Format :
- Opérette (komische Operette) en 3 actes.
- Musique : Franz von Suppé.
- Livret : F. Zell (Camillo Walzel) et Richard Genée, d’après le livret d’Eugène Scribe pour La Circassienne de Daniel-François-Esprit Auber (1861).
- Langue : Allemand.
Création :
5 janvier 1876, au Carltheater de Vienne.
Suppé a alors cinquante-six ans. Installé de longue date dans la vie théâtrale viennoise, rompu à l’opérette de salon comme à la verve parodique héritée de l’opéra-comique français, il livre avec Fatinitza sa première opérette de grande dimension, au moment où le genre viennois, porté par Johann Strauss, s’affirme face à l’opérette parisienne. L’œuvre s’inscrit dans cette veine : orchestration vive, ensembles pétulants, marches entraînantes et couleur orientale de convention.
Livret :
Le texte est dû à F. Zell, pseudonyme de Camillo Walzel, et à Richard Genée, tous deux collaborateurs réguliers du Carltheater et futurs librettistes de Boccaccio (1879) et de Donna Juanita (1880). Il adapte La Circassienne d’Eugène Scribe, mise en musique par Auber en 1861, en transformant le rôle principal, le lieutenant Wladimir, en rôle travesti confié à une mezzo-soprano : déguisé en femme sous le nom de « Fatinitza », il séduit malgré lui un général russe irascible. Le cadre est celui d’une campagne russo-turque, prétexte à un mélange de comédie militaire, de travestissement et d’exotisme de harem.
Intrigue :
- Acte I : Dans un camp russe près de Roustchouk, le correspondant de guerre Julian est pris pour un espion, mais le lieutenant Wladimir parvient à le disculper. Les soldats montent un spectacle de fortune et Wladimir y revêt le costume de « Fatinitza », pour le plus grand trouble du général Kantschukoff, qui croit retrouver en elle un ancien amour. Lydia, nièce du général et aimée de Wladimir, reconnaît son amoureux sous le déguisement ; Julian prétend alors que Fatinitza est la sœur de Wladimir. Des bachi-bouzouks attaquent le camp et enlèvent Fatinitza et Lydia.
- Acte II : Dans la forteresse turque, Izzet Pacha convoite Lydia pour son harem, mais ses épouses, jalouses, aident Fatinitza à préparer l’évasion. Julian et le sergent Steipann négocient : le pacha n’accepte de libérer que Lydia. Pendant que Julian occupe le pacha, Steipann introduit les soldats russes dans la forteresse pour les délivrer.
- Acte III : Le général apprend que Fatinitza a été retrouvée, mais la femme qui se présente est une vieille dame homonyme. Pour rompre les fiançailles de Lydia avec un vieil ami, il consent à libérer la jeune fille si Wladimir renonce à « Fatinitza ». Julian et Wladimir font alors produire une lettre affirmant que la vraie Fatinitza est morte de chagrin ; en sa mémoire, le général accorde Lydia au « frère de Fatinitza ».
Enregistrement(s)

Vinzenz Praxmarer — 2007
Format : CD (2 disques)
Label : cpo
Référence : 777 202-2
Année d’enregistrement : Production du Lehár Festival de Bad Ischl (2006), parution en août 2007
Distribution :
- Wladimir Samoiloff / « Fatinitza » : Stephanie Houtzeel, mezzo-soprano
- Général Kantschukoff : Steven Scheschareg, baryton
- Lydia Uschakoff : Zora Antonic, soprano
- Julian von Golz : Christian Bauer, ténor
- Izzet Pacha : Bernhard Adler, basse-baryton
Direction : Vinzenz Praxmarer
Orchestre : Franz-Lehár-Orchester & Chor des Lehár Festivals Bad Ischl
Langue : Allemand
Particularité :
Cet enregistrement est présenté comme la première version discographique de l’opérette dans sa forme scénique d’origine, issue de la production donnée l’année précédente au Lehár Festival de Bad Ischl, festival autrichien consacré à l’opérette. Il constitue de ce fait l’unique témoignage intégral de l’œuvre au disque, à côté d’un abrégé en anglais de 1910 : l’enregistrement permet d’entendre l’ensemble de la partition, y compris la célèbre marche « Vorwärts mit frischem Muth », dans une distribution travaillée par l’équipe du festival, avec un Wladimir confié, comme à la création, à une voix de mezzo-soprano.
Postérité :
Fatinitza a connu à Vienne plus de cent représentations et s’est imposée internationalement : traductions tchèque et suédoise dès 1876, italienne en 1877, anglaise à Londres en 1878 puis à New York en 1879, sans oublier la version française de Bruxelles (1878) et la reprise très remaniée du Théâtre des Nouveautés à Paris (1879, reprise en 1882). Suppé enchaînera ensuite sur le même terrain avec Boccaccio et Donna Juanita, avec les mêmes collaborateurs. Aujourd’hui, l’ouvrage est rarement monté, mais son ouverture et sa marche restent fréquemment au programme des concerts de musique viennoise.






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