Note personnelle : ,

Gounod, Charles — La Colombe (1860)

Format :

  • Opéra-comique en 2 actes.
  • Musique : Charles Gounod.
  • Livret : Jules Barbier et Michel Carré, d’après un conte de La Fontaine (Contes et nouvelles).
  • Langue : français (avec dialogues parlés).

Création :

3 août 1860, Baden-Baden.
Le directeur du casino de Baden-Baden, Édouard Bénazet, avait commandé à Gounod Philémon et Baucis ; mais le directeur du Théâtre-Lyrique, Léon Carvalho, obtint de le créer à Paris (février 1860), à condition que Bénazet reçoive une autre œuvre pour la saison de Baden-Baden. Gounod, Barbier et Carré proposèrent La Colombe, composée au printemps 1860. La création réunit Caroline Miolan-Carvalho (Sylvie), Gustave Roger (Horace, alors privé d’un bras après un accident de chasse), Amélie Fauvre (Mazet) et Émile Balanqué (Maître Jean). L’œuvre est bien accueillie, et Gounod est même donné en sérénade devant son hôtel.

Livret :

Ce conte, dont on trouve la trace jusque dans le Pañchatantra sanskrit, passe par le Décaméron de Boccace (V, 9), où l’oiseau est un faucon, avant d’être repris par La Fontaine, puis par Tennyson et Longfellow. Barbier et Carré remplacent le faucon par une colombe et imaginent la fin heureuse où l’oiseau, finalement, est sauvé. Ils ajoutent deux personnages : Mazet, filleul de Horace, et Maître Jean, majordome de Sylvie. Chaque personnage a un air, mais le quatuor vocal repose sur un équilibre de quatre voix.

Intrigue :

  • Acte I : Près de Florence, le jeune Horace vit pauvrement dans une chaumière délabrée avec son filleul Mazet, après avoir dépensé toute sa fortune à courtiser en vain la comtesse Sylvie. Sa seule richesse est une colombe, qu’il a nommée Sylvie. Maître Jean, majordome de la comtesse, vient proposer de l’acheter, mais Horace refuse. Sylvie, qui veut la colombe pour rivaliser avec sa rivale Aminte, dont le perroquet fait les délices de Florence, arrive en personne. Elle comprend qu’Horace est toujours épris d’elle et s’invite à dîner ; Maître Jean, qu’elle présente comme un grand cuisinier, doit régler la question du repas.
  • Acte II : Il n’y a rien à cuisiner. Horace, désespéré, décide de sacrifier la colombe pour offrir un repas digne de sa visiteuse. Sylvie, émue de regrets, avoue qu’elle a mal traité Horace ; ils dînent en tête à tête, puis elle lui avoue vouloir la colombe. Horrifié, Horace révèle qu’ils viennent de la manger. Loin de s’en offusquer, Sylvie est touchée par tant de dévouement et avoue son amour. Mazet arrive alors avec la colombe : c’était le perroquet d’Aminte qu’ils avaient mangé.

Enregistrement :

Mark Elder — 2015

Format : 2 CD (enregistrement de studio en 24 bits).
Label : Opera Rara
Référence : ORC 53
Année d’enregistrement : juin 2015, Hallé St Peter’s, Ancoats, Manchester.
Distribution :

  • Sylvie : Erin Morley, soprano
  • Horace : Javier Camarena, ténor
  • Mazet : Michèle Losier, mezzo-soprano
  • Maître Jean : Laurent Naouri, baryton

Direction : Sir Mark Elder
Orchestre : Hallé (premier violon : Paul Barritt)
Langue : français

Particularité :

Édition Opera Rara, produite par Michael Haas, avec un nouveau matériel d’orchestre réalisé par Ian Schofield. Le rôle de Mazet, écrit pour soprano en travesti, est confié à une mezzo-soprano. Les dialogues parlés ont été révisés par Rodney Milnes et Agathe Mélinand, et le livret est accompagné d’un essai de Hugh Macdonald. Les airs de Gounod — mélodie chaleureuse et harmonie élégante, sans l’âpreté que lui auraient apprise Liszt ou Chopin — conviennent parfaitement à l’opéra-comique. L’air de Sylvie, qui met en valeur la technique de coloratrice de Mme Miolan-Carvalho, est le premier morceau à sortir du cadre de l’opéra-comique.

Postérité :

Repris à l’Opéra-Comique le 7 juin 1866 avec une nouvelle distribution, l’ouvrage est révisé par Gounod, qui ajoute les couplets de Mazet contre les femmes à l’acte I et remplace l’entr’acte et les couplets d’Horace de l’acte II par un madrigal composé pour le ténor Victor Capoul. Il est joué ensuite à Stockholm, Londres, Copenhague et Prague, mais devient rare au XXe siècle. Diaghilev le remonte à Monte-Carlo en 1924, avec des dialogues mis en musique en récitatifs par Poulenc ; Stravinsky le jugea « court mais délicieux ».

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