Note personnelle : ,

Orff, Carl — Die Kluge (1943)

Format :

  • Opéra en 12 scènes, d’environ 90 minutes.
  • Musique : Carl Orff
  • Livret : Carl Orff, d’après le conte « Die kluge Bauerntochter » des frères Grimm.
  • Langue : allemand

Création :

18 février 1943, Opéra de Francfort-sur-le-Main (sous la direction d’Otto Winkler).
Orff a composé l’œuvre en 1941-1942, dans la foulée de Der Mond, après le succès mondial de Carmina Burana (1935-1936) ; Die Kluge est, selon le texte de présentation du livret Berlin Classics, une œuvre écrite par « conscience politique et sens des responsabilités ». Certaines sources donnent le 20 février pour la première ; la notice de Bernd Baselt retient le 18.

Livret :

Orff écrit lui-même son livret en 1941-1942 à partir du conte des frères Grimm sur la fille de paysan avisée. Ce n’est pas un opéra féerique au sens habituel : aucun élément surnaturel n’intervient, et l’œuvre emprunte aux anciens jeux de carnaval (Fastnachtsspiele) sa verve burlesque et sa satire sociale. Orff a ajouté à la fable une intrigue secondaire de son invention, celle des trois vagabonds, qui s’associent au propriétaire de la mule pour spolier le paysan à l’âne.

Intrigue :

  • Scènes 1 à 3 : Un pauvre paysan trouve un mortier d’or dans son champ et veut l’offrir au roi en espérant une récompense. Sa fille, la Kluge, l’en dissuade : le roi l’accusera d’avoir volé le pilon qu’il n’a jamais trouvé. Sa prédiction se réalise et le paysan est jeté au cachot.
  • Scènes 4 et 5 : Apprenant que la fille avait prévu ce sort, le roi la fait venir et lui propose de jouer sa vie ou de résoudre des énigmes. Elle choisit les énigmes, les résout et devient reine.
  • Scènes 6 et 7 : Trois vagabonds attisent une querelle entre le propriétaire d’un âne et celui d’une mule à propos d’un ânon trouvé entre leurs bêtes. Le roi donne raison au propriétaire de la mule, puisque l’ânon se tenait près d’elle. La reine entend le jugement et prépare une démonstration pour montrer au roi son erreur.
  • Scènes 8 et 9 : Le roi comprend que sa femme se moque de lui et la renvoie en l’autorisant à emporter ce qu’elle désire dans un grand coffre. Elle endort le roi avec un vin drogué ; il se réveille dans le coffre et reconnaît qu’elle est vraiment sage. Elle lui répond que celui qui aime ne peut être tout à fait sage.
  • Scène 10 : Le paysan récupère enfin le pilon d’or qui avait causé son emprisonnement.

Enregistrements :

Sawallisch — 1956

Format : 2 CD (réédition de l’enregistrement studio, couplé avec Der Mond)
Label : EMI Classics (réédition Warner Classics)
Référence : EMI 763712-2
Année d’enregistrement : 22 et 26 mai 1956, Londres, Abbey Road, Studio n° 1.
Distribution :

  • La Kluge, fille du paysan : Elisabeth Schwarzkopf, soprano
  • Le Paysan : Gottlob Frick, basse
  • Le Roi : Marcel Cordes, baryton
  • Le Geôlier : Georg Wieter, basse
  • L’homme à l’âne : Rudolf Christ, ténor
  • L’homme à la mule : Benno Kusche, baryton
  • Premier vagabond : Paul Kuën, ténor
  • Deuxième vagabond : Hermann Prey
  • Troisième vagabond : Gustav Neidlinger
  • Récitant (parlé) : Carl Orff

Direction : Wolfgang Sawallisch
Orchestre : Philharmonia Orchestra
Langue : allemand

Particularité :

Premier enregistrement de l’œuvre répertorié ici, il réunit autour d’Elisabeth Schwarzkopf une distribution de chanteurs germaniques, avec Carl Orff lui-même en récitant.

Sawallisch — 1960

Format : 2 CD, stéréo, couplé avec Der Mond
Label : EMI Classics, collection « Essential » (distribution EMI Music France)
Référence : EMI Classics 50999 6 87638 2 4
Année d’enregistrement : 22 et 26 mai 1956, Londres, Abbey Road, Studio n° 1 (Der Mond : 16 mars et 24 avril 1957).
Distribution :

  • La Kluge, fille du paysan : Elisabeth Schwarzkopf, soprano
  • Le Paysan : Gottlob Frick, basse
  • Le Roi : Marcel Cordes, baryton
  • Le Geôlier : Georg Wieter, basse
  • L’homme à l’âne : Rudolf Christ, ténor
  • L’homme à la mule : Benno Kusche, baryton
  • Premier vagabond : Paul Kuën, ténor
  • Deuxième vagabond : Hermann Prey
  • Troisième vagabond : Gustav Neidlinger
  • Récitant (parlé) : Carl Orff

Direction : Wolfgang Sawallisch
Orchestre : Philharmonia Orchestra
Langue : allemand

Particularité :

Autre édition de la même captation londonienne de mai 1956, reprise dans la collection EMI « Essential » avec Der Mond ; la distribution et la direction sont identiques à celles de l’édition précédente.

Eichhorn — 1970

Format : 2 CD, couplé avec Der Mond
Label : Ariola-Eurodisc, réédité par RCA (1995)
Référence : Eurodisc GD 69069 ; RCA 0743212479225
Année d’enregistrement : juin 1970, Munich.
Distribution :

  • La Kluge, fille du paysan : Lucia Popp, soprano
  • Le Roi : Thomas Stewart, baryton
  • Le Paysan : Gottlob Frick, basse
  • Le Geôlier : Richard Kogel
  • Autres solistes (rôles non précisés) : Ferry Gruber, Heinz Friedrich, Manfred Schmidt, Claudio Nicolai, Kurt Böhme

Direction : Kurt Eichhorn
Orchestre : Münchner Rundfunkorchester
Langue : allemand

Particularité :

Gramophone y trouve une prise de son plus nette et plus rapprochée que celle de la version Sawallisch. Lucia Popp y chante la Kluge aux côtés de Thomas Stewart et de Gottlob Frick, déjà présent dans la version Sawallisch.

Kegel — 1981

Format : 2 CD (réédition 2016 d’un enregistrement Eterna)
Label : Berlin Classics (Eterna à l’origine)
Référence : Berlin Classics 0300748BC
Année d’enregistrement : 1976-1980, Paul-Gerhardt-Kirche, Leipzig.
Distribution :

  • La Kluge, fille du paysan : Magdalena Falewicz, soprano
  • Le Roi : Karl-Heinz Stryczek, baryton
  • Le Paysan : Reiner Süß, basse
  • Autres solistes : non précisés

Direction : Herbert Kegel
Orchestre : Rundfunk-Sinfonie-Orchester Leipzig
Langue : allemand

Particularité :

Version de la République démocratique allemande, issue des bandes originales Eterna et rééditée par Berlin Classics ; le livret reprend la notice de Bernd Baselt écrite pour la pochette du disque vinyle de 1982.

Postérité :

Pour Bernd Baselt, la Kluge est « plus que la figure du titre » : elle est le pivot de l’œuvre, l’incarnation du bon sens. La pièce se distingue aussi par le chant des vagabonds sur la fides, la justitia et la pietas bafouées, que la notice du livret Berlin Classics lit comme une dénonciation à peine voilée de la pratique judiciaire sous le régime nazi. Au disque, l’œuvre a été gravée par Sawallisch en 1956, puis par Eichhorn en 1970 et par Kegel à Leipzig.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *