Note personnelle : ,

Hasse, Johann Adolf — La serva scaltra (1729)

Format :

  • Intermezzo en 3 parties (titre complet : La serva scaltra ovvero La moglie a forza).
  • Musique : Johann Adolf Hasse (1699-1783).
  • Livret : auteur inconnu.
  • Langue : italien.

Création :

4 novembre 1729, Teatro San Bartolomeo, Naples.
La serva scaltra est créée entre les actes de l’opera seria Tigrane de Hasse, selon l’usage napolitain qui intercalait de courts intermèdes comiques entre les actes des drames sérieux. Hasse, installé à Naples depuis 1722 et élève d’Alessandro Scarlatti, y a alors acquis une solide réputation, à la veille de son triomphe vénitien avec Artaserse (1730) et de son engagement à la cour de Dresde. Les deux rôles sont écrits pour le célèbre duo comique formé par la basse Gioacchino Corrado et la soprano Celeste Resse, pour lesquels Hasse composa au total huit intermezzi. L’œuvre circula ensuite en Allemagne sous les titres Die listige Magd ou Die verschmitzte Junge-Magd.

Livret :

Le livret, dont l’auteur n’est pas connu, reprend le schéma classique de l’intermezzo napolitain à deux personnages : une servante rusée et un vieux barbon crédule, types issus de la commedia dell’arte — le nom de Balanzone renvoie d’ailleurs au docteur bolonais de la comédie italienne. Chaque partie enchaîne récitatifs, airs pour chacun des deux personnages et un duo conclusif. Hasse y dépasse les conventions du genre en recourant à quatre récitatifs accompagnés et à une orchestration expressive, fondée sur l’écriture en trio mais enrichie ponctuellement, par exemple de deux bassons soulignant l’abattement de Balanzone. Le sujet annonce directement La serva padrona de Pergolesi, créée à Naples quatre ans plus tard.

Intrigue :

  • Première partie : Dans une rue. La servante Dorilla fait croire au naïf Balanzone que sa maîtresse est éprise de lui, et lui soutire par la ruse une tabatière, puis sa bague, prétendument destinées à la dame.
  • Deuxième partie : Dans une antichambre. Dorilla poursuit ses manigances en affirmant que sa maîtresse exige de nouvelles preuves de dévouement ; Balanzone attend désespérément, tandis que la servante joue de ses sentiments.
  • Troisième partie : Dans une autre pièce. Déguisée en paysan se faisant passer pour son propre frère, Dorilla organise un faux mariage. Ce n’est qu’après que Balanzone a juré de l’épouser qu’elle se démasque ; tous deux s’avouent leur amour.

Enregistrement(s) :

Gabriele Catalucci — 1989

Format : 1 CD (env. 57 min), enregistrement de studio.
Label : Bongiovanni (collection « Rarità del Passato »).
Référence : GB 2101-2.
Année d’enregistrement : décembre 1989, Teatro Verdi, Sassari (parution en 1990).
Distribution :

  • Dorilla : Bernadette Lucarini, soprano
  • Balanzone : Giorgio Gatti, baryton

Direction : Gabriele Catalucci (également au clavecin).
Orchestre : Gruppo Strumentale dell’Orchestra Sinfonica di Sassari (premier violon : Stefano Chiaramonte).
Langue : italien.

Particularité :

Enregistrement réalisé au Teatro Verdi de Sassari, dont la pochette reproduit une photographie de la production scénique. Gabriele Catalucci dirige du clavecin un petit ensemble issu de l’Orchestre symphonique de Sassari, dans une lecture vive et théâtrale. Bernadette Lucarini campe une Dorilla espiègle face au Balanzone bonhomme du baryton Giorgio Gatti. Le disque, accompagné d’une notice de Gordana Lazarević et du livret bilingue, inclut également une canzone de Dorilla. Une réalisation modeste mais précieuse, qui a fait connaître l’œuvre au disque dans sa langue originale.

Massimiliano Toni — 2005

Format : DVD, captation de spectacle.
Label : Kicco Classic.
Référence : KCOU 9015.
Année d’enregistrement : fin novembre 2005, Teatro Coccia, Novare.
Distribution :

  • Dorilla : Cristina Baggio, soprano
  • Balanzone : Federico Sacchi, basse

Direction : Massimiliano Toni.
Orchestre : ensemble instrumental dirigé par Massimiliano Toni.
Langue : italien.

Particularité :

Captation vidéo d’une production du Teatro Coccia de Novare, mise en scène par Deda Cristina Colonna, spécialiste de la gestuelle baroque. Le spectacle revendique l’héritage de la commedia dell’arte : costumes et perruques extravagants, masques, pantomimes et scènes grotesques confiées à des figurants muets, inspirées d’autres intermezzi du compositeur, prolongent l’action à deux personnages. Cristina Baggio et Federico Sacchi s’y montrent des comédiens convaincants et des chanteurs honnêtes, sous la direction de Massimiliano Toni. La critique a apprécié la production mais sévèrement jugé la prise de son, aux niveaux inégaux qui tantôt éloignent les voix, tantôt les saturent, ce qui nuit à l’écoute.

Postérité :

Longtemps éclipsée par La serva padrona de Pergolesi, devenue le modèle absolu du genre après la querelle des Bouffons, La serva scaltra illustre pourtant le talent comique de Hasse, compositeur surtout célébré pour ses opere serie. Diffusée en Allemagne au XVIIIe siècle, l’œuvre a connu au XXe siècle une redécouverte, d’abord en traduction allemande (Staatsoper de Berlin, 1978-1979, sous la direction d’Otmar Suitner), puis dans sa langue originale en Italie, où elle est donnée sur scène ou en concert, souvent en complément de l’intermezzo de Pergolesi.

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