Format :
- Opéra (melodramma) en trois actes.
- Musique : Ottorino Respighi (1879-1936).
- Livret : Claudio Guastalla, d’après la pièce Anne Pedersdotter (1908) de Hans Wiers-Jenssen.
- Langue : italien.
Création :
23 janvier 1934, Teatro Reale dell’Opera, Rome.
Respighi dirige lui-même la première, dans une mise en scène d’Alessandro Sanine et des décors de Nicola Benois. La distribution réunit Giuseppina Cobelli (Silvana), Angelo Minghetti (Donello), Carlo Tagliabue (Basilio), Aurora Buades d’Alessio (Eudossia), Laura Pasini (Monica) et Angelica Cravcenco (Agnese di Cervia). L’œuvre est créée en pleine période fasciste et obtient un succès considérable. La partition fait appel à un grand orchestre et à un chœur mixte.
Livret :
Guastalla adapte la pièce de Hans Wiers-Jenssen, inspirée du destin d’Anne Pedersdotter, Norvégienne accusée de sorcellerie et brûlée en 1590. Respighi et lui transposent l’action dans la Ravenne byzantine du VIIe siècle, ce qui donne au drame une couleur à la fois archaïque et liturgique.
Intrigue :
- Acte I : Dans la villa d’été de Basilio, sa mère Eudossia et les servantes filent en parlant de sorcellerie. Silvana, jeune épouse de Basilio, confie à Monica qu’elle se sent malheureuse. Une foule poursuit Agnese di Cervia, amie de la mère de Silvana, accusée de sorcellerie et d’infanticide ; elle supplie Silvana de la cacher, mais esquive le serment d’innocence que celle-ci lui demande. Donello, fils de Basilio, revient après de longues années d’absence : lui et Silvana, qui se connaissaient enfant, retrouvent leur ancienne complicité. À l’instigation d’Eudossia, la maison est fouillée, Agnese est découverte et emmenée au bûcher en clamant son innocence.
- Acte II : Au palais, Silvana fait avouer à Monica qu’elle aime Donello ; celle-ci est envoyée au couvent. Basilio prépare la guerre contre le pape. Donello rapporte les dernières paroles d’Agnese, qui avait accusé Silvana de l’avoir cachée et la mère de Silvana d’avoir contraint l’exarque, par des sortilèges, à épouser sa fille. Basilio menace de faire couper la langue à quiconque répétera les propos de la sorcière, mais avoue ensuite à Silvana que l’accusation est vraie : ensorcelé au début, il l’aime désormais sincèrement. Restée seule, Silvana se demande si elle possède de tels pouvoirs et, pour l’éprouver, murmure le nom de Donello : il apparaît et ils s’enlacent.
- Acte III : Dans la chambre de Donello, les amants chantent leur passion. Eudossia devine la vérité. Basilio, brisé, annonce à Donello que l’impératrice Irène le rappelle à Byzance ; Donello, d’abord réticent, décide de partir pour fuir son désir. Silvana accuse Eudossia de vouloir la séparer de Donello et reproche à Basilio de lui avoir refusé une vraie vie, avouant avoir souhaité sa mort ; Basilio s’effondre, foudroyé par une crise cardiaque. Eudossia accuse Silvana de sorcellerie. Devant la basilique San Vitale, Silvana clame son innocence, mais, abandonnée de tous, elle ne parvient pas à prêter serment sur une relique. Elle est condamnée, l’évêque la maudit et la foule crie « sorcière ! ».
Enregistrement(s) :

Carlo Rizzi — 2025
Format : Blu-ray vidéo (1 disque, 1080i Full HD 16:9, son PCM stéréo, durée environ 130 minutes).
Label : EuroArts
Référence : 4248264 (code-barres 0880242482648)
Année d’enregistrement : captation de la production du Deutsche Oper Berlin de 2024 ; parution le 20 juin 2025.
Distribution :
- Silvana : Olesya Golovneva, soprano
- Donello : Georgy Vasiliev, ténor
- Basilio : Ivan Inverardi, baryton
- Eudossia : Martina Serafin, mezzo-soprano
- Agnese di Cervia : Doris Soffel, mezzo-soprano
- Monica : Sua Jo, soprano
- Agata : Cristina Toledo
- Cesario di Gello : Aleksandr Sher
Direction : Carlo Rizzi (mise en scène : Christof Loy ; décors : Herbert Murauer ; costumes : Barbara Drosihn)
Orchestre : Orchestre, Chœur et Chœur d’enfants du Deutsche Oper Berlin
Langue : italien (sous-titres en anglais, allemand, français, italien et espagnol)
Particularité :
Captation vidéo de la reprise berlinoise de La fiamma, revenue à l’affiche d’un grand théâtre plus de quatre-vingt-dix ans après sa création. Christof Loy opte pour une mise en scène sobre, dans un décor abstrait et intemporel de bois monochrome, sans actualisation appuyée. La critique a salué la direction nuancée de Carlo Rizzi, l’efficacité des chœurs, la Silvana d’Olesya Golovneva, le Basilio d’Ivan Inverardi et l’Eudossia glaciale de Martina Serafin, tandis que Doris Soffel, pour ses cinquante ans de scène, a retenu l’attention dans le rôle d’Agnese.
Postérité :
Après son succès romain, La fiamma est rapidement reprise à Buenos Aires et Montevideo (1934), à Budapest (en hongrois), à Chicago et à Milan (1935), puis à Florence (1938). Après la guerre, elle revient à la Scala (1955), à Rome (1956) et à Budapest (1989), avant une exécution de concert à New York en 1987. Elle demeure néanmoins rarement jouée. Elle a été enregistrée en 1955 (Molinari-Pradelli), en 1985 (Gardelli, Hungaroton) et en 1997 (Gelmetti), avant la captation berlinoise de 2024 dirigée par Carlo Rizzi.

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