Note personnelle : ,

Mayr, Johann Simon — Verter (1796)

Format :

  • Farsa en un acte.
  • Musique : Johann Simon (Giovanni Simone) Mayr (1763-1845).
  • Livret : Antonio Simeone Sografi.
  • Langue : italien.

Création :

Composé vers 1796, dans la période vénitienne de Mayr ; la création moderne a eu lieu en juillet 2001, au festival Rossini in Wildbad (Bad Wildbad).
Le manuscrit autographe, conservé au Conservatoire de Milan, a été pris pendant plus d’un siècle pour une autre œuvre du compositeur, Lubino e Carlotta. Une seconde version, attribuée à Vincenzo Puccita, subsiste à la Bibliothèque nationale d’Autriche à Vienne, avec un livret imprimé à Venise en 1802 sous le nom de Domenico Camagna : elle abrège certains passages, notamment les pages virtuoses de Carlotta.

Livret :

Sografi tire son livret de sa propre comédie de 1794, elle-même inspirée de la première traduction italienne des Souffrances du jeune Werther de Goethe, publiée à Poschiavo à l’initiative du baron Thomas de Bassus, protecteur du jeune Mayr et cofondateur des Illuminés de Bavière. Mayr et Sografi avaient déjà collaboré à Venise pour Saffo et travailleront ensuite sur Telemaco. Verter est ainsi considéré comme la première adaptation musicale du roman de Goethe, alors à l’Index de l’Église catholique ; contrairement au roman, la farce se termine bien.

Intrigue :

  • Acte unique : Verter, idéaliste errant, aime Carlotta, mariée à Alberto, et se débat entre ses principes et son amitié pour le mari ; Carlotta est elle-même partagée entre devoir et désir. Giorgio, précepteur et ecclésiastique intrigant, convoite lui aussi Carlotta et complique le sort de tous par ses machinations, tandis que les domestiques Ambrogio et Paolina apportent leur touche comique. Après une série de malentendus et d’accusations, les intrigues de Giorgio sont démasquées, la vérité et l’innocence l’emportent et Giorgio est chassé.

Enregistrement(s) :

Paul Terracini — 2004

Format : CD
Label : Bongiovanni (collection Novità del Passato)
Référence : GB 2343-2
Année d’enregistrement : 20-25 juillet 2001, en public, Kursaal, Bad Wildbad (festival Rossini in Wildbad) ; paru en 2004.
Distribution :

  • Verter : Davide Cicchetti, ténor
  • Carlotta : Anna Rita Gemmabella, mezzo-soprano
  • Alberto : Pavol Breslik, ténor
  • Giorgio : Luca Salsi, baryton
  • Ambrogio : Gioacchino Zarrelli, baryton
  • Paolina : Anke Herrmann, soprano

Direction : Paul Terracini
Orchestre : Czech Chamber Soloists (Brno)
Langue : italien

Particularité :

Captation de la résurrection moderne de l’œuvre, avec les applaudissements du public conservés. Il s’agit de la première version enregistrée de l’ouvrage, avec des solistes alors jeunes parmi lesquels Pavol Breslik et Luca Salsi, qui feront ensuite carrière.

Łukasz Borowicz — 2026

Format : CD
Label : DUX Recording Producers
Référence : DUX 2190
Année d’enregistrement : 11 avril 2025, en public, salle de concert de la Filharmonia Narodowa, Varsovie (29e Festival de Pâques Ludwig van Beethoven) ; paru en mars 2026.
Distribution :

  • Verter : Krystian Adam Krzeszowiak, ténor
  • Carlotta : Zuzanna Nalewajek, mezzo-soprano
  • Alberto : Krzysztof Lachman, ténor
  • Giorgio : Tomasz Kumięga, basse
  • Ambrogio : Nazar Mykulyak, basse
  • Paolina : Katarzyna Drelich, soprano

Direction : Łukasz Borowicz
Orchestre : Orchestre de la Philharmonie de Poznań (Natalia Hyżak, clavecin)
Langue : italien

Particularité :

Exécution de concert dans le cadre d’un festival intitulé « Beethoven et la grande poésie », à partir d’une édition établie par Luca Bianchini et Anna Trombetta d’après le manuscrit milanais. Le livret souligne les citations de La Flûte enchantée de Mozart que Mayr transforme tout au long de la partition.

Postérité :

Resté longtemps méconnu, Verter ne retrouve le public qu’en 2001, à Bad Wildbad. Sa place dans l’histoire du roman de Goethe, dont il serait la première transposition musicale, et ses emprunts à Mozart attirent depuis l’attention des musicologues ; l’édition de concert varsovienne de 2025 et le disque DUX de 2026 en offrent une seconde lecture, fondée sur le manuscrit milanais.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *