Note personnelle : ,

Mascagni, Pietro — Le maschere (1901)

Format :

  • Commedia lirica e giocosa en un prologue (« parabase ») et trois actes.
  • Musique : Pietro Mascagni.
  • Livret : Luigi Illica, d’après les types de la commedia dell’arte.
  • Langue : Italien.

Création :

17 janvier 1901, simultanément dans six théâtres italiens : la Scala de Milan (Toscanini dirigeant Enrico Caruso en Florindo), le Teatro Regio de Turin, la Fenice de Venise, le Carlo Felice de Gênes, le Filarmonico de Vèrone et le Teatro Costanzi de Rome, où Mascagni dirigeait lui-même.
Mascagni a trente-sept ans. Après Cavalleria rusticana, L’amico Fritz et Iris, il imagine un hommage à Rossini et à l’opéra bouffe, à rebours de l’écriture vériste qui a fait sa renommée. Cette création multiple, voulue par l’éditeur Sonzogno, tourna au fiasco : seule Rome réserva un bon accueil, tandis qu’à Gênes la représentation dut être interrompue sous les protestations du public.

Livret :

Luigi Illica, librettiste de Tosca, La Bohème et d’Iris, signe un livret qui convoque les masques de la commedia dell’arte — Pantalone, le Docteur Graziano, Arlecchino, Brighella, Colombina, Tartaglia, le Capitan Spavento — dans une Venise de carnaval. Le prologue présente chaque masque au public, sur le mode du théâtre dans le théâtre.

Intrigue :

  • Prologue (parabase) : Après une sinfonia à la manière de Rossini, un maître de troupe présente au public les masques de la comédie, chacun reçevant sa caractérisation musicale.
  • Acte I : À Venise, le riche Pantalone de’ Bisognosi veut marier sa fille Rosaura au fanfaron Capitan Spavento et fait rédiger le contrat par le docteur Graziano. Rosaura aime pourtant le jeune diplômé Florindo, que soutiennent la servante Colombina et le colporteur Brighella : on s’emploie à empêcher que le contrat soit signé.
  • Acte II : Les intrigues se multiplient autour d’un mystérieux subterfuge — une poudre magique — qui sert à déjouer les projets du père, entre quiproquos, déguisements et confusions provoquées par Arlecchino, Tartaglia et le Capitan.
  • Acte III : Une nuit de lune, Florindo et Rosaura se retrouvent ; la ruse de Colombina et de Brighella l’emporte sur les projets de Pantalone, et le mariage des vrais amoureux est conclu dans l’allégresse générale.

Enregistrement(s) :

Bruno Bartoletti — 1961

Format : CD (2 disques) ; édition originale en vinyle (2 LP)
Label : Gala (éditions précédentes : E.J. Smith « The Golden Age of Opera »)
Référence : Gala GL 100 731 (2 CD, 2003) ; EJS 490 (2 LP, 1969)
Année d’enregistrement : 11 novembre 1961, Trieste (Teatro Verdi), en public.
Distribution :

  • Colombina : Elena Rizzieri
  • Rosaura : Cesy Broggini
  • Florindo : Ferrando Ferrari
  • Arlecchino Battocchio : Sergio Tedesco
  • Tartaglia : Afro Poli
  • Capitan Spavento : Giampiero Malaspina
  • Brighella : Amedeo Berdini
  • Pantalone de’ Bisognosi : Antonio Cassinelli
  • Dottor Graziano : Michele Cazzato
  • Giocadio : Carlo Piccinato

Direction : Bruno Bartoletti
Orchestre : Orchestre et Chœur du Teatro Verdi de Trieste
Langue : Italien

Particularité :

Document de théâtre pris sur le vif, c’est le plus ancien témoignage intégral de l’ouvrage au disque, à une époque où il était presque totalement oublié. Bartoletti y défend la partition avec la vivacité d’un grand chef de répertoire, et une distribution de troupe italienne d’époque, de style bouffe éprouvé, anime sans fard la comédie. La prise de son, témoignage historique, impose l’indulgence.

Gianluigi Gelmetti — 1988

Format : CD (2 disques)
Label : Fonit Cetra (réédition Warner Fonit)
Référence : Fonit Cetra 102 204 ; RFCD 2004 ; Warner Fonit 0927 43298-2
Année d’enregistrement : décembre 1988, Teatro Comunale de Bologne, en public.
Distribution :

  • Colombina : Amelia Felle
  • Rosaura : María José Gallego
  • Florindo : Vincenzo La Scola
  • Arlecchino Battocchio : Giuseppe Sabbatini
  • Tartaglia : Enzo Dara
  • Capitan Spavento : Angelo Romero
  • Brighella : Oslavio Di Credico
  • Pantalone de’ Bisognosi : Carlos Chausson
  • Dottor Graziano : Nelson Portella

Direction : Gianluigi Gelmetti
Orchestre : Orchestre et Chœur du Teatro Comunale de Bologne (chef de chœur : Piero Monti)
Langue : Italien

Particularité :

Version en son numérique, capturée lors des représentations bolonaises de la résurrection de l’ouvrage. Gelmetti dirige avec élégance une distribution qui réunit des spécialistes du répertoire bouffe — Enzo Dara en Tartaglia, célèbre pour son air bégayant, Giuseppe Sabbatini en Arlecchino — et le jeune Vincenzo La Scola en Florindo. La lecture est soignée, parfois jugée un peu sage.

Bruno Aprea — 2001

Format : CD (2 disques)
Label : Kicco Classic
Référence : KC 082 (2 CD, 2003)
Année d’enregistrement : novembre 2001, Teatro La Gran Guardia, Livourne, en public (centenaire de la création).
Distribution :

  • Colombina : Susanne Bungaard
  • Rosaura : Antonia Cifrone
  • Florindo : Danilo Formaggia
  • Arlecchino Battocchio : Marcello Bedoni
  • Tartaglia : Alessandro Battiato
  • Capitan Spavento : Alessandro Paliaga
  • Brighella : Antonio De Angelis
  • Pantalone de’ Bisognosi : Graziano Polidori
  • Dottor Graziano : Dario Giorgelè
  • Giocadio : Emanuele Barresi

Direction : Bruno Aprea
Orchestre : Orchestre et Chœur CittàLirica
Langue : Italien

Particularité :

Enregistrement du centenaire, à Livourne, ville natale de Mascagni. Bruno Aprea y apporte élan et poésie, et la distribution, très homogène, a pu être jugée plus convaincante que ses devancières. L’enthousiasme du public, perceptible dans le finale, restitue l’atmosphère de fête de cette comédie.

Postérité :

Échec retentissant en 1901, Le maschere fut brièvement reprise en Italie puis oubliée ; Mascagni la remania en 1931 pour le Teatro dell’Opera de Rome, sans retrouver le succès. Seule survit au concert l’air de Tartaglia, « Quella è una strada », morceau de bravoure bégayant. Quelques reprises dans la seconde moitié du XXe siècle, puis le centenaire de 2001, ont encouragé une réévaluation de cette comédie rossinienne, écrite par l’auteur de Cavalleria rusticana dans un registre qui lui est pourtant peu habituel.

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