Format :
- Opéra romantique anglais (English romantic opera) en trois actes.
- Musique : George Alexander Macfarren
- Livret : John Oxenford, d’après la légende de Robin des Bois
- Langue : anglais
Création :
11 octobre 1860, Her Majesty’s Theatre, Haymarket, Londres, alors loué par E. T. Smith.
La distribution comprenait notamment Sims Reeves (Robin Hood), Charles Santley (le shérif) et Helen Lemmens-Sherrington (Marian), sous la direction musicale de Charles Hallé. Macfarren, alors reconnu comme le meilleur compositeur d’opéra anglais du milieu du siècle, y donne l’un de ses derniers grands succès : l’ouvrage remplit la salle chaque soir. La partition vocale paraît fin octobre 1860, avec des améliorations du texte apportées pendant la première série de représentations. L’opéra est repris en 1861 au même théâtre, qui sera détruit par un incendie en 1867.
Livret :
John Oxenford, le librettiste britannique le plus capable de sa génération et collaborateur de longue date de Macfarren (une farce en 1835, de nombreuses cantates, Allan of Aberfeldy), a simplifié la masse complexe des récits de Robin des Bois en une intrigue facile à suivre, qui conserve les grands éléments de la légende et s’achève sur un dénouement heureux pour tous, sauf le vilain Sompnour. Macfarren, qui avait étudié les ballades populaires anglaises avec William Chappell, en tire un langage mélodique et harmonique qu’il assimile sans pastiche, dans un esprit de jovialité patriotique mêlé de romance.
Intrigue :
- Acte I : Dans la grand-rue de Nottingham, Robin Hood, déguisé en Locksley, rencontre Marian, la fille du shérif. Le shérif, qui l’a entendu, accepte de lui donner sa fille s’il fait preuve d’adresse au tir le lendemain, et proclame une récompense pour la capture de Robin Hood, sans savoir qu’il est devant lui. Allan, incapable de payer ses impôts, est condamné aux ceps par le shérif ; Locksley paie sa dette pour le libérer. Locksley et Marian se déclarent leur affection.
- Acte II : Sous l’arbre du rendez-vous, dans la forêt de Sherwood, Robin et ses compagnons tendent un piège au Sompnour, collecteur des dettes de l’abbaye, qui doit payer son souper et danser pour son salut. Le lendemain, Marian implore le ciel pour l’adresse de son amant, mais le Sompnour, qui a reconnu Robin, promet au shérif de le dénicher. À la foire de Nottingham, Locksley remporte le concours de tir et gagne la main de Marian, mais le Sompnour le dénonce et Robin est arrêté.
- Acte III : Allan et Alice déplorent l’exécution prochaine de Robin. Marian, déguisée en garçon, conduit les hors-la-loi au château. Dans sa cellule, Robin entend chanter Marian et ses compagnons. Dans la cour, il donne le signal de son cor et ses fidèles surgissent, mais sont maîtrisés ; le prétendu ordre d’exécution s’avère être une grâce du roi, à condition que les hors-la-loi entrent à son service. Le shérif consent à l’union de Robin et de Marian.
Enregistrement :

Ronald Corp — 2011
Format : 2 CD (158’33)
Label : Naxos
Référence : 8.660306-07
Année d’enregistrement : 6-7 mars 2010, Urmston Grammar School, Manchester (Angleterre) ; paru en 2011.
Distribution :
- Robin Hood (déguisé en Locksley) : Nicky Spence, ténor
- Sir Reginald d’Bracy, shérif de Nottingham : George Hulbert, baryton
- Hugo, le Sompnour, collecteur des dîmes de l’abbaye : Louis Hurst, basse
- Allan-a-Dale, jeune paysan : Andrew Mackenzie-Wicks, ténor
- Petit Jean (Little John) : John Molloy, basse
- Much, le fils du meunier : Alex Knox, baryton
- Marian, fille du shérif : Kay Jordan, soprano
- Alice, sa suivante : Magdalen Ashman, mezzo-soprano
Direction : Ronald Corp
Orchestre : Victorian Opera Orchestra
Chœur : Victorian Opera Chorus et John Powell Singers
Langue : anglais
Particularité :
Premier enregistrement de cet ouvrage oublié, après celui de Lurline de Wallace par la même équipe (Victorian Opera). Aucune partie d’orchestre ne subsistant et le manuscrit autographe (conservé au Fitzwilliam Museum de Cambridge) étant d’une lecture difficile, Valerie Langfield a préparé une nouvelle édition d’exécution d’après le manuscrit et la partition vocale. Celle-ci révèle une orchestration légère et individualisée (Macfarren y écrit pour une contrebasse à trois cordes), un usage humoristique du fausset dans la chanson du Sompnour, et un quintette de l’acte II qui annonce Sullivan.
Postérité :
Le succès de Robin Hood est comparé par la presse à celui d’une comédie musicale populaire : l’ouvrage est repris régulièrement jusqu’à la fin du siècle (Crystal Palace en 1872, tournée à Stoke en 1880, Princess Theatre en 1889, tournée Carl Rosa en 1891, pendant que l’Ivanhoé de Sullivan tenait l’affiche à Londres). George Bernard Shaw jugea la partition de Sullivan sans progrès essentiel sur celle de Macfarren. Dans les années 1940, l’historien de l’opéra Edward Dent le recommandait pour Sadler’s Wells comme « très plein de bonne humeur et en route vers Sullivan », mais aucune reprise n’eut lieu. L’ouvrage clôt l’âge d’or de l’opéra romantique anglais, avec Raymond and Agnes de Loder, Lurline de Wallace (même année) et The Lily of Killarney de Benedict.

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