Note personnelle : ,

Méhul, Étienne-Nicolas — Uthal (1806)

Format :

  • Opéra en un acte et en vers, « imité d’Ossian », avec dialogues parlés

Création :

17 mai 1806, Théâtre de l’Opéra-Comique (salle Feydeau), Paris. Les rôles furent tenus par Solié (Larmor), Gavaudan (Uthal), Saint-Aubin, Baptiste (le premier Barde), Darancourt, Richebourg et Mme Scio (Malvina). L’accueil fut flatteur — la presse parla d’un grand succès, bientôt confirmé à la deuxième représentation — mais l’ouvrage ne dépassa pas une quinzaine de représentations. Grétry aurait lancé en sortant : « J’aurais donné un louis pour entendre une chanterelle ! », raillant le choix de Méhul de remplacer les violons par des altos pour obtenir une teinte sombre et mélancolique, en accord avec l’univers ossianique. La pièce fut reprise à Dessau en 1904.

Livret :

Jacques-Benjamin-Maximilien Bins de Saint-Victor, en français, dans le goût de l’engouement napoléonien pour les poèmes d’Ossian de James Macpherson (sujet tiré de La Guerre d’Inistona, avec des épisodes empruntés à d’autres poèmes). Saint-Victor dédia son texte au peintre Girodet. Les critiques jugèrent l’intrigue peu dramatique et la couleur locale excessive pour l’Opéra-Comique.

Intrigue :

  • Acte unique : Larmor, vieux chef de Dunthalmon, s’est réfugié au fond des forêts : son gendre Uthal, qui le jugeait inapte au combat, a pris sa place. Malvina, fille de Larmor et épouse d’Uthal, quitte le château de nuit pour tenter de réconcilier son père et son mari, mais Larmor, qui a envoyé son barde Ullin chercher l’aide de Fingal, ne veut rien entendre ; il envoie les fils de Morven punir l’usurpateur. Malvina, seule, désespère de voir son père et son époux s’affronter ; Uthal, qui la cherche dans les bois, la rencontre sans la reconnaître. Quand les guerriers de Fingal arrivent, Uthal refuse de se soumettre et choisit un combat inégal. Vaincu et fait prisonnier, il est condamné à l’exil par Larmor, mais Malvina déclare qu’elle le suivra : ému, Uthal plie le genou devant Larmor, qui lui accorde son pardon.

Enregistrement(s) :

Rousset — 2017

Format : 1 CD + livre (environ 1 h 01)
Label : Palazzetto Bru Zane (collection « Opéra français », vol. 14), Ediciones Singulares
Référence : ES 1026
Année d’enregistrement : 29–31 mai 2015, Opéra royal du Château de Versailles ; parution en février 2017
Distribution :

  • Malvina : Karine Deshayes (soprano)
  • Uthal : Yann Beuron (ténor)
  • Larmor : Jean-Sébastien Bou (baryton)
  • Ullin : Sébastien Droy (ténor)
  • Le Chef des Bardes, le Troisième Barde : Philippe-Nicolas Martin (baryton)
  • Le Premier Barde : Reinoud Van Mechelen
  • Le Deuxième Barde : Artavazd Sargsyan
  • Le Quatrième Barde : Jacques-Greg Belobo

Direction : Christophe Rousset
Orchestre : Les Talens Lyriques ; chœur : Chœur de chambre de Namur
Langue : français

Particularité :

Enregistrement réalisé par France Musique à l’Opéra royal de Versailles, après une version de concert donnée dans cette salle le 30 mai 2015 (production Palazzetto Bru Zane). Les parties d’altos divisés, qui tiennent lieu de premiers et seconds violons, restituent la sonorité voilée voulue par Méhul. Le livre-disque comprend des textes de Gérard Condé, Hector Berlioz, Arthur Pougin, ainsi que des comptes rendus de la création et le livret complet bilingue.

Postérité :

Discuté, oublié après la quinzaine de représentations de 1806, Uthal a trouvé quelques défenseurs : Castil-Blaze et Desplantes saluent l’« Hymne au sommeil » des bardes, que les élèves du Conservatoire chantèrent sur la tombe de Méhul au Père-Lachaise. Berlioz, qui déplorait l’oubli où était tombé Méhul, jugeait pourtant monotone cette teinte sans violons ; l’ouvrage n’est jamais entré au répertoire au-delà de ses premières représentations.

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