Note personnelle : ,

Fall, Leo — Die Straßensängerin (1921)

Format :

  • Opérette en trois actes.
  • Musique : Leo Fall (1873-1925).
  • Livret : August Neidhardt et Lo Portem (pseudonyme du metteur en scène Fritz Friedmann-Frederich), d’après la comédie Pygmalion de George Bernard Shaw.
  • Langue : allemand.

Création :

24 septembre 1921, Metropol-Theater, Berlin.
Fall la compose au pas de charge pour le Metropol-Theater, en à peine deux mois selon son ami le critique musical Ludwig Karpath : le premier acte était achevé le 8 août 1921, le deuxième est daté du 13 août, et le troisième, qui ne comprend qu’un seul numéro nouveau, fut terminé pendant les répétitions à Berlin. Ce numéro, le n° 12a, est un « Jazz » : dans la réduction chant-piano, le piano y est accompagné de percussions, d’une clarinette (ou cor de basset) et d’un banjo. Selon le livret de l’enregistrement, la première fut un succès éclatant ; l’œuvre atteignit 138 représentations.

Livret :

Depuis la création de Pygmalion au Burgtheater de Vienne en 1913, on parlait d’une adaptation en opérette de la pièce de Shaw. Viktor Léon, librettiste de La Veuve joyeuse, rapporta à la fin de l’été 1921 au plus tard que Franz Lehár avait refusé un tel livret et que Fall l’acceptait comme « nouveauté pour le Metropol-Theater ». Shaw ayant eu de mauvaises expériences avec Le Soldat et le Chocolat, tiré de sa propre comédie Helden (Arms and the Man), les librettistes s’abstinrent de toute référence à Pygmalion et plièrent l’histoire au schéma stéréotypé de l’opérette : le professeur de phonétique Henry Higgins devient le bon vivant Georges, la bouquetière Eliza devient la chanteuse des rues Sonja, le colonel Pickering devient le secrétaire Simpel, et le père Doolittle un père adoptif nommé Allemal. L’enjeu n’est plus la langue mais les manières et les attitudes.

Intrigue :

  • Acte I : Le millionnaire américain Mr. Brown voudrait que sa fille Mabel épouse l’arrogant Georges, qui a inventé un procédé dont l’entreprise de Brown pourrait tirer profit. Georges écarte promptement sa maîtresse du moment. Mais Mabel, qui a en réalité des vues sur Roland Simpel, le secrétaire de Georges, lui propose un pari : en trois semaines, il doit faire de la fille de son choix une femme « intéressante » ; alors elle l’épousera. Son choix se porte sur Sonja, chanteuse des rues et bouquetière, dont le père adoptif Allemal et son compère 47 s’opposent au projet, jusqu’à ce qu’on leur propose de l’argent. Sonja accepte à son tour le jeu, qui lui promet une vie plus belle.
  • Acte II : Quelques semaines plus tard, à la fin du pari, Sonja est devenue une jeune femme élégante, mais Georges ne la traite guère avec respect. Il s’est épris d’elle sans le dire. Mabel, déterminée à épouser Simpel, sabote les plans de Georges en révélant le pari à Sonja ; celle-ci se conduit alors volontairement de façon déplacée pour que Georges perde. Mr. Brown, juge du pari, décide pourtant que Georges l’a gagné, car Sonja est devenue une femme intéressante. Mabel refuse néanmoins de l’épouser, et Sonja, blessée, s’éloigne.
  • Acte III : Un peu plus tard, lors de la présentation d’un film dans un club élégant, Sonja est devenue une grande vedette de cinéma sous le nom d’Anita de Cabareros ; Allemal, lui aussi, a pris un autre nom pour pouvoir tourner la page de son passé criminel. Georges, qui a compris qu’il aime Sonja, reparaît. Elle lui pardonne, à condition qu’il la laisse à son tour l’« éduquer ».

Enregistrement :
Die Straßensängerin — Engeli

Tobias Engeli — 2026

Format : 1 CD (79’31 »).
Label : cpo.
Référence : 555 732-2.
Année d’enregistrement : 22-24 août 2024, Paul-Gerhardt-Kirche, Leipzig (publication en 2026).
Distribution :

  • Sonja : Mirjam Neururer, soprano
  • Mabel Brown : Nora Lentner, soprano
  • Brown, son père : Shin Taniguchi, baryton
  • Georges : Joshua Whitener, ténor
  • Roland Simpel, son secrétaire : Andreas Rainer, ténor
  • Allemal, père adoptif de Sonja : Michael Raschle, baryton-basse
  • 47, son compère : Ivo Kovrigar, baryton
  • Un invité, le maître de danse : Radoslaw Rydlewski, ténor

Direction : Tobias Engeli.
Orchestre : Chœur et orchestre de la Musikalische Komödie Leipzig (chef de chœur : Mathias Drechsler).
Langue : allemand.

Particularité :
Enregistrement de studio réalisé dans une église de Leipzig, après une exécution en concert de l’œuvre à la Musikalische Komödie en 2023, avec les forces maison de ce théâtre : plusieurs solistes en sont membres de la troupe, et Tobias Engeli en est le premier Kapellmeister. L’album a été produit par Holger Busse (GENUIN) pour cpo.

Postérité :

Malgré ses 138 représentations, Die Straßensängerin ne s’est pas maintenue longtemps au répertoire, ni à Vienne ni à Berlin. La critique de l’époque a surtout salué la musique de Fall, jugée pleine d’esprit dans le rythme et l’orchestration, et déploré la faiblesse du livret : la BZ am Mittag regrettait que Fall n’ait pas eu un meilleur texte. Le livret de l’enregistrement relève que l’œuvre, avec son jazz, son ton parodique et son regard ironique sur l’argent, appartient pleinement à l’esprit des années 1920 de la république de Weimar.

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