Format :
- Dramma per musica en 3 actes.
- Musique : Johann Adolf Hasse (1699-1783).
- Livret : Pietro Metastasio.
- Langue : italien.
Création :
Automne 1730, Naples.
Hasse compose son premier Ezio à Naples, où il est établi depuis 1722, l’année même de son triomphe vénitien avec Artaserse, de son mariage avec la cantatrice Faustina Bordoni et de sa nomination comme maître de chapelle de la cour de Saxe. Il reprendra profondément la partition pour Dresde, où une version révisée, sur un livret adapté par Giovanni Ambrogio Migliavacca, est créée le 20 janvier 1755. Entre-temps, Ezio a connu une représentation mémorable : le 26 septembre 1748, il sert à l’inauguration de l’Opéra des Margraves de Bayreuth (Markgräfliches Opernhaus), à l’occasion des noces de la princesse Élisabeth Frédérique Sophie, fille du margrave Frédéric et de Wilhelmine de Prusse, avec le duc Charles-Eugène de Wurtemberg.
Livret :
Le livret de Pietro Metastasio, écrit pour Rome, fut mis en musique pour la première fois par Nicola Porpora à Venise en novembre 1728, devançant d’un mois la version romaine de Pietro Auletta ; il connut ensuite de très nombreuses mises en musique, notamment par Händel (Londres, 1732), Gluck ou Jommelli. L’action se situe à Rome au Ve siècle, sous l’empereur Valentinien III, et met en scène le général Aetius (Ezio), vainqueur d’Attila aux champs Catalauniques, dont la gloire suscite la jalousie impériale. Rivalité amoureuse, complot politique et magnanimité finale du souverain y composent un modèle d’opera seria.
Intrigue :
- Acte I : L’empereur Valentiniano accueille triomphalement le général Ezio, vainqueur d’Attila. Ezio aime Fulvia, fille du patricien Massimo, mais l’empereur, qui la désire aussi, entend l’épouser. Massimo, qui nourrit une haine secrète contre Valentiniano, trame son assassinat. Onoria, sœur de l’empereur, est quant à elle éprise d’Ezio.
- Acte II : La tentative de meurtre contre l’empereur échoue, et les soupçons, habilement dirigés par Massimo, retombent sur Ezio, dont la popularité inquiète déjà le souverain. Ezio, qui refuse de renoncer à Fulvia, est arrêté et emprisonné. Onoria tente de le sauver ; Fulvia feint d’accepter la main de l’empereur pour obtenir la grâce de son amant.
- Acte III : Ezio passe pour mort sur ordre de l’empereur, et Rome se soulève. Massimo tente alors de tuer lui-même Valentiniano, mais Fulvia s’interpose entre son père et l’empereur, lui sauvant la vie. Ezio reparaît, vivant, et contribue à rétablir l’ordre. Valentiniano, découvrant la vérité, pardonne à tous et consent au mariage d’Ezio et de Fulvia.
Enregistrement(s) :

Viktor Lukas — 1998
Format : 1 CD (78 min 25 s), enregistrement live, version abrégée.
Label : Concerto Bayreuth.
Référence : CB 12014.
Année d’enregistrement : mai 1998, Markgräfliches Opernhaus, Bayreuth (captation du Bayerischer Rundfunk).
Distribution :
- Valentiniano : Magda Cerná, mezzo-soprano
- Onoria : Brigitte Lindner, soprano
- Massimo : Renate Gola-Davies, soprano
- Fulvia : Gabriella Brancaccio, mezzo-soprano
- Ezio : Karin Wagenstaller, mezzo-soprano
- Récitant : Thomas Sauerteig
Direction : Viktor Lukas.
Orchestre : Lukas-Consort (premier violon : Walter Forchert).
Langue : italien, avec textes de liaison en allemand.
Particularité :
Captation d’une production scénique donnée pour le 250e anniversaire de l’inauguration de l’Opéra des Margraves, dans le cadre même de la représentation de 1748. La partition a été adaptée musicalement et textuellement par Viktor Lukas et Martin Otava, metteur en scène de l’Opéra d’État de Prague, qui signe aussi l’adaptation allemande des textes confiés au récitant ; décors de Ján Zavarský et costumes de Ján Skalický. Il s’agit d’une version fortement abrégée, tenant sur un seul disque, où tous les rôles sont confiés à des voix féminines. La critique a reconnu l’intérêt documentaire de ce témoignage tout en relevant que le Lukas-Consort n’est pas un ensemble spécialisé dans l’interprétation historique et que les solistes peinent à rendre toute sa vie à l’œuvre.
Postérité :
Comme l’ensemble de la production de Hasse, Ezio disparut du répertoire après la fin de l’ère de l’opera seria. Le livret de Metastasio reste surtout connu aujourd’hui par la version de Händel. La reprise bayreuthoise de 1998, liée à l’histoire du théâtre des Margraves (inscrit en 2012 au patrimoine mondial de l’UNESCO), a rappelé le lien entre Hasse et les cours allemandes du XVIIIe siècle, dont il fut le compositeur d’opéra le plus admiré.

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