par le balcon pour rejoindre les autres soldats.
  • Acte IV (Morire per la patria) : Les Lombards ont vaincu et Arrigo a terrassé Barberousse. Mais lui-même est mortellement blessé et, sur son lit de mort, se réconcilie avec Rolando et son épouse, qui lui est toujours restée fidèle. Arrigo baise le drapeau de la Ligue victorieuse et meurt.

Enregistrement(s) :

Previtali — 1951

Format : 2 CD (enregistrement radiophonique)
Label : Mondo Musica (collection « Opera Collection », série « I Luoghi Verdiani 1901-2001 »)
Référence : MMO 91106 (LCO 1507)
Année d’enregistrement : 1951, Turin (édition CD en 2000-2001)
Distribution :

  • Federico Barbarossa, Primo console, Marcovaldo, Il Podestà di Como : Albino Gaggi, basse/baryton
  • Rolando : Rolando Panerai, baryton
  • Lida : Caterina Mancini, soprano
  • Arrigo : Amedeo Berdini, ténor
  • Imelda : Edmea Limberti, mezzo-soprano
  • Un araldo : Manfredi Ponz de Leon, ténor

Direction : Fernando Previtali (chef de chœur : Gaetano Riccitelli)
Orchestre : Orchestra Sinfonica e Coro della RAI di Roma
Langue : italien

Particularité :

Document historique issu d’une production radiophonique de la RAI. Le jeune Rolando Panerai y chante déjà Rolando, face à Caterina Mancini et Amedeo Berdini. Une même voix, celle d’Albino Gaggi, assume les quatre petits rôles de Barberousse, du premier consul, de Marcovaldo et du podestà de Côme. La prise de son est celle d’une bande radiophonique de 1951.

Gardelli — 1977

Format : 2 CD (enregistrement studio)
Label : Philips
Référence : 422 435-2 (CD, 1989) ; 6700 120 (2 LP, 1979)
Année d’enregistrement : 1977
Distribution :

  • Federico Barbarossa : Nicola Ghiuselev, basse
  • Rolando : Matteo Manuguerra, baryton
  • Lida : Katia Ricciarelli, soprano
  • Arrigo : José Carreras, ténor
  • Primo console : Hannes Lichtenberger, basse
  • Secondo console : Dimitri Kavrakos, basse
  • Marcovaldo : Jonathan Summers, baryton
  • Il Podestà di Como : Franz Handlos, basse
  • Imelda : Ann Murray, mezzo-soprano
  • Un araldo : Mieczyslaw Antoniak, ténor

Direction : Lamberto Gardelli
Orchestre : Orchestre symphonique et chœur de l’ORF (Vienne)
Langue : italien

Particularité :

Version de studio, complète, placée sous la direction de Lamberto Gardelli, grand spécialiste du Verdi des années 1840. Elle réunit autour de Matteo Manuguerra (Rolando) et de Nicola Ghiuselev (Barberousse) le couple de vedettes Katia Ricciarelli et José Carreras, dans une distribution de luxe jusque dans les petits rôles (Jonathan Summers en Marcovaldo, Ann Murray en Imelda).

Brott — 2012

Format : DVD (NTSC, 16:9, PCM stéréo et 5.1, 130 min) et Blu-ray
Label : C Major / Unitel Classica (collection « Tutto Verdi », Teatro Regio di Parma)
Référence : C Major 722608 (DVD) ; 722704 (Blu-ray)
Année d’enregistrement : 2012 (captation en direct au Teatro Lirico « Giuseppe Verdi » de Trieste, les 23 et 29 février et le 2 mars)
Distribution :

  • Federico Barbarossa : Enrico Giuseppe Iori, basse
  • Rolando : Leonardo López Linares, baryton
  • Lida : Dimitra Theodossiou, soprano
  • Arrigo : Andrew Richards, ténor
  • Primo console : Francesco Musinu, basse
  • Secondo console : Federico Benetti, basse
  • Il Podestà di Como : Gabriele Sagona, basse
  • Marcovaldo : Giovanni Guagliardo, baryton
  • Imelda : Sharon Pierfederici, mezzo-soprano
  • Un araldo : Alessandro De Angelis, ténor
  • Lo scudiero di Arrigo : Nicola Pascoli, ténor

Direction : Boris Brott (mise en scène : Ruggero Cappuccio ; décors et costumes : Carlo Savi, avec la participation de Mimmo Paladino et Matthew Spender ; lumières : Nino Napoletano ; chef de chœur : Paolo Vero)
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro Lirico « Giuseppe Verdi » di Trieste
Langue : italien (sous-titres en anglais, allemand, français, espagnol, italien, japonais, coréen et chinois)

Particularité :

Seule version vidéo de cette liste. La critique (MusicWeb International) a surtout salué le Rolando de Leonardo López Linares, au baryton engagé et riche, et les brèves interventions d’Enrico Giuseppe Iori (Barberousse) et de Gabriele Sagona (podestà). Andrew Richards est jugé lumineux mais mince dans l’aigu, Dimitra Theodossiou plus inégale (coloratures, legato, justesse de la prière finale) ; le chœur manque de poids et la direction de Boris Brott paraît correcte sans plus. La mise en scène de Ruggero Cappuccio, faite de tableaux peints sans lien évident avec l’action, laisse perplexe.

Postérité :

Julian Budden tenait La battaglia di Legnano pour l’œuvre la plus constamment réussie de Verdi jusqu’alors : les chœurs comme les pages solistes comptent parmi les plus belles des années 1840, et l’orchestration, notamment les cuivres, témoigne de l’influence des innovations instrumentales françaises. Trop liée à un moment historique précis, l’œuvre est pourtant restée à l’écart du répertoire (reprises à la Scala en 1916 et 1961, à Rome en 1983 et 2011, à Parme en 2012). Au début du XXIe siècle, sa redécouverte est devenue plus délicate encore, car le mythe de la Ligue lombarde a été récupéré par la Ligue du Nord, dont le manifeste séparatiste vise une « Padanie » détachée du reste de l’Italie.

Sources :

Wikipedia · Operadis · C Major · MusicWeb International · Livret du DVD C Major (Anselm Gerhard, Eva Reisinger).

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