Format :
- Serenata (« intreccio scenico musicale a cinque voci », pièce en musique pour cinq voix) en deux parties.
- Musique : Benedetto Marcello (1686-1739).
- Livret : Vincenzo Cassani.
- Langue : italien.
Création :
Hiver 1726, Venise, dans le cadre d’une soirée organisée au bénéfice du cardinal Pietro Ottoboni, à l’Accademia de’ Nobili (Contrada dei Santi Apostoli).
Marcello, patricien vénitien, poète et musicien amateur, membre de l’Académie d’Arcadie (sous le nom de Driante Sacreo), a plus de quarante ans et vient de publier les derniers volumes de son Estro poetico-armonico. Il a peu auparavant composé une sérénade pour l’anniversaire de l’empereur Charles VI, bien accueillie à Vienne. Le livret comme la partition manuscrite, attribuée de la main du compositeur, sont conservés à Florence (Biblioteca Nazionale Centrale, Ms Landau Finaly 246).
Livret :
Vincenzo Cassani, auteur de plusieurs pièces et fêtes théâtrales, fournit à Marcello deux textes tirés de la mythologie classique. Celui d’Arianna reprend l’histoire de la princesse crétoise abandonnée par Thésée sur l’île de Naxos et consolée par l’amour de Dionysos. Le livret de Cassani se rapproche de la version de Pietro Pariati (1714) pour Vienne, plutôt que de celle de Francesco Conti, Teseo in Creta.
Intrigue :
- Première partie : Après une sinfonia, le rideau se lève sur le rivage rocheux de Naxos où sont ancrés des navires. Pendant qu’Arianna dort, Teseo tente de persuader sa sœur Fedra de partir avec lui et d’abandonner Arianna. À son réveil, Arianna se voit abandonnée et veut se jeter à la mer, mais Bacco, qui arrive avec sa suite de bassarides, de satyres et de faunes, la retient en lui promettant de ramener les fugitifs. Il déclenche une tempête qui ramène leur navire au rivage. Sileno, satyre qui a élevé Bacco, observe la passion de son maître pour la jeune femme ; Teseo et Fedra se demandent quoi faire jusqu’à ce que Bacco, restant incognito, propose une solution inattendue. Bacco déclare à Teseo son amour pour Arianna, qui refuse toute compagnie et se révolte contre l’offre du dieu. Sileno, interrogé par Arianna, vante les exploits guerriers de son maître aux Indes, puis le chœur des fidèles de Bacco célèbre le dieu.
- Seconde partie : Arianna et Fedra s’affrontent : Fedra reconnaît sa faute mais rejette la responsabilité sur les étoiles. Sur la rive de Naxos, Teseo remercie Arianna de sa sympathie mais affirme sa liberté ; Bacco, qui aime sans être aimé, se compare à un navire pris dans la tempête, tandis que Teseo compare sa constance à un chêne battu par le vent. Devant l’impasse, Bacco révèle sa véritable identité, appelant bassarides et satyres. Teseo et Fedra s’agenouillent devant lui, et Arianna, d’abord incrédule, finit par accepter l’amour du dieu. Après la noce sylvestre, Arianna est unie à Bacco, qui lui offre le diadème de Vénus, destiné à devenir la Couronne boréale parmi les étoiles.
Enregistrement :

Filippo Maria Bressan — 1999
Format : 3 CD.
Label : Chandos (collection Chaconne).
Référence : CHAN 0656(3).
Année d’enregistrement : 14-20 novembre 1999, Sala Maffeiana, Teatro Filarmonico, Vérone (℗ 2000).
Distribution :
- Arianna : Anna Chierichetti, soprano
- Fedra : Gloria Banditelli, contralto
- Teseo : Mirko Guadagnini, ténor
- Bacco : Sergio Foresti, basse
- Sileno : Antonio Abete, basse
Direction : Filippo Maria Bressan.
Orchestre : Academia de li Musici (instruments d’époque ou copies).
Chœur : Athestis Chorus.
Édition critique : Alessandro Borin.
Langue : italien.
Particularité :
Première mondiale au disque, dans l’édition critique d’Alessandro Borin établie d’après la partition manuscrite de Florence. Le livret rappelle que l’œuvre s’inscrit dans le contexte des rivalités artistiques viennoises et vénitiennes autour du sujet d’Ariane et de l’oratorio Joaz de Marcello, composé à la même époque, et l’y présente comme une œuvre relativement autonome dans l’histoire théâtrale du mythe.
Postérité :
Composée alors que Marcello était au sommet de sa renommée, Arianna est l’un de ses rares ouvrages profanes destinés à la scène ; le livret de l’enregistrement la met en relation avec les changements spirituels du compositeur après l’épisode du 16 août 1728 à l’église des Santi Apostoli, qui l’aurait rendu profondément dévot. Le disque de Filippo Maria Bressan en offre la première édition discographique.

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