Format :
- Commedia lirica en un prologue, deux actes et un épilogue.
- Musique : Ottorino Respighi (1879-1936).
- Livret : Claudio Guastalla, d’après la comédie d’Ercole Luigi Morselli, elle-même inspirée de la nouvelle Belfagor arcidiavolo de Machiavel.
- Langue : italien.
Création :
26 avril 1923, Teatro alla Scala, Milan, sous la direction d’Antonio Guarnieri (Toscanini n’étant pas disponible), décors de Vittorio Rota.
Respighi, alors âgé de quarante-trois ans, dédie la partition à la mémoire d’Ercole Luigi Morselli, auteur de la comédie dont elle est tirée. La distribution de la création réunissait Margaret Sheridan (Candida), Francesco Merli (Baldo), Mariano Stabile (Belfagor), Gaetano Azzolini (Mirocleto) et Anna Gramegna (Olimpia). Le public réserva un accueil chaleureux, avec de nombreux rappels pour le compositeur, mais la critique fut partagée : Marinetti salua les aspects futuristes de l’œuvre, tandis que Gaetano Cesari jugea incomplètement réussi le mélange de féerie, de bouffonnerie, de miracle et de sentimentalité. La partition fut publiée par Ricordi en 1924.
Livret :
Claudio Guastalla, librettiste régulier de Respighi, adapte la comédie de Morselli, qui reprenait librement la nouvelle de Machiavel : un archidiable envoyé sur terre pour éprouver si le mariage est vraiment l’enfer des hommes. Le ton mêle comédie, merveilleux et miracle.
Intrigue :
- Prologue : Belfagor arrive dans un village et explique à l’apothicaire Mirocleto, père de trois filles, qu’il vient des enfers pour vérifier si le mariage est bien l’enfer des hommes ; il dispose de beaucoup d’argent et doit passer dix ans auprès d’une épouse.
- Acte I : Sous les traits du riche et beau Ipsilonne, Belfagor rend visite à Mirocleto. Fidelia et Maddalena sont séduites, mais il choisit la plus jeune, Candida, qui reste indifférente. Mirocleto et sa femme Olimpia acceptent de la céder contre de l’argent, bien que Candida aime le marin Baldo.
- Acte II : Un mois plus tard, dans le château luxueux d’Ipsilonne, Candida, mariée de force, a résisté et le mariage n’est pas consommé. Avec l’aide de Baldo, elle s’enfuit après avoir fait croire à Ipsilonne qu’elle est prête à passer la nuit avec lui.
- Épilogue : Candida et Baldo trouvent refuge auprès du curé. Belfagor revient en vagabond et insinue chez Baldo le doute sur la fidélité de Candida ; celle-ci proteste, et ce n’est qu’après avoir prié la Madone pour obtenir un miracle, les cloches de l’église se mettant à sonner d’elles-mêmes, que Baldo se laisse fléchir.
Enregistrement :

Lamberto Gardelli — 1989
Format : 2 CD, avec livret trilingue (italien, anglais, hongrois) et notice en cinq langues ; mention « 1st recording » sur la pochette.
Label : Hungaroton (réédition Hungaroton Classic en 2003).
Référence : HCD 12850-51.
Année d’enregistrement : 1989.
Distribution :
- Belfagor (Ipsilonne) : Lajos Miller, baryton
- Candida : Sylvia Sass, soprano
- Baldo : Giorgio Lamberti (Casellato-Lamberti), ténor
- Mirocleto : László Polgár, basse
- Olimpia : Klára Takács, mezzo-soprano
- Fidelia : Magda Kalmár
- Maddalena : Mária Zempléni
- Menica : Márta Lukin
- Don Biagio : János Tóth
- Un vieillard : Pál László Baranyi
- Un garçon : Zita Komarniczky
Direction : Lamberto Gardelli
Orchestre : Hungarian State Orchestra ; Hungarian Radio and Television Chorus
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement de l’œuvre, comme l’indique la pochette, réalisé par des forces hongroises sous la direction de Lamberto Gardelli, grand spécialiste du répertoire lyrique italien, avec Sylvia Sass en Candida et Lajos Miller en Belfagor. Cet enregistrement reste la référence discographique de l’ouvrage.
Postérité :
Œuvre rarement jouée, Belfagor est restée dans l’ombre des poèmes symphoniques les plus célèbres de Respighi (Fontaines de Rome, Pins de Rome, Fêtes romaines). Son mélange de comédie, de féerie et de miracle, sa verve orchestrale et le rôle de l’archidiable Belfagor, confié à Mariano Stabile à la création, en font néanmoins l’une des partitions lyriques les plus originales du compositeur ; la parution du set Hungaroton de Gardelli, repris par Hungaroton Classic en 2003, a permis de la découvrir au disque.

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