Format :
- Opéra épique en 13 tableaux (précédés d’un épigraphe), en deux parties — « La Paix » et « La Guerre » — op. 91.
- Musique : Sergueï Prokofiev.
- Livret : Sergueï Prokofiev et Mira Mendelson, d’après le roman Guerre et Paix de Léon Tolstoï.
- Langue : russe.
Création :
Composé de 1941 à 1952, l’opéra connaît une genèse longue et heurtée. Une audition privée de huit scènes avec piano a lieu à Moscou le 16 octobre 1944 ; une exécution publique de concert, sous la direction de Samuil Samosoud, est donnée le 7 juin 1945 ; la première représentation scénique, partielle (première partie), a lieu le 12 juin 1946 au Théâtre Maly de Léningrad. La version intégrale (13 scènes et épigraphe) est créée au Théâtre Bolchoï de Moscou le 15 décembre 1959, sous la direction d’Alexandre Melik-Pachaïev, après la mort de Prokofiev (1953).
Prokofiev, né en 1891, compose l’œuvre en pleine guerre, dans un contexte de patriotisme soviétique et sous la pression des autorités culturelles, qui lui imposent révisions et coupures. La partition associe lyrisme tolstoïen et grandes fresques chorales et historiques.
Livret :
Prokofiev et Mira Mendelson tirent du roman de Tolstoï un livret en deux parties, qui oppose la vie privée des Rostov et des Bolkonski à l’invasion napoléonienne de 1812. Les intrigues sentimentales de Natacha, d’André et de Pierre, qui occupent la première partie, cèdent la place à une grande fresque patriotique avec Borodino, l’incendie de Moscou et la retraite de Napoléon.
Intrigue :
- Première partie (La Paix, tableaux 1 à 7) : Le prince André Bolkonski, déprimé par la perte de sa femme, retrouve le goût de vivre dans le jardin des Rostov, au clair de lune, en entendant chanter Natacha. Lors d’un bal à Saint-Pétersbourg, Pierre Bezoukhov incite André à danser avec Natacha, tandis qu’Anatole Kouraguine projette de la rencontrer. Le vieux prince Nicolas désapprouve le projet de mariage de son fils. Hélène, sœur d’Anatole, pousse Natacha vers lui ; Dolokhov organise l’enlèvement. Le plan échoue, Natacha, au désespoir, tente de mettre fin à ses jours, et Pierre éloigne Anatole de Moscou. Denissov apporte la nouvelle que Napoléon a franchi la frontière russe.
- Deuxième partie (La Guerre, tableaux 8 à 13) : Près de Borodino, André et Pierre se séparent, et André rejoint son régiment. Napoléon hésite à engager davantage de troupes. À Fili, Koutouzov décide d’abandonner Moscou. Moscou brûle, et Pierre se trouve mêlé à la foule, avec Platon Karataïev. Dans une isba, André mourant se réconcilie avec Natacha. En novembre 1812, durant la retraite française, Karataïev est fusillé ; Pierre, libéré par les partisans, apprend la mort d’André.
Enregistrement(s) :

Alexandre Melik-Pachaïev — 1961
Format : CD (3 disques)
Label : Melodiya (BMG-Melodiya ; collection « The Russian Opera », vol. 4)
Référence : 74321 29350 2
Année d’enregistrement : 1961, Moscou (enregistrement de studio) ; réédition en CD de 1996.
Distribution :
- Prince André Bolkonski : Yevgeny Kibkalo, baryton
- Natacha Rostova : Galina Vishnevskaya, soprano
- Pierre Bezoukhov : Vladimir Petrov, ténor
- Hélène Bezoukhova : Irina Arkhipova, contralto
- Anatole Kouraguine : Alexei Maslennikov, ténor
- Napoléon Bonaparte : Pavel Lisitsian, baryton
- Maréchal Koutouzov : Alexei Krivchenya, basse
- Maria Akhrossimova : Yevgenia Verbitskaya
- Le comte Ilya Rostov : Nikolai Shchelgolkov
- Sonia : Valentina Klepatskaya
- Dolokhov : Georgi Pankov
- Marie Bolkonskaïa : Kira Leonova
- Vaska Denissov : Boris Shapenko
- Le prince Nicolas Bolkonski : Alexander Vedernikov
- Platon Karataïev : Georgi Shulpin
Direction : Alexandre Melik-Pachaïev
Orchestre : Chœur et Orchestre du Théâtre Bolchoï de Moscou
Langue : russe
Particularité :
Enregistrement réalisé deux ans après la création intégrale du Bolchoï, sous la direction du chef qui l’avait dirigée. Il propose une version de trois CD d’environ trois heures. Le livret du coffret est en russe translittéré, avec traductions ; la pochette reproduit une illustration d’Ivan Bilibine.
Postérité :
Guerre et Paix est l’un des grands opéras russes du XXe siècle. Son ampleur en fait une œuvre exigeante à monter ; cette version dirigée par Melik-Pachaïev, qui avait conduit la création intégrale de 1959, en demeure un témoignage historique.

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